Toujours dans les avions : Le Président oublie les Malien

Depuis son élection à la magistrature suprême avec plus de 77% des voix des maliens, «le Mandé Mansa» n’a pu se déplacer pour rendre visite à ces millions de Maliens à l’intérieur et les quelques rares fois ou il s’est déplacé sont survenues après des circonstances malheureuses, pourtant de son élection à aujourd’hui, il a déjà à son compteur, une vingtaine de voyage en Europe, une quarantaine dans le continent et une dizaine en Asie. Est-il le président des Maliens ou de l’extérieur ?

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Les voyages présidentiels sont accueillis à l’intérieur de notre pays comme des dates inoubliables. Ils donnent souvent occasion aux régionaux et autres habitants des localités de l’intérieur d’exposer leur savoir faire et de dire à haute voix leurs préoccupations au (N°1) du pays. Cette culture a toujours été respectée par les chefs d’Etat de Modibo Keita au président Amadou Toumani Touré (les présidents élus au suffrage universel), mais celui qui est en train de faire exception à cette règle est l’actuel homme fort qui pourtant a été mis aux affaires avec plus de 77% des voix des maliens. Hélas, le président Keita, de son élection à aujourd’hui ne s’est rendu que dans quelques localités de l’intérieur, qui peuvent être comptées au bout des doigts.

Pour la petite histoire, la première localité visitée a été  la région de Kayes ou il était accompagné par trois de ses homologues pour le lancement des travaux d’un barrage. Après cette visite, le chef de l’Etat s’est rendu à Mopti pour l’inauguration d’un hôpital qui avait été construit par son prédécesseur il avait  profité  de l’occasion pour inaugurer les œuvres d’un operateur économique dans sa localité natale Seydou Nantoumé. Plusieurs mois après, c’est l’occasion du crash de l’avion d’air Algérie qui lui a amené dans la region de Gao, sans passé par la grande ville.

Ces voyages ont été suivis par trois voyages notamment dans la région de Koulikoro en trente minutes et dans la région de Ségou, en  deux années d’exercice du pouvoir et le paradoxe est que depuis son élection il n’a cessé  de prendre son bâton de pèlerin pour se rendre à  l’extérieur du pays ,de sommet en sommet en passant par les rencontres, les conférences et autres marches de protestation.

Et une remarque se dégage de tout cela, c’est lorsque notre chef de l’état est en voyage que les circonstances douloureuses se produisent dans le pays. On se rappelle de la guerre fratricide qui a opposé nos militaires dans la garnison de Kati, ou il a été obligé d’écourter une visite à Paris pour venir tenir un discours ferme en disant que Kati ne fera plus peur à Bamako. Certes Kati n’a plus fait peur, mais d’autres couches et d’autres localités pourront faire peur à Bamako.

Encore, la semaine dernière, le président de la République était en voyage en Suisse pour le  forum de «DAVOS» quant des inconnus ont tiré sur ses enfants et ses petits enfants à Gao pour avoir protesté à sa place puisque c’est lui et son gouvernement qui devaient refuser la signature sur le territoire malien d’un accord en catimini entre une représentation des Nations Unies (MINUSMA) et des groupes armés qui ne représentent personne que par leur nom.

Mais puisque le gouvernement observait un silence de sourd, les descendants d’Askia Mohamed ont manifesté leur désaccord par une marche qui s’est soldé par une tuerie.

C’est en ce moment que le chef de l’état a décidé de les rendre visite pour exprimer tout son soutien.

Alors la question qui taraude dans les esprits est de savoir s’il  n’y avait  pas  eu mort d’homme la population de Gao allait voir «le KANKELETIGUI» de sitôt ? Et les autres localités du Mali?

En tout cas, ce n’est pas ce qui avait été convenu lors des campagnes. En effet, le candidat IBK avait été l’un des rares candidats à parcourir presque toutes les localités du Mali, même les plus difficiles (Kidal) alors c’est  dans ces circonstances qu’il est arrivé  au pouvoir alors qu’est ce qui  l’empêche de venir dire merci a ses électeurs ?

Un adage de chez nous est bien clair «on offre le tissu blanc à celui qui ne retient pas le bienfait d’autrui et dés que le tissu se déchire, il va se souvenir de son bienfaiteur»

Issa KABA

Source: L’Express de Bamako

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