Samba Ousmane Touré, président de l’Association des Victimes du Tabac : « Le Mali doit interdire la cigarette dans les lieux publics… »

Atteint par les conséquences néfastes du tabac, Samba Ousmane Touré avec d’autres victimes de la cigarette, a crée l’Association des Victimes du Tabac, à Sikasso, en décembre 2015 sous le récépissé n°199P-CS. Dans la mouvance de la journée internationale de lutte contre le tabac, célébrée chaque 31 mai dans le monde en général et plus particulièrement dans notre pays, nous sommes entretenus avec lui sur les missions et les perspectives de  son association. Lisez plutôt.

SURSAUT : pouvez-vous présenter ainsi que votre association à nos lecteurs ?

Samba Ousmane Touré : Je me nomme Samba Ousmane Touré, je suis le président de  l’AVITA (l’Association des Victimes du Tabac).  Notre association est jeune, parce qu’elle a été créée à Sikasso en décembre 2015. Nous luttons essentiellement contre la cigarette et les phénomènes liés au tabac.

Vous pouvez, nous parler en deux mots  des actions menées au sein de votre association ? Quel est votre objectif visé?

S O T : Notre objectif est de connaitre le nombre de victimes  du tabac en termes de mortalité et de maladie, dû  à la consommation du tabac pour disposer d’une base de données fiable afin de mener des sensibilisations et de plaidoyer dans le cadre de la lutte contre la consommation du tabac.  Vous  savez,  aujourd’hui le tabac concerne toute la société malienne, surtout  les plus jeunes. C’est en ce sens que, nous-nous sommes levés pour créer cette association pour lutter contre le tabac et les industries du tabac surtout.

Dans le cadre  de la célébration de la journée internationale de lutte contre le tabac, célébrée cette année le 31 mai,  quel a été votre rôle, si vous avez un message particulier à véhiculer?

S O T : La journée comme l’année dernière a été célébrée en mois de Ramadan, c’est pourquoi notre association, tout en jouant sa participation n’a pas voulu tenir des activités obligeant le rassemblement du public. Au-delà de cette journée, nous envisageons de mettre en œuvre notre plan d’actions annuel qui comporte des sessions de formation et de sensibilisation. Pour cela nous sollicitons l’accompagnement des partenaires et des bonnes volontés.

Le message que je veux bien porter est de demander aux autorités publiques de la santé de consolider le comité national de lutte contre le tabac. Qui est  là, mais malheureusement qui n’arrive pas à poser des actions. Alors que ce comité qui regroupe en son sein des acteurs publics et privés peut constituer un outil précieux pour lutter contre la consommation du tabac.

L’autre message que je lance est d’inviter le gouvernement à faire face aux dangers  liés au tabac.  Et aux différentes associations qui luttent contre la consommation du tabac de se regrouper et de créer un cadre d’échanges et de concertations permanent. Sinon au Mali nous sommes en retard vis-à-vis de ces problèmes liés au tabac.

Qu’est-ce que vous revendiquez de façon spécifique au niveau de votre association au Mali ?

S OT : Puisse que l’Etat est signataire de la convention cadre de l’OMS de lutte anti tabac, nous lui demandons de respecter vigoureusement les clauses de cette convention. Sinon malheureusement, sur le terrain cette  convention est foulée au pied. Par exemple la disposition qui interdit de fumer dans les lieux publics n’est pas du tout respectée. On rencontre les gens, en train de fumer  dans les rues un peu partout, dans les transports comme les SOTRAMA et taxis sans être inquiétés et s’imprégner de la santé des jeunes et des non fumeurs. A cet effet, si le gouvernement n’a pas le courage d’appliquer cette convention, nous demandons à l’OMS de s’impliquer auprès des autorités maliennes pour la restauration de cette convention cadre  de lutte contre le tabac au Mali. Sans quoi le tabac continuera à faire des victimes sous nos cieux.

En conclusion, vous pouvez, nous dire ce que votre association a comme perspective?

 S O T : Etant déjà des victimes du tabac, ce que nous recherchons c’est de diminuer le nombre de victimes et de faire respecter la convention cadre de l’OMS.  Au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire tout récemment des mesures ont été prises,  visant non seulement à  taxer les produits du  tabac mais également à interdire de fumer dans les lieux publics. Donc au Mali nous devons faire la même chose à l’instar de ces pays voisins.

Il faudra aussi mettre en œuvre des mesures incitatives pour décourager la consommation du tabac.

Parce que chez nous le paquet de cigarette coûte moins d’un euro, ce qui fait que les fumeurs ne se gênent pas à y mettre leur argent. L’Etat doit augmenter les taxes sur l’importation de la cigarette

Et il y a un autre danger, le commerce illicite, les gens par des voies de trafics importent toutes sortes de marques de cigarettes dans notre pays, à partir de nombreux pays de transit : Mauritanie, Guinée Conakry, Sénégal…

Mon dernier message s’adresse aux jeunes à ne pas toucher au tabac. Quand on touche au tabac c’est souvent durant toute la vie qu’on va continuer à fumer, vingt ans trente ans… Il peut provoquer toutes sortes de maladies, dont des maladies chroniques du cœur et du poumon qu’on peut transporter et transmettre aux membres de sa famille et à ses amis. Donc le tabac est nocif et mérite d’être banni de nos quotidiens.

Propos recueillis par Jean Joseph Konaté

Source: Le Sursaut

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