UNTM – Gouvernement : Les négociations dans l’impasse… Le médiateur outré par l’attitude du Gouvernement

Les risques d’une grève générale, les 28, 29 et 30 octobre sont désormais très élevés. Ce au regard de l’enlisement des négociations à la suite de la rencontre, voire du fiasco de la réunion du mardi dernier.

secrétaire général Union nationale  travailleurs  Mali (Untm) Yacouba Katilé cote maouloud ben kattra

La rencontre du mardi 21 octobre, initialement prévue entre le Gouvernement et l’UNTM a, en effet, été un fiasco. Toute chose imputable au gouvernement selon les travailleurs qui reprochent au gouvernement une campagne d’intoxication et de désinformation sur les antennes de la télévision et de la radio nationales. Aux dires des syndicalistes en effet, le gouvernement a violé le principe des négociations non seulement en divulguant, avant l’heure, les clauses dont ils étaient censés convenir à la suite de la rencontre du mardi 21, mais aussi, en distillant de fausses informations sur l’issue des négociations en cours. En clair, à l’heure actuelle et selon les syndicalistes, il n’existe aucun point d’accords sur les six points de divergence à l’origine du préavis de grève des 28, 29 et 30 octobre prochain.

L’attitude du gouvernement n’a pas offusqué les seuls syndicalistes de l’UNTM. Lors de ce qui devait être une réunion, au ministère du Travail et de la Fonction Publique et des relations avec les institutions, le Président de la Commission de Médiation, Monsieur Mamadou Lamine Diarra, également outré par l’attitude du gouvernement a été le premier à quitter la salle. Il ne trouvait pas sérieuse la ligne de conduite du gouvernement.

Auparavant, dans une lettre adressée au premier Ministre, le secrétaire Général de l’UNTM, M. Yacouba Katilé dénonçait la démarche de l’exécutif en ces termes : «les Ministres prennent du plaisir à faire du dilatoire dans nos discussions. Mieux, c’est au plus fort des débats que certains quittent la salle, pour ne jamais revenir. Souvent le report des négociations est curieusement motivé par le voyage ou l’absence de tel ou tel Ministre » (lire l’intégralité de la correspondance).

L’UNTM est, en tout état de cause, décidée à observer les 72 heures jours de grève et passer ensuite à la vitesse supérieure. Une réunion de la dernière chance doit se tenir aujourd’hui jeudi dans l’antre de M. Bocar Diarra.

S’agissant du gouvernement, son attitude est tout simplement incompréhensible voire provocatrice. Et pour cause. Se prêter aux négociations d’avec des indépendantistes et bouder ses propres travailleurs s’avère tout simplement un déni de gouvernance.

B.S. Diarra

 

LETTRE DU SECRETAIRE GENERAL DE L’UNTM AU PREMIER MINISTRE

Objet: Situation de Négociation Gouvernement-UNTM

 

                   Monsieur le Premier Ministre,

Ce n’est pas sans une pointe de déception que je voudrais vous faire le point des négociations Gouvernement-UNTM.

Tous d’abord le calendrier des négociations a été très chaotique, marqué le plus souvent par les lenteurs que les représentants du gouvernement ont voulu leur imprimer. Il est vrai que les parties en discussion peuvent solliciter des reports. Toutefois, la répétition abusive de ces reports, faisant suite à une demande de délai de 6 à 2 mois, traduit à coup sûr le peu d’empressement à résoudre la crise. Suite encore à la séance du 30 Septembre, la 4ème, voire la 5ème rencontre, les Ministres ont encore demandé un délai supplémentaire, pour pouvoir examiner par les techniciens les impacts des revendications à caractère financier.

Nous avons déploré ce comportement des négociateurs gouvernementaux, car à notre avis le recours aux techniciens est en amont des négociations. Cela n’ayant pas été fait, nous avons conclu, sinon à un refus systématique, du moins à une négligence volontairement appliquée aux négociations, au moment où les militants, nos bases nous pressent à aboutir à une conclusion heureuse ou malheureuse.

En trainant en longueur, et nous l’avons dit aux Ministres, nous courrons le risque d’une désapprobation générale pouvant déboucher sur une crise interne.

L’ayant su, par nous-mêmes, les Ministres prennent du plaisir à faire du dilatoire dans nos discussions. Mieux, c’est au plus fort des débats que certains quittent la salle, pour ne jamais revenir.

Souvent le report des négociations est curieusement motivé par le voyage ou l’absence de tel ou tel Ministre.

La preuve de la négligence dans le traitement de nos revendications existe aussi dans la fréquence des retards que prennent les négociateurs gouvernementaux sur les heures d’ouverture des rencontres, fixées par l’équipe Gouvernementale même, obligeant les conciliateurs et les négociateurs syndicaux à une longue attente. Si cette technique peut être utilisée dans les négociations pour éprouver les nerfs des interlocuteurs, son application après un report et une reprise des discussions, à l’initiative d’une partie, devient inadmissible quand cette partie se permet des retards de 45 mn, des absences, finalement des abandons de la salle de négociation.

Cette atmosphère affecte le sérieux des discussions, et à notre avis, explique la longueur imprimée aux négociations. Commencées le 15 Août 2014, nous acheminons imperceptiblement vers le 2ème mois de discussions, ce qui équivaut à deux mois d’attente, voire de souffrance des militants. Notre honneur, notre dignité, notre responsabilité à nous résident dans l’accomplissement des mandats à nous confiés dans les conditions édictées par nos mandants. Vous comprendrez dès lors, pourquoi notre option finale a été l’arrêt des discussions, le compte rendu aux bases, à l’application de leurs recommandations à savoir la grève en cas de non satisfaction de nos revendications sur les 6 points objet de désaccord.

Convaincu que l’échec du dialogue est un déficit de démocratie et de partage intelligent entre partenaires, vous me voyez, Monsieur le Premier Ministre, profondément affecté par le comportement sciemment négligeant, donc maléfique des négociateurs gouvernementaux.

Veuillez croire à ma totale disponibilité pour l’instauration de la sérénité dans notre collaboration.

Ampliations/        

Président de la République 

Bamako, le 02 Octobre 2014

Président de l’Assemblée Nationale           

Pour Le Bureau Exécutif

Le Secrétaire Général  

Yacouba Katile

 

SOURCE: La Sentinelle  du   24 oct 2014.
Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.