Soumaïla Cissé a propos de l’an II d’IBK : « Le bilan du régime : Désillusion !»

Scandales, rien que des scandales, plus rocambolesques les uns que les autres ! De l’achat d’un avion présidentiel aux équipements de l’armée, en passant par l’histoire des engrais frelatés, des marchés surfacturés, des logements sociaux, de l’insécurité ; le régime IBK a fait des scandales sa marque de fabrique. Une triste réalité qui contraste d’avec les propos tenus (lors de l’interview donnée à l’occasion de l’anniversaire de son investiture) par IBK qui, privilégiant le verbe et la formule rhétorique sur le fond et la réalité, a servi aux Maliens une «intervention de justifications évasives, d’autosatisfaction, voire de mépris à l’égard du peuple ». Ainsi, pour apporter sa part de vérité (soutenue par des faits avérés) concernant les deux ans d’IBK à la tête du pays, le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, a rencontré la presse, le samedi dernier à la maison des aînés. Selon lui, un seul mot résume le bilan du régime actuel, « Désillusion ». Reportage.

soumaila cisse candidat presidence malienne presse ortm voyage lunettes verresUn point de presse à l’allure d’un meeting (tant les militants avaient investi la salle de conférence) ; tel semblait le cadre choisi par le chef de file de l’opposition pour se prononcer sur les deux années d’exercice du pouvoir par le président Ibrahim Boubacar Keïta. Occasion pour le conférencier de revenir sur les dérives de l’actuel régime, vraisemblablement abonné aux gros scandales, sur fond de népotisme et de clanisme…

Des maux qu’IBK a expressément tenté de gommer avec des mots, lors de l’interview qu’il a accordé à l’Ortm, il y a quelques semaines.  La réalité est tout autre: « Désillusion pour les populations qui vivent depuis en zone occupée notamment à Kidal. Désillusion par rapport aux attentes des maliennes et des maliens de l’intérieur comme ceux de la diaspora. Cette déception est aggravée par de gros scandales relatifs à l’achat de l’avion présidentiel, aux équipements de l’armée, aux engrais frelatés, aux marchés surfacturés, aux logements sociaux, à l’insécurité, à la cherté de la vie…».

En effet, à l’occasion de la présentation des vœux pour la fête du ramadan, IBK ne reconnaissait-il pas, que : « il y a trop de dérivés, trop de rétro-commissions, ça suffit… ». Dès lors, l’on le croyait avoir cerné les failles de sa gouvernance. Mais hélas, rien de concret depuis. Et comme pour narguer les citoyens, qui  attendaient des propos conciliants et objectifs face aux difficultés qu’ils vivent ; IBK, lors de l’interview, a  choisi la rhétorique.

Pour preuve, concernant l’équipement des forces armées (un des promesses fortes du candidat IBK), le président indiqua que les efforts consentis en faveur de l’armée ont permis de donner à “chaque élément ses trois tenues” alors qu’auparavant on voyait des “soldats dépenaillés” avec des treillis totalement usés. De telles déclarations constituent, de l’avis de Cissé, une erreur d’appréciation de la réalité voire une faute sinon une insulte à l’intelligence de nos compatriotes qui vivent le martyre, souffrant dans leur âme et dans leur chair.

Suffit-il de donner à son armée des tenues correctes et rutilantes pour lui permettre de se battre contre l’ennemi ? S’interroge l’opposition. Qui estime que notre pays doit être prêt à faire face à l’ennemi à tout moment et partout au Nord comme au Sud. Pour ce faire, nos forces armées doivent être dotées de tous les moyens nécessaires pour défendre l’intégrité territoriale.

Aussi, face à la situation sécuritaire qui se dégrade de jour en jour avec des attaques partout sur l’ensemble du territoire, le Président a lâché que “nulle part au monde il n’y a la sécurité absolue”. Pour l’Urd, une telle déclaration n’est pas de nature à rassurer les citoyens maliens au regard de l’insécurité exacerbée et insupportable qui s’est installée dans leur quotidien. « C’est une excuse trop légère voire provocatrice au regard du contexte actuel de notre pays » selon Cissé.

Sur l’accord de paix, le Président, qui n’en reconnaît ni les insuffisances ni les difficultés actuelles liées à son application, a indiqué que depuis sa signature, “les choses bougent…nous sommes tous décidés à concrétiser ses engagements”. Cela s’appelle une fuite en avant, à en croire Soumaïla Cissé qui prévient que l’application de l’accord sera ardue et chaotique.

A propos du développement économique et social, « le Président de la République s’est limité à mettre en avant les potentialités du pays dans le domaine agricole » a déploré le chef de file de l’opposition. Et « le grand commentaire fait par le régime sur le taux de 7,2% de croissance en 2014 est à relativiser », selon Cissé,  car il ne s’agit pas d’une performance particulière puisque le taux de croissance d’une année normale est toujours très élevé par rapport à une année précédente mauvaise ou de crise. Économiste chevronné qu’il est, il expliqua que « de façon générale, sur la période 2012-2014 le taux de croissance économique moyen a été de 3% contre un taux démographique de 3,6% sur la même période. Indiscutablement le taux affiché en 2014 est élevé mais pas extraordinaire. Il n’a pas infléchi le taux de pauvreté qui reste toujours de 46% en 2014 ».

Insécurité- vie chère…

Quid des 200 000 emplois promis aux jeunes lors de la campagne présidentielle? Pour l’opposition, le Président, qui a déclaré que  tout le monde ne peut pas travailler dans les bureaux, n’a pas répondu directement à la question. L’Urd note que les jeunes ne demandent qu’à travailler et affirme que dans un pays comme le nôtre, de nombreuses opportunités existent. « Sur le plan économique, à part des incantations sur l’agriculture et l’affirmation d’un volontarisme verbal stérile aucune perspective sérieuse n’a été esquissée.

Tout cela s’explique aisément par l’absence de leadership, de programme et de vision. Résultat : cacophonie gouvernementale, improvisation et faux coups d’éclat à l’image des casses sélectives dans l’immobilier, des nominations intéressées et incohérentes ! », dixit le conférencier. Et de préciser que les déceptions et les conflits générés à cet effet sont l’illustration parfaite de la politique de mal gouvernance mise en place.

En résumé, pour Soumaïla, toutes les questions pertinentes de l’heure ont été passées sous silence. « Les dérives, les retro commissions, ce n’est pas important c’est du passé…..La délinquance financière, la corruption, cela n’est plus d’actualité pour le Président qui a répété avoir transmis le dossier à la justice en même temps que 200 autres depuis qu’il est arrivé à Koulouba. L’insécurité, la cherté de la vie, ce n’est pas qu’au Mali qu’on les connaît nous dit le Président. Belle esquive, faible excuse! »

En conclusion, ajoute-t-il, les Maliens ne retiennent de cette intervention télévisée d’autosatisfaction, ni enseignements ni espoir pour ceux qui vivent au quotidien aujourd’hui plus qu’hier les affres de l’insécurité et du mal vivre économique et social. Par conséquent, le président de l’Urd a rappelé au Président de la République « QU’ON NE CHANGE PAS UNE SOCIETE PAR DES MOTS ».

Accointance avec…Tomi

Autre temps fort de la cérémonie, fut la projection d’un film documentaire sur les deux ans d’IBK, ce président élu avec 77,6% de voix lors de l’élection présidentielle de 2013. Aujourd’hui, dit-on dans le film, l’espoir immense suscité par son élection a été vite entamé par un certain nombre d’affaires et de dérives. Il s’agit du scandale financier ayant révélé la dilapidation des fonds publics lors de l’acquisition inopportune d’un second avion présidentiel à prix variable (7, 17, 18 ou 20 milliards selon) ; les surfacturations avérées lors de l’achat d’équipements militaires pour 69 milliards de francs ; l’octroi frauduleux d’une garantie bancaire de 100 milliards accordée au fournisseur lors de la passation dudit marché ; le népotisme avéré au sommet de l’État : ‘‘Le Mali d’abord’’ devient ‘‘Ma Famille d’abord’’.

S’y ajoutent, les accointances l’homme d’affaire corse au passé trouble, Michel Tomi surnommé le parrain des parrains ; la levée des mandats d’arrêts à l’encontre de membres de groupes armés insurgés, puis leur libération et cela sans procès ; le désaveu de la politique du Président par son Premier ministre Oumar Tatam Ly; des sanctions économiques prises par les institutions internationales, comme le FMI.

Auparavant, la salle a observé de silence en la mémoire de tous nos compatriotes et amis étrangers disparus pendant cette longue période de crise sécuritaire que traverse le Mali. Aussi, a rassuré Soumaïla Cissé, l’Opposition, malgré le fait d’avoir été marginalisée, s’assume et jouera toujours son rôle républicain.

Issa B Dembélé

Source: L’Aube

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