Blessé par des balles de terroristes à Tombouctou et hospitalisé au Gabriel Touré : Les cris de cœur de N’Djé Cissé et de ses parents !

Il se nomme N’Djé Cissé, âgé d’une quinzaine d’années, et élève de la 7ème année. Il a été blessé par balles lors d’une attaque terroriste à Tombouctou. Il est hospitalisé à l’hôpital Gabriel  Touré il  y a plus d’un mois. Le jeune Cissé et ses parents déplorent  la négligence des médecins, le  désengagement de l’Etat qui devait assurer la prise en charge du traitement.

 

Nous avons été à l’hôpital Gabriel Touré où est couché le jeune N’Djé Cissé et nous avons  été témoins oculaires des conditions misérables dans lesquelles il se trouve. Les yeux remplis de larmes, voyant sa vie menacée  par la négligence de certains agents que l’Etat paie cher, le jeune N’Djé Cissé criait. Oui !  Il y a bien la douleur, mais c’est surtout le désespoir qui le faisait pleurer. Son Papa, assis la main sur les joues, exprime, sans tabou, sa colère : « Nous déplorons les conditions de traitement de notre enfant, la négligence des médecins ». A ses dires, la négligence des médecins aggrave la situation de son fils. Il a également déploré le désengagement de l’Etat en termes de soins pour l’enfant. Or, dit-il, l’Etat s’est, après l’incident, engagé à prendre en charge le traitement du malade.

Quant à NDjé, même s’il lui était difficile de s’exprimer vu la gravité de son état de santé, il  a tenu à  exprimer  son cri de cœur. Il relate les faits depuis le début : « Un soir, aux environs de 20H, quand nous étions assis au bord du goudron, les terroristes sont venus à bord de véhicules et nous ont tiré dessus. Nous étions trois, mais mon cas est le plus  grave, car les balles sont entrées par un côté de mon corps pour sortir de l’autre côté », explique le jeune NDjé les larmes aux yeux.  Selon son papa, NDjé a passé 16 jours à  l’hôpital  de Tombouctou malgré la gravité de la situation. Mais,  a-t-il reconnu que pendant cette période, l’Etat assurait du traitement comme il le fallait. « Après les 16 jours nous avons  envoyés ici à Bamako pour le reste du traitement », a-t-il précisé.

A Bamako, nous explique le papa au blessé, nous avons d’abord été accueillis à l’hôpital du  Mali où tout allait bien,  voire très bien. Selon lui, le malheur du malade a commencé depuis qu’il a été transféré à l’hôpital Gabriel Touré. Or il a été envoyé à cet hôpital sous prétexte que des spécialistes y travaillent. Selon lui, les médecins de Gabriel Touré leur avaient énoncé que la première opération effectuée à Tombouctou par les médecins n’était pas bonne. Ils ont donc fait une autre opération pour N’Djé. A en croire les explications du papa et de la maman du blessé,  leur enfant est victime de la négligence des médecins qui ne font, selon eux, pas leur travail et le traitement comme ça se doit. « Depuis qu’on n’est venu à Gabriel Touré, N’Djé ne dort pas la nuit. Il pleure toute la nuit et demande  néanmoins qu’ils (médecins) changent le drap de son lit en vain. Une fois, j’ai entendu une femme  médecin me dire qu’elle n’a pas de temps pour s’occuper de mon enfant. J’ai été vraiment déçu quand j’ai entendu ça », nous confie le père de la victime. Il dénonce aussi certaines pratiques de la pharmacie de Gabriel Touré : « Lorsqu’on me donne une ordonnance à payer et que je vais avec mon document de l’ANAM, on me dit que certains remèdes manquent à la pharmacie. Mais quand je décide de payer tout avec mon argent, je trouve tous les mêmes remèdes au complet à la même pharmacie ».

Apparemment courroucé par ces pratiques, notre interlocuteur regrette que les frais de traitement soient ainsi supportés par lui seul alors que l’Etat s’était engagé à le faire. D’après lui, les autres blessés ont été pris en charge par l’Etat .Il affirme que celui qui était venu avec eux à Bamako est déjà retourné à Tombouctou par le fait qu’il a pu recouvrer sa santé. « Nous demandons de l’aide à tous pour le soin de l’enfant », nous confie le père.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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