Tueries de Nampala : L’URD dénonce le mensonge d’Etat du régime IBK…

Le mardi 19 juillet 2016, le camp militaire de Nampala (Ségou) a été attaqué par des individus armés, causant ainsi la perte de 17 soldats et blessant plus d’une trentaine. Pour l’URD, cette agression lâche et barbare, est la énième que subissent nos forces de défense et de sécurité, depuis la signature, à Alger, d’un accord pour la paix et la réconciliation.

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L’attaque de Nampala, intervient au moment où, la fragile accalmie qui régnait à Kidal, a subitement été rompue par les affrontements éclaté, la semaine dernière, entre le Gatia et la Cma, sur le partage de la gestion de Kidal. Pour le parti de la fraternité, ces deux tristes évènements dénotent une chose : la difficulté que pose la mise en œuvre de l’accord.

Le lundi 25 juillet 2016, après avoir respecté le deuil national demandé par le chef de l’Etat, suite au massacre de Nampala, l’URD, parti politique de l’opposition, a tenu à exprimé sa colère face à un régime dépassé et qui a étalé au grand jour son incapacité à faire face à la situation. Le parti était à la Maison de la presse où il a animé une conférence de presse. Principal conférencier : le Prof Salikou Sanogo, 1er vive président de l’URD. Il était entouré de deux autres membres du bureau ; il s’agit des avocats Me Boubacar Karamoko Coulibaly et son jeune collègue Me Demba Traoré, le Secrétaire chargé à la communication du parti du poignet de main. Avant d’entrer dans le vif du sujet, et pour rafraîchir les mémoires, certains engagements du chef de l’Etat faites aux forces armées et de défense, ont été repris dans un film projeté dans la salle. Des engagements qui sont aujourd’hui restés lettres mortes.

Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de nos braves soldats tombés sur le champ d’honneur, le Prof Salikou a fait un bref rappel des évènements douloureux survenus à Nampala. «Le 19 juillet 2016, tôt le matin, le camp militaire de Nampala a été attaqué par des hommes lourdement armés. Le bilan est lourd : 17 morts, une trentaine de blessés et des dégâts matériels très importants». «C’est toute la nation qui s’est indignée ; indignée par la barbarie, indignée  par la communication désastreuse dont le gouvernement a entourée cette tragédie», a déclaré le conférencier. .

Un mensonge d’Etat

L’URD, en venant devant les médias, tenait à dénoncer «le mensonge d’Etat» du président Ibrahim Boubacar Keïta et son gouvernement. Pour le conférencier, dans un premier temps le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Tiéma Hubert Coulibaly, avait tenté de duper les Maliens, en affirmant qu’après l’attaque les forces armées maliennes sont revenues à Nampala et ont sécurisé toute la ville. Ce qui, selon le conférencier, n’avait rien à voir avec la réalité sur le terrain. Pour le conférencier, après l’attaque, le Président de la République a réuni un conseil de défense, le même jour, pour ensuite reconnaître qu’il y a eu des dysfonctionnements au sein de l’appareil militaire sans aucune précision. «Le ministre de la Défense a déclaré avec une sérénité déconcertante que nos forces sont revenues prendre le contrôle de la ville. Son message a été relayé par son homologue porte parole du gouvernement sur Rfi, le lendemain 20 juillet. Au même moment, les populations de Nampala étaient abandonnées à elles mêmes. Aucun renfort, contrairement au communiqué du gouvernement n’était présent dans la ville. Le maire de Nampala a démenti formellement les propos tenus par les deux ministres. Nous savions que le mensonge d’Etat était le sport favori du régime IBK, mais de là à vouloir rassuré tout un peuple, après des faits aussi graves qu’intolérables, par des mensonges grotesques, constitue le pire des mépris qu’un régime peut avoir envers son peuple», a-t-il martelé. Le conférencier d’inviter ensuite le chef de l’Etat à donner, au peuple, une réponse aux questions suivantes : Pourquoi mentir en disant que Nampala a été sécurisé alors que rien n’en était ? Si la ville était réellement sécurisée pourquoi il ((le président de la République) ne s’y est pas rendu pour célébrer nos vaillants soldats tombés sur le champ de l’honneur? Qu’est ce qui s’est passé réellement, qu’est ce que le gouvernement cache au peuple ? Devons nous continuer à assister désespérément à l’assassinat lâche et barbare de nos vaillants soldats ?

Omerta sur l’identité de nos vrais faux amis

Une autre question que le conférencier pose est celle de savoir les raisons pour lesquelles nos forces ne sont pas suffisamment outillées pour faire face à l’ennemi ? Qu’est ce qu’on a fait de la loi de programmation militaire votée à l’unanimité par l’ensemble de nos députés. «Ce qui s’est passé à Nampala est gravissime et ne aurait être occulté en aucune manière. Ce sont ceux qui sont chargés de notre défense et de notre sécurité, qui ont été attaqués, sur leur base et le peu de matériel dont ils disposent, emporté ou détruit ; leur camp brûlé devant des populations désemparées», a ajouté le conférencier. Qui se rappelle des démarches effectuées par son parti auprès du parti au pouvoir pour l’inviter à rehausser les capacités de nos forces de défense. Selon le conférencier, après chaque attaque contre les positions de notre armée, l’URD par le biais de communiqués, a toujours demandé au gouvernement de doter nos forces armées et de sécurité en équipements adéquats leur permettant d’assurer efficacement la sécurité des personnes et de leurs biens. «On ne nous a jamais été écouté. C’est la énième fois que Nampala fait l’objet d’attaque. Et nous avons toujours entendu le même refrain : toutes les dispositions sont prises pour que ce qui est arrivé ne se reproduise plus. Malheureusement les dites disposition sont restées toujours sans objet». Pour le Prof Sanogo, le jeudi 21 juillet, lors de la cérémonie organisée à Ségou en hommage aux soldats tombés, le président, IBK, déclarait dans son discours : «Jours et nuits je remue terre et ciel à dire à dire à nos amis que l’arme aérienne est nécessaire pour notre défense. Nous ne sommes pas fabricants d’armes, nous avons besoin de solidarité vraie et non mégotée… ». A travers ces propos, analyse le conférencier, IBK accuse (sans les nommer) certaines puissances qui s’opposeraient à l’achat d’hélicoptères pour l’armée malienne. Pour le Prof Salikou Sanogo, rien ne justifie aujourd’hui l’omerta entretenue par le régime d’IBK autours de l’identité de ces soit disant amis de notre pays. «Qui sont ces amis qui s’opposent à ce que nos Fama aient l’arme aérienne ? » a-t-il interrogé. Avant de rappeler un discours prononcé à Sikasso, au camp Tiéba, au mois d’Août dernier. «Vous serez équipé (inchallah), ou alors notre vie n’aura pas de sens. Notre mission n’est pas de venir jouir du pouvoir, mais de venir servir le Mali, et servir le Mali aujourd’hui, c’est servir nos forces armées, de défense et de sécurité. Dans toute société, le partage du pain n’a jamais été indifférent ; pour vous dire que la vie de chacune et de chacun d’entre vous m’importe au plus haut degré et nous ferons tout pour qu’elle soit sauvée, pour que vous soyez en capacité de vous défendre en toute circonstance grâce aux dispositions auxquelles vous avez droit et dont vous avez besoin… ». Qu’en est-il de cette déclaration tenue il y a un an à Sikasso ? Qu’en est-il exactement aujourd’hui ? interroge le conférencier. Pour qui le moment est venu pour que le président explique aux Maliens pourquoi notre armée ne dispose pas encore d’avions?  «Sachant pertinemment que le Président de la République, dès l’entame de son mandat  a pu se procurer, rapidement, aux frais du contribuable, un avion présidentiel sous le vocable avion de commandement, au prix d’achat jusque là inconnu, qu’est ce qui empêche le Mali d’acquérir des équipements essentiels pour la sécurité de nos forces de défense et de leur pays? Quels sont les amis du Mali qui refusent que nos fama soient équipes d’armes aériennes ? », ajoute le conférencier. Pour qui, au delà de l’incompétence avérée du ministre de la défense, le Président de la République, chef suprême des armées, n’est pas non plus exempte de reproches au manque d’équipement de nos forces armés. «Il a l’obligation de s’expliquer et nous dire la vérité sur ce sous équipement de nos forces armées».  Le conférencier conclut en invitant le président IBK, à admettre son incapacité face à la situation et à en tirer les conséquences logiques, en rendant le tablier.

 

La rédaction 

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