Soumi, le paradoxe amer

Exigeant et sans affect, le sévère réquisitoire tapageur et politiquement incorrect de Soumi champion contre un IBK forcément sur la sellette, est teinté d’une forte dose d’instrumentalisation cynique de l’émotion après la tragédie de Indélimane. Or, par les temps qui courent, tout procès en sorcellerie relève de la sorcellerie, tout simplement. Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive.

Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

Le commérage
INTOX
Dans un brûlot balancé suite à la tragédie de Indémimane qui a coûté la vie à 54 FAMa, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), en zappant son devoir de compassion et de solidarité envers la Nation endeuillée, se livre à son sport favori de récupération politicienne d’une situation macabre en déblatérant sur IBK : « le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita est responsable de la dramatique situation du Mali ».

DÉSINTOX
Diantre ! « Arrêtons de nous tirer dans les pattes, donnons-nous la main ». Cette sagesse est de Bakary TOGOLA, mais qui est universelle. Pendant que nos soldats tombent comme des mouches sous les balles faucheuses des seigneurs de guerre du terrorisme international au Sahel dans leur croisade obscurantiste, le devoir d’homme d’État commanderait aujourd’hui de réconforter les Maliens, plutôt que de faire du commérage contre un Président de la République pour en tirer des dividendes politiques sordides et aléatoires. ‘’Pour tout homme d’État, tout doit disparaître devant les nécessités impérieuses de l’intérêt général’’, Citation de Samuel Ferdinand-Lop ; les nouvelles pensées et maximes (1970).
Mais, pour ce regroupement éclectique désespéré et désespérant, il y a certainement de l’intégrisme et du prosélytisme politique dans cette démarche consistant à vouer aux gémonies celui qui est constitutionnellement le garant de l’unité nationale, quand l’appel au sursaut national retentit. Il n’y a pas matière à jubiler, à se délecter de la faillite d’un homme qui entraîne un pays tout entier dans sa chute.
Il y a une abjection à faire d’une ‘’évolution meurtrière de la situation sécuritaire’’ une escabelle pour un hypothétique repositionnement sur le terrain politique.
Quand IBK dit « nous sommes en guerre » ; il ne dit pas « je suis en guerre ». Cette guerre n’est pas celle de IBK, mais de tous les Maliens qui la mèneront, la gagneront ou la perdront ensemble. En cela, le sursaut national est consubstantiel à la survie nationale. Il n’y a donc aucune place pour les querelles byzantines intestines mesquines.
Il est indéniable que la gouvernance n’a pas été à hauteur de souhait. Il est aussi certain que la mal-gouvernance a un lien de causalité avec ‘’l’évolution meurtrière de la situation sécuritaire’’.
Toutefois, la «guerre messianique» à l’américaine est un si parfait révélateur des fantasmes entretenu d’aujourd’hui pour un dévoiement total de l’opinion. L’idée de pertes limitées dans les rangs de l’Armée serait davantage acceptable, parce que plus réaliste. Il faut arrêter de blablater les gens, en distribuant à tout crin les mauvais points aux autres comme s’il avait la poudre de perlimpinpin dans sa besace.

La poltronnerie
INTOX
« La responsabilité du Président de la République Ibrahim Boubacar Keita, c’est de n’avoir rien entrepris pour enrayer la corruption (…) niveau de certains hauts gradés de nos Forces de Défense et de Sécurité ».

DÉSINTOX
Ah oui ! On pouvait lire dans un communiqué du ministère de la Défense et des anciens combattants : ‘’depuis un certain temps, une rumeur enfle dans les réseaux sociaux. Des généraux de l’armée malienne y sont accusés d’être des milliardaires. Il leur est attribué, sans aucune preuve, des dizaines de milliards de nos francs et de biens immobiliers, etc. Cette velléité de nuisance est bien évidemment inacceptable, intolérable et inadmissible. Cet article vise à manipuler l’opinion publique malienne. Singulièrement, il vise à démoraliser la troupe dont l’engagement est en ce moment remarquable sur le terrain, avec des résultats forts appréciables.
L’article n’élucide que les noms des généraux et les montants de leurs fortunes en milliards de francs CFA. La source des informations ? Tout au plus, deux ambassades occidentales sont citées’’. Faudrait-il croire que le FSD est Gorge profonde dans cette fuite rocambolesque et qui a fui, comme par enchantement, le débat national ? Est-ce cette remarque du ministre de la Défense qui a douché les ardeurs des zélateurs : ‘’les noms des institutions bancaires, les modes d’accès aux comptes et aux autres propriétés des généraux incriminés font littéralement défaut ?’’
Qu’il est biscornu que le FSD qui semble très au fait de la fumeuse fortune mal acquise des hauts gradés ne bondisse pas sur l’occasion offerte par le Procureur chargé du Pôle économique et financier sur un plateau d’argent de délatter les voleurs de la République. Il préfère s’abriter derrière un communiqué pour se livrer à une infâme dénonciation calomnieuse. L’inhibition de la poltronnerie interdit certainement d’attaquer frontalement des bidasses qui ont mis en garde contre toute tentative de déstabilisation de l’institution. ‘’Le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants n’acceptera pas et ne toléra pas une quelconque tentative visant à instrumentaliser ses personnels en vue d’une quelconque campagne de stabilisation de l’État du Mali et de ses institutions. (…) Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants se réserve le droit de toute initiative allant dans le sens de la protection du moral de la troupe. Il en appelle à l’esprit de compréhension des citoyens et des personnels des FAMa’’, dit le communiqué. Ouf, et la lâcheté triompha du voyeurisme.
Qu’il est inconséquent et intrigant pour le FSD qui prétend continuer ‘’à respecter ces règles de conduite (‘’l’union sacrée autour de nos Forces de Défense et de Sécurité, l’impérieuse nécessité de préserver et de renforcer le moral des troupes’’)’’ de se livrer un caquetage de bas étage mal assumé sur le compte des hauts gradés de l’armée.
« (…) ou de responsables politiques ou étatiques connus de tous ».
Bien vu ! Enfin, les loups s’entre-bouffent. La population affamée par la cleptomanie financière des aigrefins peut exulter. Ces responsables politiques et administratifs, criminels économiques à col blanc, qui se sucrent le bec et par qui tous les malheurs arrivent doivent rendre gorge. Qu’ils rendent jusqu’au dernier centime ce qu’ils ont carotté. On peut compter sur le Procureur Kasso kè pour cela.
Soumi champion peut jacasser, se trémousser à en perdre le souffle ; mais il est lui aussi dans le viseur des tireurs couchés de la justice. Étant donné que dans méli-mélo actuel personne n’est plus épargné par l’épée de la justice, alors ‘’rira bien qui rira le dernier’’. Le grand paysan pilote qui ne se sépare plus de son chapelet à Bamako-Coura se ferait un immense plaisir de lui ‘’donner un peu’’ du contenu du Guide pratique de bonne conduite du parfait petit bagnard.

L’impertinence
INTOX
Soumi et ses comparses menacent : « nous ne nous limiterons plus à dire, à dénoncer. Nous allons agir et nous entendons agir avec tous les patriotes aujourd’hui engagés pour la survie du Mali ».

DÉSINTOX
Le respect de la mémoire des victimes des différentes attaques terroristes, de la souffrance des familles des victimes et de la nation entière, telle est la décence à minima qui était demandée à Soumi et sa boyz band. Mais les inquisiteurs, en décalage total avec le vécu et le ressenti des populations, font le choix de l’escalade de l’intimidation à la lisière du terrorisme politique. La charge de haine envers une seule personne d’IBK a obstrué la vue de Soumi champion inconsolable de sa débâcle électorale et l’a dévié du seul combat qui vaille en ces moments où le pays joue sa survie. Dans une démagogie populiste, il se voit pousser des ailes ; il décide de déclencher sa navrante guerre à Bamako, dans un éclectisme aux fresques de l’opportunisme. Il compte recruter des ‘’patriotes’’ pour la réalisation de son funeste projet ne visant que son confort personnel. Parce que lui, toujours là à chiquer la guenille, ne perçoit le Mali qu’à travers le prisme déformant d’un Président à l’origine de toutes ses désillusions, qui l’empêche de toucher le Graal. Lui, ne perçoit pas le Mali au-delà de son horizon personnel et de son agenda toujours contrarié. Il est de ceux qui, fermant les yeux, croient que le soleil a cessé de briller. Or, l’on attendait que les querelles de personne cèdent le pas à la guerre pour la délivrance du Mali pris en tenailles par les forces du mal. Hélas ! Un petit monsieur restera toujours un petit monsieur, nonobstant des moments de fulgurance.

 

Source: info-matin

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