Les références en islam : LE TEXTE SACRÉ, LA SUNNA ET LE PRINCIPE DU CONSENSUS

A une époque où les luttes armées contre la dernière religion révélée s’étaient estompées, nombre de régions éloignées de son berceau s’étaient ralliées à sa cause. La gestion des affaires était assurée en maints endroits par des hommes d’une grande dimension spirituelle. Un jour alors qu’il s’entretenait avec un dirigeant de l’une de ces régions, le Messager (PSL) l’interrogea sur les critères qui déterminaient sa manière d’administrer les contrées dont la responsabilité lui était dévolue.

L’homme évoqua aussitôt le Saint Coran et la pratique du Guide, la Sunna. A la question de savoir s’il avait d’autres critères, l’interlocuteur du Guide déclara qu’il lui fallait en certaines circonstances, faire preuve d’effort personnel, tout en agissant en conformité avec les préceptes de la foi.
Pour les oulémas, ce principe n’a prévalu que durant une période déterminée. Il aurait été appliqué seulement dans les cas où il n’y avait aucune possibilité d’établir une analogie directe à partir de lois existantes ou connues. L’autorité de produire de tels jugements était conférée à des personnalités dont l’érudition ne pouvait souffrir d’aucune contestation. C’est ainsi qu’au premier rang parmi ces références ont figuré les quatre premiers califes, connus sous l’appellation de Califes bien guidés de l’Islam. Viennent ensuite les fondateurs des quatre écoles juridiques reconnues dans le monde musulman. Il aura existé d’autres compétences dans des domaines de moindre importance. Mais l’homme étant par nature tenté par la recherche de spécificités, il ne manque pas au fil du temps, de s’interroger sur l’adéquation de certaines manifestations de la vie moderne avec ces principes.
La référence en toutes circonstances pour les oulémas demeurera le repère que constituent ces sources traditionnelles. Ils mettent ainsi l’accent sur la nécessité d’une connaissance parfaite de toutes les lois exposées et interprétées jusqu’ici. L’individu isolé ne pouvant répondre à ces critères, situera son action dans le domaine général. Voilà pourquoi les divers courants recommandent qu’il soit fait appel aux plus hautes autorités religieuses pour apporter les éclairages nécessaires aux fidèles dans l’embarras, face à des situations particulières. C’est ainsi que dans certains cas l’on fait prévaloir le principe du consensus exprimé ou tacite. Les oulémas en cela s’appuient sur un hadith selon lequel le Messager soulignant le bon sens et la droiture de ses adeptes, a affirmé: «ma communauté ne s’accordera jamais sur une erreur».
Les tenants des diverses écoles de droits mesurant le fait que leurs divergences étaient fondées sur la compréhension de textes dont ils disposaient, ont entrouvert, dans une logique de clairvoyance, la porte aux éventualités de recours. L’un des Imams a exprimé ainsi cette pensée : «Je suis un être humain. Je puis avoir raison et je puis avoir tort. Examinez chacune de mes opinions, acceptez celles qui sont conformes au Saint Coran et à la Sunna, rejetez celles qui ne leur sont pas conformes». Il rejoignait en cela le texte fondamental qui exhorte ainsi les fidèles : «Si vous vous disputez au sujet de quelque chose, renvoyez cela devant Dieu et le Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur aboutissement.» (4:59). Il est par ailleurs cette recommandation aux croyants : « Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment.» (3 :105)
A. K. CISSÉ

 

Source: Essor

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