1 an d’IBK au pouvoir : Des maliens se prononcent

Dans le micro trottoir ci-dessous, des citoyens donnent leur avis sur 1 an de gestion d’Ibrahim Boubacar Kéita. Réactions. Les maliens estiment qu’après un an au pouvoir IBK n’a pas encore jeté les bases du développement du Mali.

 avis question reponse interview

Madame Ouassa Diallo, Professeur d’enseignement secondaire général

« Le gouvernement doit s’impliquer dans la gestion des loyers »

Je vous remercie Monsieur le journaliste. Je suis très satisfaite de votre journal qui, hebdomadairement nous retrace tous les évènements passés au Mali. Le vieux IBK a été choisi par beaucoup de maliens. Certes, le choix n’a pas été fait au hasard. C’est de lui que la population avait besoin pour résoudre les problèmes. Notre vieux s’est occupé des problèmes du nord. Cela est bien normal. Mais jusqu’ici nous ignorons la suite qui a été donné au problème du nord.

IBK est en train de trouver des solutions à ses problèmes personnels, au lieu de mettre le Mali en avant. Il faut qu’il s’occupe des problèmes des maliens. A titre d’exemple : le loyer des maisons est très élevé. Quatre chambres à la cité Unicef coutent 150 000F CFA. Le gouvernement doit s’impliquer dans la gestion des loyers. L’électricité et les denrées alimentaires sont aussi chères.

Le vieux IBK a été ambassadeur, ministre, premier ministre, président de l’assemblée nationale et aujourd’hui président de la République. Il a occupé des postes très importants. Il connaît les problèmes du Mali. Il ne doit en aucun cas échouer. Il est un bourgeois. Il ne doit pas être un bourgeois sur le dos du Mali.

A.S : Stagiaire dans un service de la place

« Le gouvernement et les députés doivent tenir compte de la population »

Il faut que le gouvernement et les députés aient pitié de la population et tienne compte de son intérêt. Ils doivent s’occuper du reste de la population. IBK, à lui seul, ne peut rien faire. Il faut des cadres compétents pour prendre le taureau par ses cornes. Nous les pauvres, nous sommes laissé pour compte.

Sacko Djélimady, enseignant

« Il faut la justice- l’homme qu’il faut à la place qu’il faut »

Hommage à Modibo Keita, Kouamé N’krouma, Sékou Touré et Thomas Sankara.

Les élections passées ont prouvé que les maliens avaient besoin vraiment d’un chef d’Etat différent. C’est-à-dire qui serait prêt à se sacrifier pour le Mali et non le contraire. Ladji est venu au pouvoir avec des menaces et des applaudissements. Personnellement, je n’ai vu aucun problème réel primordial qu’il a pris à bras le corps. Et pourtant ces problèmes ne manquent pas. Rien que des futilités.

Pendant qu’une présidente d’un pays d’Afrique vend l’unique avion présidentiel pour résoudre certains problèmes, le nôtre préfère acheter un deuxième avion présidentiel, des…, des…, des….

A mon humble avis, les primes et les indemnités doivent être subordonnées à l’avoir du pays. Au Mali, la charrue est mise avant les bœufs. Où ira un tel attelage ? Nulle part. Aujourd’hui, il faut la justice- l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Professeur Augustin Sagara, enseignant

« Je ne reconnais plus IBK »

L’éléphant que les maliens attendaient est arrivé avec une patte cassée. Je ne peux indexer aucune des réalisations d’IBK, concrètement. Après une année, si on fait l’analyse, je vois que rien  n’est fait. On ne reconnaît plus IBK. Moi j’ai voté pour lui, mais je ne le reconnais plus. C’est ma première fois de voir un parti au pouvoir qui prend un premier ministre provenant d’un autre parti, autre que le parti majoritaire.

Il faut d’abord avoir confiance à soi-même. S’il n’y a pas de confiance, il n’y a pas de bonne gouvernance. On ne peut rien faire. J’ai voté pour lui, pour sa fermeté mais, hélas ! Je ne le reconnais plus. On a même perdu les acquis du Professeur Dioncounda.

Je voudrais qu’IBK travaille son image à l’intérêt du pays. IBK c’est la haute bourgeoisie. Il s’est occupé de lui-même d’abord. Il faut d’abord stabiliser l’Etat. Il a dit, le Mali d’abord ; mais nous voyons IBK et sa famille d’abord.

Y.M, chauffeur

« Les salaires sont insuffisants »

Je ne suis pas instruit. On a dit qu’on lutte contre la corruption et la délinquance financière. Si cela est vrai, IBK commence bien son travail. Les denrées de premières nécessités coutent très cher. IBK doit revoir les salaires à la hausse. Les salaires sont insuffisants. Il doit voir la situation des soldats morts sur le champ de l’honneur. Cela réconfortera leurs familles. Mon petit frère est concerné, rien n’a été fait par le gouvernement.

Pour ce qui est du nord, le gouvernement doit négocier pour trouver un terrain d’entente. Il faut une paix durable.

Sambou Dembélé, professeur d’enseignement supérieur

« Une année d’échec politique »

L’an 1 de son pouvoir a été une année d’échec politique. IBK a déçu le peuple. L’ingérence familiale dans la gestion publique de l’Etat a été une erreur irréparable. Les maliens ne sont pas situés sur le sort de Kidal. Les maliens ont voté pour IBK à cause de l’affaire de Kidal. Jusque là, on ignore tout du sort de Kidal. Il est en train de berner le peuple. Pourquoi ?

Le MNLA n’a pas été ni cantonné ni désarmé. Et pourtant, c’est ce qui a été dit dans les accords de Ouagadougou. La balle est dans le camp de la communauté internationale qui ne fait rien pour que les rebelles rendent les armes. Les crimes de guerre n’ont jamais été évoqués : Aguel-Hoc, Tombouctou et Gao. On ne dit rien de tout cela.

Les femmes ont été violées, les hommes ont été amputés, les enfants enrôlés dans la rébellion. Tout cela constitue des crimes. On ne dit rien. Qu’est ce que le gouvernement ira dire en Algérie ?

Mariam Kanté, secrétaire

« IBK a fait de son mieux »

IBK a fait de son mieux. Il ne peut pas tout faire en une année. Les quatre ans restant lui permettra de combler les attentes des maliens. Sous le règne d’IBK, les pauvres ont eu une place à la justice malienne. Les pauvres peuvent maintenant parler à la justice. L’école malienne a retrouvée sa voie. Les fruits ne tarderont plus.

Soumaila Danioko, stagiaire

« Le peuple malien se sent trahi »

Après la crise que notre pays a connu, aux yeux des maliens seul IBK pouvait nous sortit de cette situation et répondre aux besoins de la population. Ainsi plus de 77% des maliens lui ont accordés leurs suffrages. Les maliens pensaient avoir fait un bon choix. Aujourd’hui, le peuple malien se sent trahi par IBK.

Avec l’achat de l’avion, la rénovation totale de sa maison à sébénikoro, pour ne citer que cela, IBK a déçu les maliens. Au lieu du « Mali d’abord » c’est « IBK et sa famille d’abord ». Il faut que le président pense à la population d’abord, avant de s’occuper aux questions personnelles, à sa condition de vie, à ses proches et à sa famille. 

Yaya Dembélé (tailleur) :

« On a voté  pour Ibrahim Boubacar Keita pour le bonheur du pays.  On est parti voter mais,  depuis son investiture jusqu’à aujourd’hui je n’ai constaté aucun acte poser en ce sens. Tous les jours ils y a de nouvelles paroles. Il a été élu pour le problème du nord. Depuis qu’il est au pouvoir le problème du nord est de plus en plus compliqué. Les prix des produits de première nécessité sont en train d’augmenter du jour au  jour. Les prix d’électricité  et l’eau sont aussi augmentés et même le gaz. L’Etat avait subventionné tout, mais ils n’ont pu capable de gérer tout ça. Ces prédécesseurs ont tout fais pour assurer la sécurité alimentaire au Mali. On peut pas résoudre tout le problème dans l’immédiat,  mais depuis qu’il a été élu, il n’a posé aucun acte qui montre que la sécurité alimentaire peut être assuré par les maliens. Si IBK est venu pour le bonheur des maliens »

Adama Traoré(ouvrier) :

« Vraiment je suis dessus par le problème du Mali. L’être humain est la parole, on te juge à travers tes paroles, tout ce que tu dis. IBK est monté au pouvoir aujourd’hui parce que c’est  les maliens qui ont voté pour lui. Si c’est n’est pas les maliens d’IBK a été élu avec 77% du jamais vu dans toute Afrique. On lui a fait confiance a cause de son âge et il a juré au nom de Dieu en disant (inchallaw).  Dans ce pays si tu dis ces paroles on te prend avec nos deux mains. On n’a jamais imaginé qu’il sera comme ça. Vraiment on a regretté pour avoir voté pour lui. A cause de l’islam tout le monde sont sortis voter pour lui, même les handicapés  n’ont pas resté ben marge. Depuis son investiture jusqu’à aujourd’hui on a vu aucun acte qui peut être le bonheur des maliens.

Nous sommes des chefs de famille notre souci c’est l’avenir de nos enfants. Le problème d’emploi,  de santé, de médicament, l’électricité et l’eau, rien n’est resolu. Il y a aussi le problème du nord. On a voté pour lui pour qu’il puisse résoudre le problème du Mali, mais il ne souci même pas du problème des maliens. Les gents ont été emprisonnés. On a vu dans ce pays des plus grands assassins libérés.  Il faut qu’on se pardonne, qu’on se donne la main pour développer le pays. Si c’est n’est pas le mouvement de Sanogo et la population malienne IBK ne pourra jamais être président dans ce pays. Durant cette première année de son mandat,  cette même population souffre enormement. Tous les maliens sont en train de crier aujourd’hui à cause de la pauvrété. Nous les ouvriers nous soufrons. J’ai n’est jamais pensé qu’il peut faire ça. Je demande qu’il fasse a cause de dieu de laisser tout ce que les gents disent. Qu’il travail pour le développement du Mali. »

Adama Sanogo(enseignent) :

« IBK n’a pas  encore jeté les bases de développement du Mali et la crise  du nord ne pas peut-être tenu pour responsable  car il n’a pas élu que pour la crise du nord. Pour l’emploi des jeunes, IBK a promis une centaine d’emploi lors de son campagne électorale. Un an après, aucune entreprise nouvelle n’a été créée pire certaines sont menacés de fermeture, des travailleurs ont été renvoyés au banc du chômage.

Bien que la crise du nord soit une épine, elle ne doit pas empêchée le développement dans d’autres secteurs. Je prends l’exemple de notre voisin qui est la Côte-D’ivoire ou  le président Alassane Dramane Ouattara a su donner à ce pays sa place dans la Cédéao. Nul ne doute que le coût des denrées alimentaires de première nécessité est exorbitan aujourd’hui au Mali. Pour qui connait le salaire misérable de nos fonctionnaires. Ce train de vie pousse nos agents à se livrer à la corruption pour joindre les deux bouts. IBK doit arrêter la vie bourgeoise et se soucier au développement économique du pays. »

Aminata Ouattara (pharmacienne) :

« IBK est venu trouver que le Mali est dans le trou il y a 20 ans. Jamais une année ne peut faire sortir le Mali dans ce trou. C’est  petit à petit pourqu’on puisse sortir de cette situation. Le peut que IBK est en train de faire, je voie qu’il veut nous faire sortie de cette crise. Mais ce que je demande aux maliens que tu sois dans l’opposition ou dans majorité qu’on se donne la main pour travailler ensemble afin de  sortir de cette crise sinon ce que IBK est en train de faire, je pense que  le Mali est en train de se développer petit à petit. On n’a pas imaginé qu’on peut être là aujourd’hui. Il faut qu’IBK soit prudent. Si quelqu’un ne veut pas travailler qu’il le chasse de son  gouvernement. S’il fait ça tout va rentrer dans l’ordre.

Idrissa Si Sawané(transitaire) :

« Cette première année du pouvoir d’IBK a été un malheur pour nous. Rien n’a été évolué. On a voté pour lui en pensant que le pays va être développé, mais ça n’a été le cas.  Ce que les français n’ont pu trouver au Mali avec les autres présidents qui ont passé avant lui, c’est  avec IBK qu’ils ont tout  trouvé. La France a tout fait depuis le temps de Modibo Keita jusqu’à maintenant pour trouver une base au Mali, elle n’a pas trouvé. Avec IBK au lieu d’une base, la France a trouvé trois bases au Mali. Et il vient nous dire que la France est notre amie depuis quant la France a été l’amie du Mali. Notre première ennemie dans le monde est la France.

Il faut que la France parte de chez nous c’est ce qu’on veut. Si IBK sait  qu’il ne peut pas, il peut partir aussi. On peut faire développer notre pays et on est  près à mourir pour défendre ce pays. Jusqu’ici qu’est ce que IBK a fait pour le bonheur des maliens ? Même Cheick Modibo Diarra étant Premier ministre pendant la transition, au bout de trois mois a diminué le pris du riz au Mali. Mais depuis qu’IBK est monté au pouvoir tout est devenu chair, on ne peut rien acheter au marché sans oublier l’électricité et l’eau, les factures sont doublées.  Ce que les maliens ne savent pas  avec le F CFA nous ne pourront jamais être développé.»

Sory keita(Serrurier) :

« Il faut que le Mali soit un pays de droit pour combattre contre l’injustice. Je soutien le pouvoir d’IBK parce que le travail qu’il est en train de mener au niveau de la justice est une belle initiative. Les pauvres souffrent dans ce pays. On doit soutenir IBK et son gouvernement pour tout effort qui sont en train de faire pour le développement du Mali. »

 

Djeneba Sow(promoteur d’ecole) :

« Ce qui concerne le pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita,  premièrement  le pays est chaud, jusqu’à présent on peut dire qu’il y a des choses à faire sinon le pays n’est pas encore stabilisé. On prie Dieu pour que ça soit comme on veut. Deuxièmement ce qui concerne la pauvreté, aujourd’hui il y a peu de malien qui ne plein pas. Tout ce que les gents pensaient qui pouvait être un moyen pour sortir de crise ont été fermé. Tous les robinets sont fermés. C’est Dieu qui peut nous sortir de cette situation. Sinon la santé ça va un peu, mais c’est toujours comme avant. Mais tant que la sécurité alimentaire n’est pas assurée, les prix des denrées de premières nécessités ne sont pas diminué ainsi que l’électricité et l’eau, on ne pas dire que ça va.

Car les maliens mangent trois sinon deux fois par jour. Le salaire des maliens est peu. On n’a ajouté que 10 % au salaire, on pouvait augmenter à 30% pour que les maliens puissent souffler un peu. Tans que 50 % n’est pas ajouté au salaire des maliens on ne peut aller nulle part. Si les robinets sont fermés depuis la haut qu’est ce que la base va dire. En tout cas l’attente des maliens durant cette première année du pouvoir d’IBK n’a pas été fait. Sauf si Dieu nous  montre un autre chemin de sortir de cette situation. Ceux que je peux ajouter c’est le problème de sécurité. La sécurité n’est pas assuré, tous les jours on assassine les gents à cause de leur moto.

Moussa Danioko(comptable) : 

« En ce qui concerne les 360 jours, selon eux l’ancien régime a été renversé pour des raisons de corruption, d’insécurité, de laxisme, de partage de gâteaux… Les Maliens dans la plus grande majorité, intellectuelle et non a cru qu’on pouvait résoudre le problème du nord par une baguette magique et restaurer l’état de droit comme le demandait tous. Nous constatons que rien des attentes n’a été satisfait (Le problème du nord, l’insécurité…).

Je crois même que c’est bien le partage du gâteau car tous les candidats qui l’ont soutenus ont tous eux un poste ministériel. On assiste à l’achat d’avion, de véhicule de luxe, de la réhabilitation de sa maison personnelle. On assiste également à la personnalisation ou à la « famillarisation » ou à la « quartierisation » (Moi même d’abord, Ma famille d’abord, mon quartier d’abord et mes amis d’abord). Je crois qu’il sera mieux de faire face à l’essentiel qui n’est autre que les raisons de son choix à la tête. »

Propos receuillis par

Hawa K. Berthé

Source: Nouvelle République

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