Vulgarisation de la loi 052 du 18 décembre 2015: le plaidoyer de la ministre Oumou Bah

Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi 052 du 18 décembre 2015 portant promotion du genre en matière d’accès aux fonctions nominatives et électives, le ministre de la Promotion de la femme, Mme Sangaré et ses collaborateurs, ont décidé d’effectuer un périple à travers le Mali pour informer et sensibiliser les leaders politiques, les chefs religieux et d’autres personnes ressources qui peuvent contribuer à la vulgarisation de ce texte, d’une importance capitale pour elle. Ainsi, après Kayes et Fana d’autres localités du Mali abriteront des séances d’animations, des conférences –débats et mêmes des sketches pour une application incessante et effective de cette loi.

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Prouver aux maliens que cette loi n’est pas contre la culture, les coutumes et les valeurs traditionnelles, voilà l’objectif principal de Mme Sangaré Oumou Bah. Elle rassure ainsi les maliens que toutes les informations seront données dans toutes les régions du Mali : « Nous allons faire de telle sorte que chaque malien sache de quoi il s’agit pour éviter la désinformation et l’amalgame », a-t-elle rassuré. En effet, la sous présentation des femmes découle en grande partie des normes et pesanteurs socioculturelle qui confinent généralement les femmes dans la sphère domestique. Ainsi, certains aspects de nos us et coutumes et surtout la mauvaise interpellation des textes religieux ont une influence négative sur le statut de la femme dans nos sociétés. Cet obstacle a été du coup rayé grâce à la détermination des différents acteurs dont les efforts ont abouti à la promulgation de cette loi. Par conséquence, les leaders religieux qui hésitaient au début, ont adhéré 100% d’où cette déclaration de Cheick Mahmoud Dicko, le Président de Haut Conseil Islamique : « En faisant une analyse objective du projet, et après avoir concerté mes collaborateurs, je trouve que cette loi ne contredit en rien les règles de l’islam. Nous sommes dans une république laïque et nous ne pouvons pas bloquer une loi à cause d’une minorité qui pense que cette loi entrave la religion musulmane. L’avis des personnes d’autres confessions compte aussi. Et puis entre nous en quoi octroyer 30% des quotas est contraire à la religion musulmane ? Les gens ont inscrit leurs filles à l’école, ils les ont entretenues et suivies jusqu’à ce qu’elles aient des diplômes. Vous étiez là vous n’avez pas riposté, parce que de vous en moi vous ne pouvez pas riposter. Et maintenant on veut valoriser tous ces efforts vous venez créer des problèmes là où il n’y a pas. En tout cas à notre niveau au haut Conseil Islamique on est d’accord ! », A-t-il dit au cours d’une interview accordée aux animateurs de radio Nièta sur la question qui faisait l’objet de toutes les convoitises à l’époque dans le milieux des associations et groupement religieux Musulman. Quant aux leaders des confessions chrétiennes, ils ont adhéré sans polémique. Cependant, l’arbre ne devant pas caché la forêt, cette déclaration du Président de Haut Conseil Islamique a été certes claire, mais n’a pas été unanime au niveau des « frères musulmans » et d’autres conservateurs des us et coutumes. C’est pourquoi le Département et ses collaborateurs ont décidé de faire de la vulgarisation de cette loi une des leurs activités phares. La bonne nouvelle de l’histoire, c’est que le département dispose des moyens pour convaincre les rares électrons libres hostiles à la chose

La loi en question
La loi qui a quatre (4) articles accorde désormais 30% des postes nominatifs et électifs aux femmes. Ce qui leur permettra de participer activement à la vie publique et à la construction de la démocratie dans notre pays.
Plus spécifiquement, les Maliennes vont désormais bénéficier de 30% au moins pour les nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories de services publics par décret, arrêté ou décision. La nouvelle loi détermine également les catégories électives, y compris les conditions dans lesquelles la recevabilité d’une liste de candidature est soumise à la proportion maximale de 70% de femmes ou d’hommes.
. Le premier exige qu’à l’occasion de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, des membres du Haut conseil des collectivités ou des collectivités territoriales, aucune liste d’au moins trois personnes, présentées par parti politique, groupe de partis politiques ou groupe de candidats indépendants, n’est recevable si elle présente plus de 70% de femmes ou d’hommes.
Le second précise que, la présente loi ne s’applique pas aux élections au niveau des chefferies traditionnelles des conseillers de villages et de fractions, des associations religieuses, de culte ou à caractère confessionnel ou encore tout autre regroupement disposant de statuts et règlements qui leur sont propres.

Les élections et le genre : des chiffres accablants
Le troisième article de la loi indique que les listes de candidature aux élections locales doivent respecter l’alternance des sexes de la manière suivante : si deux candidatures du même sexe sont inscrites, la troisième doit être de l’autre sexe. Cet article vise à réduire les inégalités de représentations. Un point qui facilitera la tâche aux femmes politiques quand on sait qu’au Mali, les femmes constituent 50, 4% de la population. Elles sont très actives dans la vie socioéconomique, politique et sociale du pays. Cependant, la représentation des femmes au niveau des postes électif est accablante. Et pour cause, de 1997à 2002 seulement 18 femmes étaient à l’Hémicycle sur 147 députés. De 2002 à 2007, on comptait 15 femmes sur 147 députés. Pire, Actuellement, seulement 13 femmes sont à l’hémicycle pour la législature 2014-2019 . Par ailleurs, sur 703 communes, on compte seulement 8 femmes maires. Et, sur les 10774 conseillers communaux, nous avons 927 femmes soit moins de 10%. Ainsi, parmi les 73 conseillers nationaux, les femmes ne représentent que 6. Ces chiffrent sont sans doutes une des motivations du Département à initier cette loi. Le dernier et le quatrième précise que les modalités d’application de la loi seront définies par décret pris en conseil de ministre
Signalons que cette loi, ne favorise pas seulement les femmes mais de fait tout simplement la promotion du genre le genre dans toutes les instances nominatives et électives. Par conséquent, elle ne concerne pas que les femmes. Il s’agit donc de voir dans quelle mesure les hommes et les femmes peuvent, de façon équitable, participer à la gestion de l’Etat.

Christelle Koné

 

Source: info-matin

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