Mois de ramadan : Ce que vous auriez dû savoir avant de jeûner

Le jeûne de ramadan est le 4e pilier de l’islam après la profession de de foi, la prière, la zakat et avant le pèlerinage à La Mecque une fois dans sa vie pour celui qui en a les moyens. Son origine remonte à l’émigration du prophète (paix et salut sur lui) vers la ville de Médine le 16 juillet 622 comme l’indiquent certains livres saints.

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Selon les interprétations du calendrier lunaire, les musulmans ont entamé, il  y a deux dizaines, le mois béni de ramadan. Il leur reste encore une vingtaine de jours de privation et d’abstinence pour purifier leurs corps et leurs esprits afin de retrouver un certain bien-être.

Le ramadan a débuté le samedi 27 mai sur l’ensemble du territoire national. Le jeûne qui est  l’un des cinq piliers de l’islam, est observé de l’aube au coucher du soleil. Les malades (certaines maladies chronique), les voyageurs, les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants pré-pubères et les personnes âgées en sont dispensés.

Durant un long mois, les musulmans s’abstiendront de boire et de manger le jour. Si le mois est perçu comme un moment de piété par excellence dans la communauté musulmane, l’observance du jeûne a un impact considérable sur la santé.

Un impact positif, notamment sur le traitement de nombreux troubles : l’intolérance  alimentaire, l’hypertension, l’insuffisance cardiaque congestive, l’eczéma, le psoriasis, la pancréatite aigüe… et certaines maladies psychosomatiques. Des résultats de recherches entreprises dans le but de déterminer l’efficacité et l’innocuité du jeûne sur la santé le prouvent.

Le jeûne régulier, allié à une excellente hygiène, aide à avoir une bonne santé.

Attention au diabète et à l’ulcère

S’il est indéniable que le ramadan est une obligation qui incombe aux fidèles. Il a des conséquences néfastes sur la santé de certains types de jeûneurs, notamment les malades. Surtout qu’il tombe cette année sur un moment où les jours sont plus longs et les températures assez élevées.

D’un point de vue général, les personnes bien portantes peuvent jeûner sans risque. Mais qu’en est-il des malades ? Il est établi que les maladies chroniques, compliquées ou déséquilibrées sont aggravées par le jeûne.

Dr. Koné Taly, chirurgien au CHU Gabriel Touré : “C’est vrai que la question du jeûne et de la santé  se pose. Il a bien sûr des conséquences sur des personnes qui ont certaines maladies chroniques. Je parlerais plutôt des diabétiques et des personnes qui ont des problèmes gastriques (gastrite ou ulcère). Cela a des conséquences néfastes s’il n’y a pas de suivi régulier ou lorsqu’on ne prend pas ces aspects de la santé en compte. Durant le mois de ramadan, en tant que chirurgien, nous rencontrons des cas de perforation de l’estomac chez des personnes qui observent le jeûne. Il peut entraîner une perforation complète de toute la paroi de l’estomac. Ça devient alors un tableau d’urgence qui nécessite obligatoirement une intervention chirurgicale”.

Pour Cheick Sankaré, imam à Banankabougou, “selon la loi islamique, toute personne est autorisée à s’abstenir du jeûne lorsqu’elle craint que ce dernier lui soit nuisible. Cela peut être évalué de deux façons : en se fondant sur l’expérience personnelle et/ou en suivant les conseils d’un médecin. Surtout si un médecin avec qui le patient a établi une relation de confiance indique que le jeûne lui est nuisible, ce dernier ne doit pas jeûner. De ce fait, si une personne à l’autorisation mais qu’elle insiste à le faire, il commet un acte répréhensible puisqu’il se nuit à lui-même. Il est donc indispensable de consulter un médecin traitant, car il est le seul capable d’orienter le patient et de l’aider à prendre la bonne décision”.

La pratique du jeûne est-elle à risque ? Le Dr. Koné Taly  répond : “Les musulmans qui n’ont aucun problème de santé peuvent observer le jeûne. Pour les croyants qui ont des problèmes comme les diabétiques, l’ulcère il est souhaitable que ces personnes avant d’observer le jeûne contactent leurs médecins traitants qui leur donneront des directives ou des directions ou même leur déconseiller le jeûne. Nous ne déconseillerons à personne de jeûner car c’est avant tout une question de religion, de spiritualité. Sur les questions de santé on peut donner notre avis à la personne par rapport à l’observance ou pas du jeûne”.

Un conseil du diététicien et des contrôles médicaux sont toujours conseillés.

Equilibrer son alimentation

Selon un nutritionniste, l’important, c’est d’essayer de garder les trois repas par jour. Il faut prendre un petit-déjeuner consistant le matin. S’il y a bien un repas à ne pas sauter c’est bien celui-ci. En effet, il permet à l’organisme de faire des réserves pour y puiser l’énergie dont il a besoin dans la journée. Ce repas devra contenir une source de glucides complexes de sorte que l’énergie se diffuse plus lentement dans l’organisme, réduisant ainsi la sensation de faim.

Le repas de la rupture ne devra pas être trop copieux et le dîner devra se faire minimum trois heures après, pour laisser le temps à l’organisme d’assimiler les aliments ingérés. Il est important d’éviter les excès qui peuvent causer une indigestion ou des flatulences.

Les aliments à éviter sont :

– Les aliments gras et fritures qui causent des indigestions et des problèmes de poids.

– Les aliments riches en sucre

– La consommation du thé après la rupture est déconseillé car le thé stimule les urines et donc favorise la perte des sels minéraux précieux dont l’organisme a besoin au cours de la journée, et peut induire un état de déshydratation, surtout en période de chaleur.

Les boissons comme les sodas car ils sont souvent riches en sucre  et donnent du gaz. Il est préférable de boire des jus de fruit ou de l’eau plate.

Avant de commencer le jeûne, il est important de savoir que cela ne sert à rien de “faire des réserves” en mangeant abondamment. Au contraire, cela risque de fatiguer votre organisme et vous mettra dans de mauvaises circonstances. Adoptez une alimentation saine et équilibrée, pratiquez une activité physique régulièrement et dormir suffisamment.

Rappelons qu’il est quasi nécessaire de s’hydrater et de bien s’alimenter au cours de la rupture du jeûne, d’autant plus que cette année, le mois de ramadan coïncide avec une période canicule.

Hawa Sy        

Par L’Indicateur du Renouveau

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