Santé communautaire : EN PREMIÈRE LIGNE DANS L’OFFRE DE SOINS

La Fédération nationale des associations de santé communautaire du Mali (FENASCOM) a tenu, samedi dernier, son 5è congrès ordinaire au Stade du 26-Mars. La rencontre, qui a regroupé les acteurs de la santé communautaire de toute l’étendue du territoire, était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Coumaré. C’était en présence du président de la FENASCOM, Yaya Zan Konaré, le représentant du chef de file des partenaires techniques et financiers du Programme de développement sanitaire et social (PRODESS), Mantala Traoré. Il s’agissait de présenter le bilan de la Fédération, d’examiner les textes et statuts et de renouveler le bureau durant les deux jours de travaux.


Le président de la FENASCOM avait précisé que les participants examineront les rapports d’activités morales et financières du bureau exécutif et le rapport du comité de surveillance. Il a également souligné qu’il sera question des modifications des textes pour les adapter au contexte évolutif de la Politique nationale de la santé, notamment les nouvelles réformes en cours. Ils avaient aussi à définir des missions diverses à la charge du nouveau bureau exécutif et du comité de surveillance. Parlant de la Fédération, il a révélé que de 1994 à nos jours la FENASCOM a fait beaucoup de progrès. «De 44 associations de santé communautaire et deux mutuelles de santé en 1994, nous avons élargi la famille de la santé communautaire (ASACO) à un corpus de plus de 1363 ASACO et 6 mutuelles de santé solidement reliées entre elles et appuyées par un réseau dense de démembrements sur toute l’étendue du territoire», a-t-il déclaré.
La Fédération, à travers ses actions, a su enrichir son carnet d’adresses et nouer des contrats de confiance avec de nombreux intervenants de divers horizons. Cependant, il a confié que son organisation va réexaminer et réactualiser des textes fondateurs, formaliser et rationaliser son administration et enfin revoir son propre système d’information sanitaire.
Le président a profité de l’occasion pour appeler à une mobilisation accrue pour la consolidation des acquis et attirer l’attention sur les périls qui menacent l’opérationnalisation effective de la santé communautaire. A cet effet, il a cité l’absence d’une loi sur la santé communautaire que notre pays tarde à adopter et pointer du doigt les interférences politiques dans le fonctionnement des ASACO, et les litiges qui les opposent à l’administration. Mama Coumaré a indiqué que ce congrès, cinquième du genre, se tient à un moment où le département de la Santé et des Affaires sociales considère la FENASCOM comme un levier de modernisation de notre système de santé à travers la promotion de la santé communautaire.
Et le secrétaire général de souligner que cette Fédération a montré, à partir de l’expérience de l’ASACO de Banconi, qu’il était possible de faire gérer par des populations pauvres et défavorisées leur propre santé. Elle a su se positionner judicieusement dans « l’organigramme » de la santé malienne et su animer au niveau de la première ligne sanitaire l’algorithme des soins de santé, à travers son dense réseau de centres de santé communautaire (CSCOM) gérés par les ASACO.
Il a même rappelé que la stratégie de santé communautaire est devenue le deuxième employeur des agents de santé après l’Etat avec ses 1363 CSCOM et 6 centres de santé de mutuelles, soutenus par 1264 sites d’agents de santé communautaire (ASC) opérationnels sur l’ensemble du territoire. Il a soutenu que l’initiative ASACO-CSCOM a non seulement catalysé la création de nombreux CSCOM mais renforcé l’autonomisation des communautés locales dans la gestion de leurs problèmes de santé. À bien des égards, l’initiative a été une étape fondamentale dans la décentralisation du système de santé publique au Mali. Il devient urgent d’adapter notre système de santé pour faire face à l’émergence et la réémergence des maladies transmissibles et non transmissibles et répondre aux effets néfastes du changement climatique.
Ainsi, dans la perspective de la réforme de notre système de santé, le département de la Santé et des Affaires sociales mettra un accent particulier sur le renforcement de la santé communautaire.
Mama Coumaré a aussi exhorté la FENASCOM à inscrire encore plus ses actions dans les nouvelles reformes sur la santé, à contribuer à l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), améliorer la qualité des soins et services et la gouvernance.  Il a également requis de développer davantage les mécanismes de pré mutualisation pour mieux promouvoir les systèmes alternatifs de financement de la santé et établir des passerelles plus fonctionnelles avec nos différentes institutions de formation et de recherche.
Quant à Mantala Traoré, il a déclaré que le renforcement de la santé communautaire est une priorité au Mali. D’après lui, la santé communautaire est essentielle pour l’atteinte des objectifs de développement. Il n’a pas manqué d’assurer que le soutien des partenaires ne fera pas défaut.
Fatoumata NAPHO

Source: L’ Essor- Mali

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