Éradication du ver de Guinée: vers la certification du Mali

Le Programme national d’éradication du ver de Guinée au Mali (PNEVG) a organisé, hier lundi 28 janvier, à la Maison des aînés de Bamako, la revue annuelle d’évaluation de ses activités 2019. Deux jours durant, les participants, venus de toutes les régions du pays, vont évaluer la situation d’ensemble de la maladie en vue de son éradication et de la certification du Mali.

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, le Dr Mama COUMARE ; en présence du vice-président du Centre Carter, Dr Deano SIENKO ; l’émissaire du Représentant de l’OMS, Boubacar SIDIBE.

On y notait la présence des directeurs régionaux de la Santé ; les membres du Programme national d’éradication du ver de Guinée et ceux de la Commission nationale de certification.

Le Mali reste un des 4 pays encore endémiques de la dracunculose, appelée ver de Guinée, dans le monde, malgré les progrès importants enregistrés ces dernières années.

Selon l’enquête nationale réalisée en 1991-1992, il avait été enregistré 16 024 cas dans 1 163 villages : Mopti (9 154 cas), Kayes (6 504 cas), Ségou (277 cas), et Koulikoro (89 cas).

La région de Sikasso et le District de Bamako étaient déclarés indemnes de ver de Guinée.

Dans les régions du nord du Mali, pour des raisons d’insécurité, l’enquête n’a pu être réalisée qu’en 1995 et 1996. Ainsi, il a été recensé 1 947 cas dans la région de Gao en 1995, et 527 cas pour la région de Tombouctou en 1996. La région de Kidal était indemne.

Si l’on s’en tient au résultat de l’enquête nationale, le nombre de cas de ver de Guinée au Mali est passé de 16 024 cas en 1992 à zéro cas en 2016, soit un taux de réduction du nombre de cas de 100 % en 2016.

Le nombre de villages d’endémie est passé de 1 163 à zéro en 2016, soit un taux de réduction de 100 % en 2016.

Ces 5 dernières années, la situation épidémiologique a connu une évolution : ainsi, dans la région de Ségou, seul le district sanitaire de Tominian est endémique. Un cas a été notifié à Fion en 2014 et un autre à Parasilamé en 2015.

Dans la région de Tombouctou, seul le district sanitaire de Gourma-Rharous est endémique.

En 2014, à Nangaye (aire de santé de Tintadeni) 10 cas ont été notifiés.

En 2015, il a été notifié qu’un cas à N’Gariatane (aire de santé de Gossi) et zéro cas en 2016.

Dans la région de Gao, seul le district sanitaire d’Ansongo est endémique.

Il a été notifié 29 cas en 2014, 3 cas en 2015 à Tanzikratène.

Les autres régions n’ont pas notifié de cas de ver de Guinée.

De 2016 à 2018, aucun cas humain n’a été notifié.

Toutefois, il convient de noter que cette performance d’arrêt de la transmission de la maladie chez les humains a contracté avec l’infestation des animaux dont le 1er cas a été notifié en 2015 à Katama, un village de l’aire de santé de Tominian. En 2016, 11 infestations animales, dans le district sanitaire de Tominian, ont été enregistrées.

En 2017, 10 infestations animales (4 dans le district sanitaire de Djenné et 6 dans le district sanitaire de Tominian).

En 2018, 20 infestations (9 dans le district da Tominian, 8 dans celui de Djenné, un à Markala et 2 à Macina).

Pour le Dr Mama COUMARE, cette situation épidémiologique paradoxale, caractérisée par l’absence de cas humain et la persistance des cas d’infestations animales invite les acteurs à maintenir une vigilance accrue, et à innover pour mieux cerner cette épidémiologie, afin de pouvoir la contenir dans un bref délai. Ceci doit être un défi pour cette année 2019.

Le vice-président du Centre Carter et l’émissaire de l’OMS ont apprécié les efforts de notre pays dans la lutte pour l’éradication de la maladie et réitéré leur soutien jusqu’à la disparition du dernier cas de ver de Guinée.

Par Sékou CAMARA

Source: info-matin

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