Mortalité infantile: les miracles de l’Azythromicyne

Apres Kita mercredi, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a procédé, ce jeudi 13 décembre à Koutiala, au lancement du camp de chirurgie pour la prise en charge gratuite des cas d’hydrocèle du 12 au 19/décembre 2018. C’était en présence des membres de son cabinet, des responsables de certains services, des autorités politiques, administratives et coutumières de la capitale du coton.

Le maire de Koutiala, Oumar Bâ DEMBELE, a félicité le gouvernement pour le choix de sa localité pour abriter cet important événement en matière de santé. Il a invité les personnes malades d’hydrocèle à venir se faire opérer gratuitement, du 12/au 19/décembre, et de suivre les conseils des médecins qui doivent bien expliquer la maladie aux populations.

Quant au ministre Samba Sow, il a assuré de l’engagement du gouvernement et de ses partenaires à éliminer cette maladie invalidante. Sur environ 2.367 cas recensés en 2010, 855 ont été opérés avec succès de 2014 à 2017, dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Tombouctou sur financement de ENDEFUND, à travers Helen Keller International. Il reste encore 1145cas théoriques d’hydrocèle restant à opérer.

En effet, le ministère de la Santé, avec l’appui de l’OOAS et de l’Unité du projet Palu et MTN, a organisé deux camps de chirurgie des hydrocèles dans les districts sanitaires de Bougouni et de Kolondièba où 153 cas opérés ont été guéris en 2017.

En 2018, le lancement de deux autres camps de chirurgie des hydrocèles, à Kita et à Koutiala, permettra d’opérer 255 cas, dont le coût total de prise en charge s’élève à 144 325 503 FCFA, sur financement OOAS et Projet P-MTN.

Au Mali, malgré la mise en œuvre des différentes stratégies, le défi majeur demeure la détection et la prise en charge des cas de complications de la filariose lymphatique.

Le lancement de la campagne permettra de mieux sensibiliser et encourager le soutien social de la part des membres de la famille du malade, de la communauté, à continuer l’identification et la référence vers les centres de santé, a rappelé le ministre.

Le Pr Sow a profité de l’occasion pour mettre l’accent sur l’introduction du nouveau traitement contre la mortalité infantile (l’Azithromycine) qui permet de réduire de 15 % le taux mortalité infantile chez les enfants de 1 à 59 mois et de 25 % chez les enfants de 1 à 5 mois).

D’ailleurs, explique le Ministre de la Santé, cette visite dans à Koutiala s’explique par le choix de la région de Sikasso comme la première zone d’intervention du programme de traitement par l’Azithromycine contre la mortalité infantile.

La première stratégie consiste à administrer gratuitement l’Azithromycine aux femmes enceintes, pendant leur grossesse, au moment de l’accouchement et au bébé pendant ses vaccinations de routine.

Les étapes de Bamako et Koulikoro suivront celle de la 3ème région. Une stratégie de porte à porte, pendant les campagnes de masse, sera lancée dans la région Kayes.

L’Azithromycine a déjà fait ses preuves au Niger, au Malawi, au Kenya et en Ethiopie, en réduisant de 15 % le taux de mortalité infantile. Le projet est financé par la Fondation Bill et Melinda Gates à hauteur de 40 millions de dollars.

Le ministre de la Santé a souligné l’importance de ce traitement, jadis utilisé contre le trachome, pour notre pays qui a l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés d’Afrique.

« La volonté du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita est d’infléchir la courbe de la mortalité infantile dans notre pays, à travers ce nouveau traitement. Il suit de près l’évolution du projet, ce qui est la preuve de l’importance qu’il accorde à la santé des femmes et des enfants du Mali. Les femmes et les enfants constituent l’avenir de ce pays, nous devons assurer leur santé », a déclaré le ministre SOW.

Pour lui, ce projet vient à point nommé, car il intervient au moment où notre pays a entrepris la réforme de son système de santé, qui partira de la base de la pyramide sanitaire (les structures de santé communautaire) vers le sommet (les hôpitaux), conformément à la volonté du président de la République d’apporter les soins de santé primaires aux populations maliennes où qu’elles se trouvent sur le territoire national. Samba SOW a remercié la Fondation Bill et Melinda Gates pour son accompagnement dans la lutte contre la mortalité infantile au Mali. Il a également demandé aux sages-femmes, aux matrones et aux accoucheuses traditionnelles de s’impliquer pleinement dans ce projet pour l’atteinte des objectifs.

Par Sékou CAMARA

Envoyé Spécial

Source: info-matin

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