Soumi face à la presse : « Une gouvernance sans repère »

Longtemps attendu, le chef de file de l’opposition malienne a enfin mis tout le monde à l’aise. Ne parlant pas pour ne rien dire, il observe, analyse et enquête. C’est pourquoi, après une période jugée d’hibernation, l’honorable président de l’URD était face à la presse le jeudi 30 juillet. A l’occasion, il a passé au peigne fin l’actualité brûlante de la vie de la Nation. Et de conclure que c’est une gouvernance sans repaire.

Les Maliennes et les Maliens ne pouvaient être mieux servis en ces temps qui courent que par le champion. Il est majestueusement sorti pour adoucir les cœurs.

Entouré de certains de ses lieutenants notamment le président du groupe parlementaire Mody N’Diaye, président du groupe Vigilance Républicaine et Démocratique (VRD) et Daouda Touré 1er adjoint au secrétariat général de l’URD, il a tout de suite planté le décor.

D’entrée de jeu, afin de couper court aux folles rumeurs inutiles, il dit : « Au Mali, le statut des partis politiques de l’opposition a été introduit dans le droit positif avec la loi n° 95-073 du 15 septembre 1995 abrogé et remplacé par la loi n° 00-047 du 13 juillet 2000. Le décret d’application de la loi portant statut des partis de l’opposition se fait jusqu’à présent attendre.  » Il s’agit de prouver que cette situation ne tombe pas du ciel. Surtout qu’accorder tous les bénefs au chef de file de l’opposition fut un engagement d’honneur des deux hommes qui sont partis au second tour.

Votée à l’Assemblée Nationale le 19 février 2015, la loi portant statut des partis politiques de l’opposition a été promulguée par le chef de l’Etat le 04 Mars dernier, 20 jours plus tard, Soumaila Cissé a été désigné Chef de file de l’opposition par son parti URD. Malgré tout cela, Soumi ne peut pas aujourd’hui accomplir pleinement sa mission car le décret d’application n’existe pas encore.

Devant plusieurs confrères, Soumi a déclaré que la loi accorde au chef de fil de l’opposition la possibilité de se faire un cabinet comportant 06 conseillers, de recevoir chaque mois un million de FCFA et une voiture de fonction, toutes ces charges sont prises par l’Etat. L’une des principales missions de l’opposition est de suivre l’action gouvernementale. La loi portant statut des partis de l’opposition a été adoptée pour renforcer les acquis démocratiques et consolider davantage la République. « L’URD appartient à l’opposition, cela ne doit faire l’objet d’aucune ambigüité, d’aucun questionnement », a-t-il affirmé.

Très attendu pour cette sortie, l’enfant de Niafunké a cassé la baraque. Même ces plus farouches opposants de la presse qui ne ratent aucune occasion pour lui jeter de l’opprobre ont été bien servis. Alors, parlant de l’actualité notamment la distribution des logements sociaux, Soumi dit ceci : « Si des ministres se déclarent des cas sociaux pour avoir des logements sociaux, cela inquiète ». Il veut dire que ceux qui ont postulé en tant que ministres détiennent des chez soi. Alors, ils ne font que se foutre au peuple. Des problèmes de passeports, la destruction des maisons à Souleymanebougou et l’affaire de l’engrais de qualité douteuse, de la cherté de la vie, l’accroissement non justifié du prix de la viande, l’insécurité grandissante dans nos villes et campagnes malgré la signature de l’accord de paix et la réconciliation, Soumi n’a rien occulté.

« Inutile de rappeler les dérives et les abus qui continuent de caractériser le régime en place. L’URD ne cessera jamais de les dénoncer sans aucune violence. Aujourd’hui la nation est meurtrie, la République est fragilisée, la démocratie fracturée. Les maliens se sentent humiliés, indignement traités et trahis. Ils subissent un quotidien insoutenable. Ils deviennent de plus en plus nostalgiques du PASSE « , a-t-il déclaré.

Pour Soumi, l’année 2014 a été déclarée année de lutte contre la corruption. Il indique, ce slogan a laissé la place à une course effrénée pour la promotion de la corruption jusqu’au sommet de l’Etat. « La corruption florissante, au contraire de l’emploi qui s’assèche, a atteint des proportions inquiétantes dans tous les domaines et les atteintes graves au droit des travailleurs sont devenues monnaies courantes avec des relèves de cadres et d’agents dans tous les secteurs pour seul motif politique « , a-t-il martelé.

Le président lui même l’a dit, soutient Soumi, lors des présentations des vœux à l’occasion de Ramadan, il a indiqué « Je serais désormais impitoyable », les Anglais disent  » Wait and See « ..

« Notre opposition a le devoir d’offrir au peuple malien une alternative crédible. Pour atteindre un tel objectif, nous restons ouverts à vos critiques et suggestions afin qu’ensemble nous puisons bâtir un Mali bon, juste, prospère et démocratique », a-t-il conclu.

La conférence de presse n’a pas été facile pour Soumi, beaucoup de confrères ont posé des questions très pertinentes bien répondues. Malgré tout, ils indiquent que Soumi même fait partie des hommes qui ont conduit ce pays à la dérive actuelle.

Gaoussou KANTE
Stagiaire 

 

Source: Zénith Balé

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