Zoumana Mory Coulibaly quitte les FARE : «Je me suis trompé sur Modibo Sidibé»

Après une longue séparation de corps après le second tour de la présidentielle 2013, Zoumana Mory Coulibaly et Modibo Sidibé signe définitivement et publiquement leur divorce. Du moins le premier, précurseur incontesté et fondateur du parti, met unilatéralement fin à leur mariage. Il prend à témoin les partisans qui l’obéissent au doigt et à l’œil.

Modibo SIDIBE 2013 CAMPAGNE FARE ADEMA ZOUMANA MORI

 

 

Le divorce longtemps pressenti entre Zoumana Mory Coulibaly et Modibo Sidibé vient d’être prononcé, avant-hier samedi, au siège des FARE où, les partisans du célèbre douanier se sont massivement retrouvés autour de sa modeste personne pour célébrer solennellement son retrait de leur  famille politique commune. Ce ne sont pas les motivations qui manquent le moins.

Devant un parterre de militants et responsables, la cheville ouvrière incontournable des Fare a manifesté son désarroi et son regret de n’être plus en mesure de militer dans un parti politique au sein de laquelle les règles et les principes démocratiques sont foulés aux pieds. Pourquoi ?

La précipitation pour la tenue d’un congrès semble être le cœur de la cause superficielle de la divergence. Mais, cette pomme de discorde prit sans doute forme durant le second tour de la présidentielle 2013, à la suite d’un malentendu insurmontable quant au camp à soutenir pour élire au finish le maître de la colline du pouvoir.

Le stratégique Zoumana Mory Coulibaly opta pour IBK, son mentor. Son antagoniste choisit pour sa part de rester fidèle à ses engagements au sein du Fdr, en dépit d’une nette majorité dégagée en faveur de la position du premier.

Sur la question, le jugement du 1er vice-président se passe de com- mentaires : «Nous avons certes créé un parti pour Modibo et non un parti à Modibo», schématise-t-il pour manifester son rejet à toute tendance «patrimonialiste».  C’est sans aucun doute ce que voulait signifier  Zoumana  Mory Coulibaly, confiant, par ailleurs, que les règles de la démocratie doivent s’appliquer à tout le monde dans une famille politique, y compris Modibo Sidibé. Allusion est ainsi faite au refus du candidat des Fare à se plier au choix de la majorité de ses camarades, la volonté populaire, à soutenir le candidat IBK au second tour et d’accompagner la majorité présidentielle au lendemain de la présidentielle.

«Je pensais avoir, à faire, avec quelqu’un qui écoute les autres. Hélas ! Il ne pense qu’à lui-même», regrette l’ancien vice-président de l’Adéma-Pasj, dans l’entretien téléphonique que Le Témoin eût avec lui au sujet de sa démission. Son interlocuteur renchérit par la déduction suivante : «Je pensais que Modibo était la solution pour le Mali. Je me suis trompé sur son compte».

Zoumana Mory Coulibaly, la voix pleine d’amertume, loin d’oublier les coups qu’il reçut à cause de sa proximité avec l’ancien Premier ministre d’ATT, confie avoir esquivé pas moins de douze balles au moment du coup d’Etat, dont sa voiture porte encore les impacts.

«En quittant les Fare», dit-il, il se décharge enfin d’un lourd poids financier qu’il supporta de la création du parti jusqu’à la bataille des législatives l’ayant hissé au rang de quatrième force politique du Mali.

Le sacrifice pour Modibo Sidibé hiberne, déormais, derrière cet humble illustre inspecteur des douanes. Déterminé à ne plus rester dans les Fare, sans pour autant y laisser son cœur, il jure, le doigt dans le feu, que leur  chemins ne croiseront plus jamais.

«Modibo et moi, nous ne seront plus jamais ensemble», jure-t-il avant d’avouer qu’il ne fréquentait plus les réunions des Fare depuis la fin de la présidentielle.

Quid de son point de chute ? Le démissionnaire ne pipe mot. Il rappelle qu’il n’avait de problème avec personne lorsqu’il quittait l’Adéma-Pasj. «Je pensais que Dioncounda n’était pas la solution et j’ai quitté sans insultes, ni écarts de langage», signale-t-il.

Quant à l’éventualité d’un départ massif de partisans, Zoumana Mo- ry Coulibaly ne démarche personne. Selon lui, chaque militant est libre de son choix.

Tout comme lui, cinq des six députés du parti Fare optent pour la majorité présidentielle et se trouvent, d’ores déjà, en phase avec le porte-étendard de la présidentielle 2013.

A KEITA

Source: Le Témoin

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