Scandale juridico-foncier à Kalabanbougou : Le Pm rattrapé par son passif de maire

Après son incarcération pour abus de pouvoir, le clerc de l’huissier Moussa Keïta comparaîtra probablement le 2 Septembre 2014. Son procès reposera, sans doute et strictement, sur les contours à même la mesure de la démolition des concessions sises sur 24 ha litigieux à Kalabanbougou. Néanmoins, Il sera difficile de passer sous silence ce scandale au point d’occulter totalement les connexions de l’actuel Premier ministre sur une affaire qui dégage les relents de ses manœuvres politiques. Pour combien de temps la puissance du Premier ministre Moussa Mara couvrira les indélicatesses du maire Moussa Mara ?

 pm premier ministre moussa mara interview

L’actuel chef du gouvernement, aussi intègre qu’il en donne l’air, a visiblement trempé dans ledit dossier, lors de son arrivée fracassante en Commune IV où il a décroché la mairie, contre vents et marrées, à l’issue des Elections communales 2009. Sera-il dans le pétrin de Thémis ?

Tout porte à croire que les vingt-quatre hectares concernés, de sources concordantes et documents à l’appui, furent bel l’objet d’une convoitise à laquelle les plus hautes autorités ont accédé à travers le conseil des ministres extraordinaire l’ayant attribué à la Cnam (ancien Institut Marchoux) pour les besoins d’extension de ses services et d’habitation des malades blanchis de la lèpre.

Suivant les documents qui en font fait foi, ladite attribution, en plus de reposer sur une enquête foncière, a également fait l’objet de travaux d’abornement régulièrement menés par des spécialistes agréés en la matière, en occurrence le cabinet Topo Mandé mandaté pour les besoins de la cause. Mais, comme toute attribution, celle de Kalabanbougou, réserve foncière, ne pouvait faire exception à une règle, qui consiste à ériger un mur de contestations devant chaque attribution de terrain. Comme partout ailleurs, l’obstacle devait venir du côté des exploitants coutumiers de la zone. Lesquels s’en sont vigoureusement pris aux bornes de délimitation et réussirent finalement à créer un litige judiciaire sur l’endroit. En dépit donc des travaux de lotissement régulièrement conduit, le nouvel acquéreur du TF 180 devait surseoir à en disposer jusqu’à ce que le contentieux soit complètement vidé.

 

Quand la politique s’en mêle

Entre temps, les contestataires ont trouvé leur filon quasi inespéré lors des Elections communales de 2009. Constitué en association, ils se sont rabattus sur le candidat le plus réceptif, le plus disposé à leur miroiter des assurances quant à leurs prétentions foncières velléitaires. Il s’agit de Moussa Mara. À coups de mirobolantes promesses électoralistes, l’intéressé a pu ratisser large lors des municipales concernées en traduisant cette fois par un franc succès ses performances de 2007. Seulement voilà ! Le maire n’a chiche de pousser le populisme jusqu’à feindre respecter un engagement aussi irréaliste que la restitution de terres régulièrement attribuées par un conseil des ministres.

Pour ce faire, le nouveau maire de la Commune IV, le vent en poupe en son temps, est même allé jusqu’à vouloir remettre en cause l’attribution des hautes autorités, exigeant de la Cnam, acquéreur de la superficie concernée, de lui fournir la pièce justificative de chaque étape de la procédure de transfert du TF 180. C’est tout l’objet d’une correspondance que le maire de la C IV a adressée au directeur de cette structure, au motif de s’assurer que les 24 ha de Kalabanbougou ont été régulièrement attribués par qui de droit. Et de prévenir, dans la même missive, que sa position sur le devenir des superficies en question sera déterminée par les preuves qui lui auront été apportée quant à la légalité dudit TF, aux fondements juridiques de la commission interministérielle mise en place pour sa gestion, entre autres. Lesdites exigences ont été naturellement toutes satisfaites. Car, aucune démarche n’a enfreint la procédure dans l’affectation du titre au Cnam.

Comble de paradoxe et d’incohérence ! Le maire de la Commune IV, deux années auparavant, signait des deux mains l’attribution de 136 parcelles sur le même TF N° 180, prélevées sur le quota de la Cnam, pour le compte notamment des travailleurs de ladite structure. Au demeurant, la décision y afférente mentionne noir sur blanc qu’il s’agit des 5 ha de la Cnam sur le litigieux TF. Que diable met-il alors en doute la régularité d’un titre ayant fait l’objet d’une attribution partielle par ses propres soins ? Allez savoir !

En tout cas, les observateurs les plus attentifs n’ont d’explication à ce volte-face que les motivations et calculs politiciens du candidat en pleine campagne présidentielle, dont la course à l’électorat survient pendant que le contentieux des 24 ha de Kalabanbougou atteignait sa vitesse de croisière.

Tout porte à croire, une fois de plus, qu’il agissait pour faire bonne mine face à des populations auxquelles il avait jadis promis d’obtenir un sursis à l’affectation du titre, quoique soutenue par une décision du Conseil des ministres en bonne et due forme. Ce faisant, le maire de la C IV n’aura manifestement réussi qu’à grossir les rangs de ses partisans et occupants anarchiques d’une zone, au point d’y détenir un siège propre à son parti politique. Il s’agit vraisemblance d’un bâtiment érigé sans lettre d’attribution, ni autorisation de construire comme toutes les concessions démolies sur décision de justice.

Prononcées tour à tour au détriment de ses protégés les décisions de justice sont tombées comme un couperet sur la tête de l’actuel Pm qui, selon les langues fourchues, a été interpelé sur la démolition des empiétements au TF 180 par qui de droit et au plus haut sommet de la pyramide régalienne. Difficile pour lui de reconnaître sa partition dans le litige. Alors, il s’est rabattu sur son ministre de la Justice.

Pour combien de temps la puissance du Pm Moussa Mara pourra couvrir les indélicatesses du maire Moussa Mara ?

A. KEITA

SOURCE: Le Témoin  du   19 août 2014.
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