CHU Gabriel Touré : Grève du personnel

Les travailleurs du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré ont déclenché, mercredi, une grève de 72 heures pour la satisfaction de leurs 10 points de revendications dont quatre jugés non négociables, a constaté l’AMAP.

 

Les revendications s’articulent autour du respect des engagements pris par les autorités, l’équipement, la dotation en matériels et consommables, l’amélioration des conditions de travail et le renforcement des capacités des travailleurs, la dotation, à hauteur, pour un bon fonctionnement de l’hôpital, une bonne gouvernance hospitalière. Mais le souhait  le plus ardent du Comité syndical est que des solutions vraies, concrètes soient trouvées à l’issue de la réunion de conciliation.

Le syndicat exige la mise en œuvre définitive des différents protocoles d’accord signés entre le département en charge de la Santé et le Comité syndical du CHU Gabriel Touré. Les grévistes réclament, aussi, de diligenter le paiement des arriérés des émoluments du personnel ‘bi-appartenant’, de prendre des mesures pérennes pour le paiement régulier, sans retard, des reversements des accessoires de salaire, y compris ceux de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) du personnel contractuel, équiper convenablement (selon les besoins des spécialités) l’ensemble des blocs opératoires dans le cadre de la réhabilitation en cours de l’hôpital et de doter l’unité de banque de sang de l’hôpital d’un local et d’équipements adéquats pour son fonctionnement.

Le syndicat demande aussi de mettre à la disposition du personnel les matériels et produits indispensables, notamment pour le secrétariat, la bureautique et l’hygiène pour l’amélioration des conditions d’accueil, d’hospitalisation et de soins, d’améliorer les conditions de garde du personnel, notamment, au niveau des salles de garde et de restauration, d’assainir la gestion du CHU Gabriel Touré en impliquant les organes d’administration et de gestion régulièrement définis, de procéder, sans délai, au paiement des primes de responsabilité et de motivation du personnel et de doter le CHU Gabriel Touré d’un budget de subvention conséquent pour son fonctionnement.

Rencontré sur les lieux, le représentant du Comité syndical, Djimé Kanté, a expliqué que ce mouvement fait suite à l’absence de réponse à un préavis de grève. Le syndicaliste a soutenu que l’établissement a énormément de problèmes alors qu’il gère 90% des urgences du Mali. C’est après ce constat que le Comité syndical a demandé une amélioration, en lançant un préavis de grève.

M. Kanté a précisé que tous les points seront négociables sauf quatre. « Ce sont des questions relatives au budget de l’hôpital, au salaire du personnel ‘bi-appartenant’, à la gestion du petit matériel bureautique et des consommables mais aussi à la restauration ». Pour lui, il faudra un budget conséquent pour réellement rehausser le niveau de l’hôpital. Le salaire du personnel ‘bi-appartenant’ n’est pas assuré à souhait et le petit matériel bureautique ainsi que les consommables font défaut. Les négociations sur la restauration n’ont pas abouti.

S’agissant du premier point, il a révélé que le budget de l’établissement est en baisse depuis des années. « Le CHU Gabriel Touré a connu des restrictions budgétaires drastiques à telle enseigne que nous sommes en droit de penser à une mort programmée de cet hôpital. Pour preuve, le budget de 2017 était de 856 797 000 Fcfa. En 2018, il était de 603 754 863 Fcfa. Cette année, le budget s’élève à 302 417 000 Fcfa dont 105 millions seulement ouverts courant 1er semestre 2019 », a dit le syndicaliste.

Concernant l’accueil, le syndicaliste a estimé qu’il faudra nécessairement l’améliorer. C’est pourquoi, il propose de remplacer les hommes en uniforme par des agents de santé. « Nous voulons une infirmière qui puisse soulager le patient dès l’entrée», a-t-il suggéré.

Le service minimum est assuré. Mais le bureau des entrées de l’établissement hospitalier était vide. Aucun siège n’est occupé. Pas de bousculade aux différentes caisses. Devant les salles de consultations, aucun signe de vie. Seuls le service de la pédiatrie et les urgences fonctionnaient.

FN/MD

(AMAP)

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