Soumaila Cissé met en exergue les péchés du régime IBK

Comme il le fait à chaque nouvel an, le président du parti de la poignée de main, l’URD, l’honorable Soumaila Cissé a, présenté, le lundi 27 janvier 2020 à la Maison de la presse, ses vœux de nouvel an 2020 aux hommes de médias. L’occasion pour lui de jeter les pierres dans le jardin du gouvernement sur beaux de maux qui minent la gouvernance actuelle.

Cet exercice que le chef de file de l’opposition malienne s’est imposé chaque année est plus qu’une simple présentation de vœux à la presse. C’est un lieu pour lui d’exprimer toute son ambition de faire de la presse malienne la plus enviée au monde, sa volonté de voir les journalistes maliens exercer leur métier sans être inquiétés. Quant aux journalistes, cette présentation de vœux de nouvel est un espace pour eux d’attirer l’attention de Soumaila Cissé sur les difficultés liées à la pratique de leur fonction, de faire des plaidoiries pour une presse libre, indépendante et responsable. C’est ce qu’a fait hier, le représentant de la maison de la presse, Talata Maiga. Dans sa déclaration, il a plaidé pour la dépénalisation des délits de presse, l’augmentation de l’aide à la presse ; la prise en compte de cette aide par le budget d’État.

Le député de Nianfunké, dès sa prise de parole, ne cache pas son engagement pour une presse libre et responsable. Il a déploré les atteintes contre les journalistes partout à travers le monde. Il a repris le chiffre de Reporters sans frontières qui fait état 46 journalistes tués en 2019. Quant aux journalistes emprisonnés, ils sont au nombre de 389 journalistes emprisonnés.

Le Chef de file de l’opposition trouve que le Mali est encore dans la zone rouge en ce qui concerne la liberté de la presse. Or, estime-t-il, il nous faut nécessairement renouer avec la liberté et la justice pour redresser notre pays, retrouver l’unité nationale et restaurer l’autorité de l’État. Il estime aussi qu’une presse libre est la condition d’une démocratie vivante et respectueuse de ses citoyens.

 L’appel de Soumaila Cissé aux journalistes

Le président de l’URD a profité de cette présentation de vœux pour lancer un grand appel aux journalistes maliens. Un message qui peut être considéré comme une interpellation. « Le Mali a donc besoin de vous ! », a-t-il dit aux journalistes. Pour lui, les journalistes doivent, non seulement dénoncer les dérapages mais aussi interpeller. « Continuez à dénoncer les dérives insupportables d’un régime réduit à l’inertie ! Continuez à interpeller l’opinion publique malienne et internationale ! En un mot, continuez à jouer pleinement votre rôle de 4ème pouvoir ! Votre rôle de sentinelle de la démocratie ! », a-t-il laissé entendre. Parlant des lignes éditoriales, il affirme qu’elles leur appartiennent. Dans son message, Soumaila Cissé a invité la presse à n’écarter personne, ni majorité ni opposition dans ses tirs. « Soyez des franc tireurs contre l’inaction, contre le non-respect de la parole proférée. Oui, tirez sur nous, opposition, majorité, société civile car vous êtes les garde-fous contre la dérive, la déchéance et la corruption », a-t-il dit haut et fort avant d’ajouter : « Pour l’honneur de votre profession, pour notre démocratie, pour la dignité des Maliennes et des maliens, soyez des résistants ! Oui, des résistants ».

Plus de 1800 morts en 2019

Cette présentation de vœux à la presse a été l’occasion pour le Chef de file de l’opposition de faire la peinture du tableau noir de l’année 2019. « L’année 2019 a été la plus meurtrière, au moins 1 868 personnes ont été tuées dont 888 civils contre 1739 morts en 2018 dont 871 civils.

Depuis 2012, ce sont au moins 7 104 personnes dont au moins 2 514 civils qui ont trouvé la mort dans des attaques ou des attentats », lit-on dans son discours.

Ce que pense Soumaila Cissé de la situation actuelle du pays

La présentation de vœux à la presse donne aussi l’occasion au président de l’URD de faire le survol de la situation nationale. « Nous entamons cette nouvelle année dans un contexte marqué encore par les violences de masse qui s’installent hélas durablement sur la majeure partie du territoire national, entrainant la désolation, les déplacements de population, le dénuement et le désespoir pour des millions de nos compatriotes », a-t-il déploré. Il a ainsi rappelé l’enquête qui a été ouverte, à l’Assemblée nationale, suite à sa demande concernant les « avions cloués au sol ».

Pour lui, malgré les tapages médiatiques, le Dialogue national inclusif n’a abouti à rien. « Le Dialogue national inclusif est présenté aux Maliens comme ultime solution aux maux que le pays a vécus sans qu’aucun problème du pays ne connaisse à présent un début de solution », rappele-t-il avant de déplorer : « Au contraire, les tragédies continuent, les grèves se multiplient, l’éducation de nos enfants est plus que compromise par l’incapacité notoire du gouvernement à respecter ses propres engagements vis à vis des syndicats d’enseignants ». Pour lui, les menaces ne doivent pas être une réponse à des revendications syndicales légitimes !

S’agissant des législatives, le conférencier se trouve que toutes les conditions ne sont pas réunies. Cela pourrait, selon lui, entrainer « une crise pré et postélectorale aux conséquences fâcheuses qui peuvent entacher le très fragile processus de sécurisation et de stabilisation de notre pays ».

Boureima Guindo

LE PAYS

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