Vie de couple : la femme n’est pas responsable du sexe de l’enfant

Au Mali, beaucoup de femmes sont victimes de réprimandes au sein du foyer, parce qu’elles ont donné naissance à des enfants uniquement du sexe féminin. Pourtant, la femme n’est nullement celle qui détermine le sexe de l’enfant.

 

Dans notre société, certaines femmes sont exposées à de multiples problèmes dans leur foyer. Dans un premier temps, il y a le souci d’avoir des enfants après le mariage peu importe le sexe du bébé. Mais s’il arrive que les premiers enfants soient du sexe féminin, cela pourrait ne plaire au mari. « J’ai failli pleurer le jour où j’ai accouché de ma troisième fille. Mon mari m’a criée dessus. Alors que je me tordais de douleur dans mon lit d’accouchement », se souvient K.D., ménagère à Kalabancoura, quartier de Bamako.

Certains maris ne se limitent pas seulement à la manifestation de leur mécontentement, mais vont jusqu’à prendre une deuxième femme croyant peut-être que cette dernière leur fera des garçons. Pour beaucoup, cette perspective leur permettrait de combler leur désir d’avoir un garçon. Pourtant, beaucoup sont déçus finalement, parce que la deuxième ne leur donne que des filles. D’autres vont jusqu’à accuser la première de sorcellerie.

« Après 10 ans de mariage, j’ai donné naissance à 4 filles sans un seul garçon. Dès lors, je ne reconnaissais plus mon mari qui m’aimait follement. La moindre chose venant de moi l’agace. Souvent, il menace de prendre une seconde femme et me répudierai de son foyer si je continue à lui donner des filles », nous confie Timbé (surnom), une habitante de la commune I du district de Bamako.

Dépasser les idées reçues

Ainsi, n’ayant pas attendu la venue de son cinquième enfant, le mari de Timbé s’est marié à une deuxième femme dans l’espoir d’avoir un garçon. Mais cette dernière ne lui fera qu’une seule et unique fille. Coup du destin : Timbé n’a eu que des garçons, après ses 4 premières filles : « Je suis devenue aujourd’hui la reine de la famille. Maintenant, mon mari me respecte comme cela se doit », se réjouit la mère au foyer qui exhorte à dépasser les idées reçues sur le sexe de l’enfant.

Dans nos sociétés, plusieurs personnes se basent sur une croyance autour de la date du rapport en fonction de la lune, des étoiles ou encore la théorie des positions. D’autres parlent du sentiment qui anime la femme au moment de l’acte sexuel. Si elle est contente, l’enfant sera une fille . Le cas escient, un garçon.

Selon Dr  Adama de la clinique « Hereuka » de Lafiabougou, « il n’y a pas une étude sérieuse pour confirmer ou infirmer cette hypothèse qui semble aléatoire. » « Il est même impossible de prévoir le sexe d’un enfant », précise le praticien.

Certains couples tentent souvent d’influer sur le sexe de leur futur enfant.  Pour le gynécologue français Bernard Hedon, il faut faire en sorte qu’un seul type de spermatozoïde rencontre l’ovule. Même là, ce n’est pas simple : « C’est le spermatozoïde de l’homme, porteur du chromosome X ou Y qui va déterminer le sexe de l’enfant au moment de la fécondation », explique Bernard Hedon, président du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Soutien du mari

Malgré les critiques de la belle-famille, certains maris ont toujours soutenu leurs femmes. C’est le cas de Sidibé Oumou, infirmière dans une clinique à Souleyman-Bougou dans la capitale malienne : « Mon mari est aussi médecin. Nous avons trois filles, malgré les critiques récurrentes de ma belle-mère, mon mari est content de moi et on s’aime tous les deux », témoigne-t-elle.

Pendant ce temps, d’autres cherchent en vain des filles. Drissa Guindo est commerçant à Boulkassoumbougou. Il m’a confié être marié à deux femmes, mais n’a jamais eu de fille. Aujourd’hui, beaucoup ont fini par comprendre qu’avoir des garçons n’est pas forcement source de bonheur.

Source : BENBERE

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.