Tiébilé Dramé aux Affaires étrangères : le temps de courber l’échine au nom de la poche

Le gouvernement dirigé par Boubou Cissé est en place depuis la semaine dernière et c’est Tiébilé Dramé qui occupe désormais le portefeuille stratégique des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Devant porter la voix du Mali et vendre son image au-delà des frontières, le président du Parena va devoir courber l’échine devant le président de la République pour prendre des ordres.

« Quand la faim assaille, il n’y a point d’oreille pour écouter », dit l’adage. C’est la raison qui expliquerait la rentrée dans le gouvernement du plus tonitruant des opposants au régime IBK. Tiébilé Dramé, virulent dans ses prises de position et stratégique dans ses communications dirigées contre le président IBK et ses gouvernements, va devoir s’asseoir à la même table qu’un chef d’Etat qu’il a passé plus de cinq ans à pourfendre et à vilipender. A l’opposition, Tiébilé Dramé, dont le parti est dans un « état végétatif » et se confond à la limite aujourd’hui avec l’URD, va défendre ce même régime avec les mots et la tendresse qui va avec. « Kolo Té nen na » (il n’y a pas d’os dans la langue), nous enseigne une sagesse populaire bambara. Donc, il peut se dédire sans gêne. Il pourra toujours tenter de justifier son entrée au gouvernement en avançant des raisons patriotiques. C’est bien beau comme explication, mais la réalité est que l’homme avait faim et était même très affamé au point de ne plus pouvoir animer son parti. C’est dans cette optique qu’il s’est mis au service du chef de file de l’opposition en qualité de directeur de campagne lors de la présidentielle de 2018. Il jouait un rôle prépondérant auprès de Soumaïla Cissé dans l’animation du front d’opposition. Bakary Togola, le président de l’APCAM, affirmait au président IBK que ses opposants ont faim et qu’il faille leur donner quelque chose. Il faut croire qu’IBK a compris cela en invitant le bélier en chef autour de la « mangeoire nationale ». Il toutefois lieu de craindre qu’il ne refuse de faire la vaisselle après.

Le « croque-mort » de la scène politique malienne avait faim au point de ravaler sa fierté et ses convictions pour participer à la gestion de celui là qu’il a combattu de toutes ses forces. Le temps qu’il arrête de compter le nombre de soldats tombés sur le champ de l’honneur et de dénoncer « les surfacturations et les détournements », il pourra utiliser les moyens de l’Etat pour parcourir le monde au nom du Mali. Surtout, Tiébilé ne doit pas oublier de comptabiliser le nombre d’heures de vol qu’il aura à faire au nom du peuple malien avec ses impôts. Déjà, l’homme a changé sa garde robe. Ils étaient nombreux les Maliens qui ont remarqué la splendeur du boubou trois pièces que portait le désormais ex-opposant lors du premier conseil des ministres. Il brillait de mille feux dans un ensemble de bazin getzner. Cela se voyait qu’il a été malmené par le temps de disette et la faim lui a fait voir de toutes les couleurs au point que ses yeux sortaient de leurs orbites.

Très content de se retrouver autour du gâteau national, M. Dramé affichait un sourire plus large que son visage. Le seul hic, c’est que l’homme avait du mal à fixer son bienfaiteur dans les yeux. Autour de la table du Conseil des ministres, il est resté coi et très gêné comme un enfant attendant des galettes.

Maintenant, il est facile de comprendre que l’homme donnait seulement de la voix pour être inviter à la table. C’est pourquoi il a clignoté à gauche avec les opposants, avant de virer à droite avec le régime.

Pour sûr, les premières déclarations de l’homme et initiatives laissent présager qu’il en avait envie. Seulement, critiquer est une chose, défendre un régime et vendre l’image d’un pays en est une autre. Avec son verbe facile et les décisions qu’il aura à prendre, on peut lui accorder le bénéfice du doute qu’il réussira cette mission au nom de « sa poche », pardon du Mali. Quand même, il va devoir courber l’échine et tendre les oreilles auprès de son patron de président.

Dieu veille !

Harber MAIGA

Source: Azalaï-Express

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