[Tribune] Covid-19 : l’arbre qui cache la forêt d’une politique de deux poids deux mesures quant aux droits à la vie et à la santé ?

Pour Nalion Djedani, nous assistons à un revirement de situation en faveur d’une politique inédite de protection des vies humaines avec l’irruption de la Covid-19.

 

Le cadre social issu de l’institution de l’État offre aux individus une protection nécessaire à l’exercice de leurs droits naturels. Les situations sociales sont en constante variation. L’État peut faire face à une situation de crise dont la maîtrise nécessite la restriction des droits et libertés. C’est pourquoi les constitutions permettent les régimes d’urgences.

Dans son ensemble, notre monde connait une crise sanitaire inédite, qui appelle tous les États à prendre des mesures à la hauteur pour y faire face. Ce problème de santé publique, aussi grave, conduit les acteurs dominants sur la scène internationale à reconsidérer l’humanité.

Sauver la vie humaine est devenu non seulement le slogan commun à toutes les nations, mais aussi l’argumentaire pour les politiques pour recourir à des mesures drastiques. Ces mesures dépassent jusque-là celles qu’on avait l’habitude de remarquer pendant les guerres, les catastrophes naturelles et d’autres circonstances exceptionnelles. Les droits et libertés semblent subir un coup dur au point qu’on pourrait admettre l’hypothèse d’un retour concerté vers le jus-naturalisme initial ou même l’entrée dans une nouvelle période.

« Réévaluation des droits et libertés »

Les droits, en cette période de crise sanitaire, se résument à ceux liés à la santé et à la vie. En témoignent la fermeture des frontières, des écoles, des lieux de cultes, des lieux de divertissements et de sports, les interdictions de regroupement et les confinements.

Les libertés individuelles et collectives sont entravées. Pour l’heure, il semble que seul le droit à la vie compte dans tous les régimes politiques, qu’ils soient autoritaires ou démocratiques.

En faisant une rétrospective sur la pratique des États en matière de protection du droit à la vie, on découvre qu’il y est porté atteinte : par les oppressions récurrentes des peuples, des guerres sanglantes qui ont causé et continuent de causer des morts, des politiques nationales et internationales injustes qui se traduisent, souvent, par le déplacement forcé des personnes ainsi que l’accentuation des inégalités.

Il y a ces milliers de migrants qui tentent de rallier les pays du nord : des hommes et femmes qui meurent de faim, de manque d’eau et de soins, ou encore tous ces enfants et jeunes qui vivent dans la misère. Et tout cela dans l’indifférence totale des politiques du monde, qui préfèrent attendre une résolution des Nations unies à l’échelle internationale et une délibération du parlement à l’échelle nationale pour agir. Soudainement, ce sont eux qu’on veut sauver (la vie humaine est cruciale, alors qu’on l’ôte par des agissements maladroits).

Revirement de situation

Pourquoi ce revirement soudain en faveur des droits à la vie, à la santé pourtant bafoués ? Les politiques du monde tentent-ils de nous exhiber la fin du libéralisme ? Sommes-nous en train de faire face à des techniques d’instrumentalisation de situation ? Ou encore s’agit-il d’un revirement circonstanciel, et, dès la fin de la pandémie dans le monde, ce sera le retour à la normale. Autant de questions qui préoccupent et permettent de voir au-delà de la pandémie qui secoue le monde : une réalité, celle de la politique de deux poids et deux mesures quant aux droits à la vie et à la santé.

La pauvreté, la faim dans le monde, le chômage, les guerres sanglantes sont des situations qui, sous l’auspice des politiques du monde, concourent déjà à mettre en péril des vies humaines. Et si on se fie aux données établies jusque-là sur ces nombreuses situations, on se rend compte qu’elles sont autant alarmantes et inquiétantes que la crise pandémique que nous traversons. Bien qu’elles soient une menace pour la vie humaine, elles n’ont jamais pourtant reçu de réponses idoines en raison de jeux d’intérêts des acteurs dominants de la politique mondiale.

Paradoxalement, nous assistons à un revirement de situation en faveur d’une politique inédite de protection des vies humaines. Pour les politiques, qui tiennent le calendrier d’informations sur la Covid-19, la menace semble plus grave : il ne s’agit pas de sauver des vies, mais plutôt l’humanité. On veut sauver l’humanité en confinant l’humanité ! Quelle drôle d’histoire !

Source : Benbere

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