Alerte ébola: les deux personnes recherchées rapatriées en Guinée

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« Je confirme jusqu’à ce matin (vendredi, ndlr), j’ai parlé au téléphone avec ces personnes quand je me garais ici. Ces personnes sont en parfaite forme. Aujourd’hui, c’est leur 15e jour de suivi. Dans exactement 6 jours, leur suivi sera terminé et elles seront libérées. Elles ont été remises aux autorités sanitaires de leur pays qui ont assuré leur transport dans leur localité où elles ont commencé le suivi ». Ces précisions sont du Pr Samba SOW, Coordinateur du Centre opérationnel d’urgence de lutte contre Ebola, qui a animé, le vendredi dernier, au ministère de la Santé, une conférence de presse pour faire le point de sa mission de terrain à Kénièba.

La conférence s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Bakary DIARRA ; de l’équipe du Pr SOW ; du directeur du CNIECS, Seydou Baba TRAORE.
C’est dans les moindres détails que le Pr Samba SOW a fait le compte-rendu de sa mission. En effet, dira-t-il, suite à des rumeurs en début de la semaine passée et sur instruction des autorités du Mali, en occurrence du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Dr Marie Madeleine TOGO, et de la Présidence de la république, il s’est rendu sur les lieux.
La rumeur, a-t-il précisé, concernait la présence de 2 personnes ayant eu des contacts avec des cas confirmés de maladie à virus Ebola d’un pays voisin ; et qui ont échappé aux équipes chargées de faire le suivi de ces contacts.

La diligence de l’opération de recherche des fugitives
Selon le Pr SOW, chaque fois qu’il y a un cas confirmé de la maladie Ebola dans une localité, dans une famille, en général, les équipes socio-sanitaires se réunissent pour assurer un suivi de toutes les personnes ayant eu des contacts avec ces cas confirmés.
Au fait, quand les autorités sanitaires du Mali ont reçu l’information, la 1re des choses c’était de confirmer la rumeur.
Aussitôt, elles sont rentrées en contact avec les autorités guinéennes qui aussi les cherchaient d’ailleurs, et qui les avaient appelé avant les nôtres.
Pour des raisons médicales, soutient le Pr SOW, selon les normes de l’OMS, en la matière, ces personnes contacts doivent être suivies pendant 21 jours.
« C’est au cours de ce suivi entre leur 6e et 8e jour comme contact, qu’ils ont disparu » a-t-il souligné, avant d’ajouter qu’en la matière, quand un contact est perdu de vue, les procédures recommandent que l’on recherche ces personnes. Et pour cause, parce que pendant les 21 jours qui correspondent à la période d’incubation maximale de cette infection, si la personne a reçu le virus lors du contact avec le cas confirmé, la personne, en 21 jours médicalement d’incubation, peut développer la maladie, si elle est effectivement infectée. Par contre, si au bout de 21 jours, il n’y a rien, la personne suivie peut-être libérée.
Le suivi de contact, a martelé le spécialiste, ne veut pas dire qu’il faut enfermer la personne dans une chambre ou à l’hôpital. À son avis, il ne s’agit pas de ne pas parler ou de ne pas manger avec la personne. On peut s’asseoir auprès d’une personne ressource.
Le suivi, indique-t-il, consiste à prendre la température de la personne au moins une fois par jour et lui poser quelques questions de savoir s’il a des symptômes.
Revenant aux deux personnes contact fugitives, le conférencier a expliqué que pendant leur suivi, les autorités guinéennes ont constaté qu’elles se sont éloignées de leur résidence habituelle où elles ont été identifiées comme personnes contacts. Par la suite, les recherches ont montré qu’elles ont traversé la frontière malienne du côté de Kénièba.
Immédiatement informé, le Mali a dépêché sur place une équipe conjointe du ministère de la Santé et de la Sécurité.

La collaboration des autorités et populations des 2 pays
Selon le Pr SOW, il s’est avéré que ce n’étaient pas des cas confirmés de maladie à virus Ebola qui étaient perdus de vue, mais plutôt des personnes ressource, cela contrairement à ce que beaucoup de personnes disent.
Concernant la maladie à virus Ebola, selon le Pr SOW, « il y a deux grandes phases dans ces 21 jours d’incubation : la 1re semaine des 21 jours, le risque est très minime que la personne ait le virus et développe la maladie (il peut exister, mais c’est très minime) ; la 2e semaine, le risque est élevé. Si vous avez contacté le virus, une semaine après, c’est très probable que vous tombiez malade. (Le maximum des cas tombe malade pendant la semaine du milieu). La 3e semaine, le risque est très minime) ».
Avec la collaboration des responsables et communautés des deux pays (Mali et Guinée), et en partenariat avec leurs collègues guinéens, lui et ses trois assistants ont eu non seulement les nouvelles, mais surtout sont parvenus à retrouver des traces tangibles de ces personnes avec qui ils ont discuté et qu’ils ont examinées.
« Je confirme jusqu’à ce matin (vendredi, ndlr) j’ai parlé au téléphone avec ces personnes quand je me garais ce matin. Ces personnes sont en parfaite forme. Aujourd’hui, c’est leur 15e jour de suivi. Dans exactement 6 jours, le suivi de ces personnes sera terminé et elles seront libérées. Elles ont été remises aux autorités sanitaires de leur pays qui ont assuré leur transport dans leur localité de résidence où elles ont commencé le suivi », a-t-il déclaré.
Le Pr SOW a rappelé que les 2 dames recevront un vaccin, parce que dans les 3 pays (Guinée, Liberia, Sierra Leone), où la maladie sévit, la situation exige quand il y a des cas confirmés, que l’on vaccine les personnes autour de ces cas confirmés.
Aussi, les agents de santé vont continuer à prendre leur température tous les jours et leur poser des questions jusqu’à la fin des 21 jours.
Par ailleurs, a fait savoir le conférencier, c’est précisément à Dakoya, village frontalier où les deux bonnes dames âgées de 40 et 45 ans, ont passé deux nuits. Durant leur séjour, elles ont eu 6 contacts (secondaires) qui ont eu des contacts avec 18 personnes (tertiaires) qui auraient été tous identifiés et suivis, mais « RAS » (rien à signaler).
En conclusion, il a remercié les agents de sécurité pour leur concours dans la réussite de cette opération qui avait pour but, non seulement de sécuriser ces personnes contacts, mais aussi les populations maliennes.

Source : Bamada.net

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