1er mai 2016: la CMT appelle à l’unité d’action syndicale

La Confédération malienne du travail (CMT) était certainement la plus heureuse des centrales syndicales de notre pays, en ce 1er mai 2016. Et pour cause, en présence de la ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, elle a procédé hier à l’inauguration de son tout nouveau siège à Djicoroni-Para, offrant des conditions d’accueil meilleures à l’ancienne. En plus de cette inauguration, la CMT a procédé à l’exposition des produits de ses militants évoluant dans le secteur informel et animé une conférence-débat sur la question des forces syndicales dans notre pays.

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La cérémonie d’ouverture qui était placée sous la présidence de la ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a enregistré la présence du secrétaire général adjoint de la CMT, M. Sayon Doumbia. On y notait également la présence de représentants de centrales sœurs : la CSTM et la CDTM.
La conférence qui a porté sur le thème : « Situation des forces syndicales au Mali et leur rôle dans le développement économique du Mali », était animée par le secrétaire aux revendications de la CMT, Issa Diarra.
Le secrétaire général a exprimé toute sa joie et les reconnaissances de sa centrale à l’endroit du gouvernement pour la prise en charge d’une préoccupation majeure de la CMT, la question de siège. En effet, le local dans lequel évoluait le syndicat, depuis sa création, était trop exigu. Celui qui vient d’être inauguré comprend une douzaine de bureaux et une salle de conférence et offre de bonnes conditions de travail pour un syndicat.
L’autre préoccupation qui anime la CMT, selon son secrétaire général adjoint, est la formation de ses militants du secteur informel. Il a sollicité l’appui des plus hautes autorités du pays, dans ce sens.
Face à la situation qui prévaut, dans notre pays, Sayon DOUMBIA a prôné la solidarité et l’unité d’action syndicale. Car il ne sert plus à rien de se leurrer, l’heure d’une centrale unique des années 1960 est dévolue : aucun syndicat, à lui seul, aucune centrale syndicale ne peut prétendre paralyser le pays, comme c’était le cas il y a quelques années. Face à cette situation, il a invité les centrales sœurs à l’unité d’action syndicale.
Cette année, la CMT, essentiellement dédiée au secteur informel, a enregistré beaucoup d’adhésions, a informé le secrétaire général adjoint. Ce qui, dit-il, prouve à suffisance, l’importance de sa vision pour les travailleurs non-salariés qui constituent plus de 80 % du monde du travail de notre pays.
Sayon Doumbia s’est également réjoui des bonnes relations de collaboration que sa centrale entretient avec le gouvernement.
« La CMT a répondu présente à toutes les sollicitations du gouvernement à savoir : « la relecture du Code du travail ; la relecture du code de prévoyance sociale ; l’élaboration du document du protocole d’accord issu du processus d’Alger », a-t-il argumenté.
Cette année, la CMT est restée fidèle à ses idéaux, relatifs à un milieu de travail apaisé.
« À la CMT, nous estimons que les préoccupations fondamentales des travailleurs, entre autres, la diminution de l’ITS, l’augmentation de salaires… avaient été prises en compte par les centrales sœurs. Sans condamner les différents mouvements de grève qui ont eu lieu courant cette année, la CMT les a trouvés inopportuns, compte tenu de la situation d’instabilité dans laquelle se trouve notre pays. Cependant, nous projetons très prochainement de saisir le gouvernement par rapport à la situation de nos affiliés des commerçants détaillants qui ont été déguerpis et qui n’ont toujours pas été recasés », a-t-il prévenu.
La CMT, selon M. Doumbia, a toujours prôné l’unité d’action syndicale, en témoigne le défilé unitaire de l’année dernière avec la CSTM et la CDTM.
« Cette position de la CMT est comprise par la CSTM et la CDTM avec lesquelles, elle a participé à la conférence sous régionale des centrales de l’espace UEMOA plus la France, la Mauritanie et la Guinée Conakry, les 27, 28 et 29 octobre 2015, sur initiative de la CSTM… À la CMT, nous sommes convaincus qu’aucune centrale à elle seule ne peut mener une lutte totale, comme les grèves que nous avons connues pendant notre enfance qui nous obligeaient à traverser le pont à pied. Car chaque centrale a ses syndicats de taxi, Dourouni et Sotama ».
La cérémonie a pris fin par une visite des expositions (produits de l’artisanat, industries, de l’élevage).
La ministre de la Culture a formulé des vœux de prompt rétablissement à la secrétaire générale de la CMT, Mme Kadidiatou TOURE.
Le conférencier, Issa Diarra, a expliqué que le gouvernement et les syndicats sont des partenaires et doivent par conséquent travailler ensemble pour le développement du pays. Le syndicalisme ne se réduit pas à des revendications formulées à l’intention du gouvernement, il s’agit aussi de participer activement à l’apaisement, à l’animation et au développement du pays, a-t-il plaidé.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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