Santé Publique : Le paludisme, ce grand tueur oublié !

Levée de boucliers mondiale contre le coronavirus, ce petit virus qui met au pilori les grandes puissances. Plus de 6 400 morts dans le monde à la date du 15 mars 2020. Trop de morts ? Absolument. Mais il y a bien pire chaque année au Mali, un seul pays. Plus de 17 millions de cas de paludisme dans le pays en 2017. 6 745 décès dans la même année. Des morts silencieux chaque année.

Le paludisme tue chaque année des milliers de Maliens. Mourir de palu est devenu pratiquement banal. Surtout en période d’hivernage. Le décompte macabre qui s’en suit indigne pendant quelques jours, avant la prochaine saison des morts en masse.

De 2012 à 2017, c’est plus de 15 millions de cas de paludisme enregistrés avec plus 15000 décès. Le nombre de cas confirmés de paludisme au Mali en 2018 s’élève à plus de 2 million 7 cent mille personnes dont 1 778 décès. Selon les données de l’Enquête Démographique et de Santé du ministère de la santé, le taux de prévalence du paludisme est de 19% au Mali.

Selon ce document, les régions les plus touchées par cette maladie sont Sikasso avec 30 %, Ségou 26 % et Mopti 25 %. Bamako et Kidal restent les zones les moins touchées avec un taux de prévalence de 1%. De manière plus globale, dans son rapport 2018, l‘Organisation Mondiale de la Santé affirme que l’Afrique est le continent qui souffre le plus de cette maladie. En 2017, le paludisme a touché 219 millions de personnes dans le monde dont 92% en Afrique, toujours selon le rapport. Le nombre de décès dû à cette maladie est estimé à 435 000, dans le monde, avec toujours le taux le plus élevé 93% sur le continent Africain. Une réalité certainement bien pire, quand on connaît le taux de fréquentation des centres sanitaires dans le pays. Beaucoup, dans des hameaux de culture, meurent dans leurs cases, et ne sont donc pas comptabilisés. Malgré les distributions massives de moustiquaires, la lutte contre l’anophèle n’est toujours pas gagnée. Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes payent le plus lourd tribut.

Le COVID-19 ou la force des grandes puissances

Il ne s’agit pas là de minimiser l’effet du coronavirus. La maladie fait des ravages, c’est sûr. Mais cet engouement mondial tient surtout au fait que le virus a poussé ses premiers vagissements dans les pays développés. « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera », titrait Alain Peyrefitte dans son essai paru en 1973. L’exemple est là. Le pays s’est réveillé depuis plusieurs années sur les plans technologique, économique…pour ne citer que cela. Elle fait trembler l’Europe, les Etats-Unis qui auront tout fait pour freiner l’élan chinois. Mais hélas. Il est donc normal qu’un virus qui y est découvert irradie la planète. Ce sont les grandes puissances qui disposent également des médias les plus puissants qui inondent même les villages les plus reculés de nos contrées. Leurs problèmes deviennent par ricochet des préoccupations mondiales. Quoi de plus normal que les confinements et les annulations de grands rendez-vous sportifs et économiques dans ces pays! A la radio, à la télé, sur internet ou dans les journaux, il n’y a plus que le coronavirus.

Pourtant, lors d’un point presse le 3 mars dernier, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), révélait que le CoVid-19 présentait un taux de mortalité de 3,4% dans la population générale. Pour les Chinois, le taux de létalité de la maladie est bien moindre. Environ 1%, penchent les services de santé chinois.

Alors, si le coronavirus tuait comme le paludisme, l’on aurait assisté à une hécatombe mondiale. Et si le paludisme bénéficiait d’autant d’attention que le coronavirus, le Mali ne compterait pas autant de milliers de morts chaque année.

Assi DE DIAPE 

Source: Le Point du Mali

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