L’OMS accorde 400.000 dollars à la RDC pour lutter contre le choléra

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé que plus de 500 victimes ont été déclarées mortes après le déclenchement d’une épidémie de choléra qui a frappé la République Démocratique du Congo.
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Selon l’OMS, l’épidémie s’est propagée et a atteint des proportion inquiétante dans 20 des 26 provinces du Congo avec au moins 528 personnes mortes après avoir été infectées et plus de 1500 cas suspects par semaine depuis la fin du mois de juillet 2017.

La maladie touche déjà de grandes villes du pays comme Bandundu-Ville, Bukavu, Goma, Manono, Malemba-Nkulu, Minova, Mokala, Kimpese, Uvira et certaines zones de santé de Kinshasa (capitale de la RDC). “Le risque de propagation reste très élevé vers la région de Grand Kasai, où les conditions sanitaires et de sécurité dégradées augmentent encore la vulnérabilité face à l’épidémie“, a déclaré l’OMS dans un communiqué.

Face à cette situation de plus en plus préoccupante, le Ministère de la Santé Publique a redéfini début août 2017 le cadre de la lutte contre cette maladie diarrhéique épidémique par la mise en place d’un programme d’élimination du choléra et de contrôle des autres maladies diarrhéiques (PNECHOL-MD). L’objectif est d’enrayer à court terme les foyers épidémiques et d’engager les actions nécessaires à moyen et long terme pour l’élimination du choléra.

Pour accompagner le Ministère de la Santé Publique de la RDC dans ce processus, l’OMS a élevé l’épidémie au grade 2 du cadre de la réponse d’urgence et déployé un groupe d’experts internationaux pour appuyer l’élaboration d’un plan d’urgence pour la réponse à l’épidémie.

Arrivé à Kinshasa le dimanche 3 septembre 2017, le groupe d’experts, composé des épidémiologistes et spécialistes en santé publique du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique (Dr Thierno Balde, Dr Vincent Dossou Sodjinou et Dr Guy Mbayo) a organisé des rencontres techniques avec le Représentant Résident de l’OMS en RDC et son équipe du groupe sectoriel des urgences (WHE), les autorités du Ministère de la Santé Publique ainsi qu’avec les autres partenaires techniques pour évaluer la situation et définir les objectifs consensuels pour un contrôle rapide des foyers épidémiques. ‘‘Nous devons mettre en œuvre immédiatement les actions de réponse de façon pragmatique dans les zones prioritaires et à risque pour stopper cette dissémination massive du choléra. Mais il est aussi essentiel que l’assainissement des milieux, l’hygiène individuelle et collective soient mis en pratique et que l’eau potable soit accessible aux populations les plus exposées au risque de contamination du choléra,’’ a déclaré le Dr Allarangar Yokouidé, Représentant Résident de l’OMS en RDC.

‘‘L’ampleur actuelle de l’épidémie a pris une envergure alarmante et il est urgent de passer à l’action par le déploiement des équipes qualifiées et la mise à disposition de la logistique nécessaire,’’ a pour sa part indiqué le Dr Didier Bompangue, coordonnateur en charge du programme d’élimination du choléra. Fort de ces engagements, l’équipe des urgences du Bureau pays appuyée par les experts du Bureau régional de l’OMS avec les autres partenaires, s’est fortement mobilisée aux côtés du Ministère de la Santé Publique pour élaborer un plan opérationnel d’urgence de trois mois dans une perspective stratégique de lutte efficace contre le choléra. Ce plan a été validé lors de la réunion du comité national de coordination spécialement consacrée à la réponse à l’épidémie du choléra tenue le vendredi 8 septembre 2017.

l’épidémie est encore plus préoccupante compte tenu du fait qu’environ 1,4 million de personnes ont été déplacées par la violence dans la région centrale de Kasai, ce qui rend difficile l’épidémie qui a frappé au moins 10 zones urbaines, y compris la capitale Kinshasa.

Des épidémies de maladies d’origine hydrique se produisent régulièrement au Congo, principalement en raison d’un mauvais assainissement et d’un manque d’accès à l’eau potable.

L’approvisionnement en produits pharmaceutiques (kits choléra) est un enjeu crucial, y compris les coûts opérationnels de transport de ces intrants vers les zones les plus touchées. C’est dans ce contexte que l’OMS s’est engagée à donner une contribution financière immédiate de 400.000 dollars américains pour le déploiement des équipes techniques dans les zones prioritaires. De plus, des kits choléra seront mis à disposition par l’OMS et les efforts de mobilisation de ressources additionnelles vont s’accroître pour soutenir la mise en œuvre du plan d’urgence. La lutte engagée pour contenir rapidement le choléra en RDC entre donc dans une nouvelle phase avec le niveau d’engagement du gouvernement, de l’OMS et des autres partenaires.

 

Source: afrik

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