Saupoudrage autour des 200 000 emplois : Voici comment le régime s’est royalement “foutu” des Maliens…

La problématique de l’emploi des jeunes avait été pompeusement présentée comme une des préoccupations majeures de son quinquennat. Si après 4 ans d’exercice du pouvoir, les chiffres avancés par différentes institutions de l’Etat en termes de nombre d’emplois créés ou offerts, ne sont forcément pas contestables dans la forme, le fond d’une politique saupoudrée mise en œuvre par le président IBK et ses valets, constitue une des plus grossières insultes jamais faites aux Maliens.

 En effet, aucun Malien n’est jusqu’ici parvenu à déterminer avec exactitude les secteurs où ces soi-disant emplois ont été créés. Une politique mensongère d’une rare expertise soigneusement organisée par le gouvernement et ses suppôts en vue de sauver, à tout prix, le mandat du président Ibrahim Boubacar Kéita.

Par ailleurs, il faudrait tout d’abord signaler que depuis l’accession d’IBK à la magistrature suprême, l’essentiel des postes pourvus au sein de l’arène politique et autres structures étatiques, ne l’a été que sur fond de népotisme avec, comme principaux chefs d’orchestres, le bureau politique national du RPM et la famille présidentielle : ces deux super institutions qui, aujourd’hui, tiennent les véritables rênes du pouvoir.

Par conséquent, nul besoin de rappeler que, pour pouvoir espérer quelque chose, il fallait être un proche de ces super structures, ou, à la rigueur, membre d’une des formations politiques issues de la majorité présidentielle. Pour les Maliens de seconde zone, ça pouvait encore attendre, peu importe le prolongement de leur souffrance. Ce qui n’a pas tardé à donner lieu à une avalanche de grognes sociales survenues ces dernières années ainsi qu’un taux d’immigration et de banditisme à grande échelle jamais atteint dans ce pays, fruit de la traîtrise politicienne d’un régime népotiste, oligarque et insouciante.

D’où, la colère exacerbée d’une jeunesse au bord du désespoir mais plus que jamais consciente de sa responsabilité historique et qui ne veuille dorénavant plus se laisser duper par des gouvernants aussi malhonnêtes que ceux-là qui n’ont eu autre plan que de chercher à nous enfoncer la tête dans le sable.

Maouloud Ben Kattra : le ministre de la honte

Ce syndicaliste chevronné reconverti, en un laps de temps, en fin politicien au service de la mafia présidentielle, est un des éléments clés d’une politique mensongère minutieusement ficelée par le régime en place.

Cet enseignant manipulable à souhait, est, en même temps, celui qui, lors de sa récente tournée de sensibilisation dans les différentes communes de Bamako, avait été copieusement hué par des jeunes en colère qui, ouvertement, lui reprochaient de mentir sur des chiffres qui n’ont jamais été vérifiés.

En outre, le ministre Maouloud Ben Kattra, qui est actuellement au cœur d’un scandale pornographique et qui continue, becs et ongles, à se maintenir au gouvernement malgré de nombreux appels à la démission en vue de sauver le peu d’honneur qui reste au régime, aura été l’une des pires illustrations politiques et institutionnelles de tout le quinquennat d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Son rôle central dans la mise en place d’un système de saupoudrage savamment conçu autour des 200 000 emplois promis par IBK, lui aura valu toute l’antipathie des Maliens, en particulier, la population désœuvrée qui peine toujours à confirmer les prétendus emplois créés par le pouvoir et lesquels chiffres n’ayant cessé de faire l’objet d’une véritable cacophonie arithmétique au sein du gouvernement.

L’incapacité aigue d’un régime foncièrement mal préparé aux exigences

Pour ce qui concerne la prétendue offre des 200 000 emplois largement diffusée par les médias propagandistes du pouvoir sur fond de désordre et saupoudrage, les tenants du régime se sont littéralement servis d’une des plus grotesques farces jamais initiée par un gouvernement de ce pays.

Des institutions comme le ministère de l’Emploi et la Formation professionnelle, le ministère du Travail et la Fonction publique, la direction générale de l’ANPE, la direction générale du Fafpa etc., ont été pleinement mises à contribution pour exécuter une politique irrévérencieuse qui ne soit autre que le reflet de l’incapacité désespérée d’un régime foncièrement mal préparé aux exigences de l’heure, car ne possédant aucune feuille de route répondant aux attentes légitimes des Maliens.

Ainsi, dans presque toutes les régions administratives du Mali, des responsables des directions des institutions ci-dessus mentionnées ont officieusement procédé à une vaste opération sélective de plusieurs centres de métiers pour ensuite octroyer aux chefs de ces centres répertoriés, une somme forfaitaire de 200 000 F CFA chacun en demandant à ceux-ci d’offrir, à leur tour, une formation professionnelle de trois mois à, au moins, quatre jeunes dont l’identité sera soigneusement enregistrée par les services en charge d’une telle mascarade pour ensuite intégrer le nombre dans la comptabilité générale des emplois offerts ou créés.

Des jeunes chômeurs utilisés comme objet de propagande gouvernementale

La quasi-totalité des jeunes ayant reçu ces soi-disant formations professionnelles, étaient déjà en apprentissage dans lesdits centres de métiers (soudure, menuiserie, mécanique générale, teinture, couture, agriculture, etc.) avant d’être sélectionnés par des agents de l’Etat affectés à ces travaux de bricolage. A la fin de chacune desdites formations, ces mêmes agents revenaient avec des kits complets (outils de travail) qu’ils remettaient aux récipiendaires en guise de remerciements ou encouragements.

Mais en réalité, aucun emploi digne de ce nom, n’a été offert à aucun de ces jeunes desquels, l’on s’est plutôt politiquement servi juste pour une formalité référentielle des chiffres avancés. Par contre, dans le cadre de l’application d’une politique combien honteuse du pouvoir, le district de Bamako a été écarté à dessein pour des raisons que tout le monde sait. Mais le gouvernement ne s’est pas arrêté à ces seules formes de magouilles.

Depuis l’an I du mandat d’IBK à nos jours, tous les contrats de travail enregistrés par l’Inspection du travail, tant au niveau régional que central, ont été subtilement ajoutés à des statistiques joliment peintes par le ministère. Même les contrats professionnels de seulement deux mois, y ont également été comptabilisés. De grandes entreprises du secteur privé, pourvoyeuses d’emplois, ont été aussi approchées à cet effet. Celles-ci ont été sommées de fournir au ministère de l’Emploi, la liste de tous les contrats d’emplois signés depuis 2013 à nos jours.

Mme Diarra Raky Talla : une autre complice d’un mensonge d’Etat

En plus de Maouloud Ben Kattra du ministère de l’Emploi et la Formation professionnelle, Mme Diarra Raky Talla de la Fonction publique sans oublier Ibrahim Ag Nock de l’ANPE, ont, eux aussi, tous activement participé à ce conglomérat de foutaises injurieusement élaborées dans le seul objectif de réussir le pari d’un mensonge insolent divulgué au péril de tous les chômeurs du Mali.

La même ministre du Travail qui, lors des négociations avec les salariés de l’Huicoma, avait été carrément vomie par les femmes de Koulikoro qui l’ont frontalement traitée de ministre menteuse, car n’ayant respecté aucune de ses promesses, est la même dame qui s’est gaillardement érigée en défenseuse attitrée de la politique mensongère d’IBK en ce qui concerne les 200 000 emplois promis aux Maliens lors des campagnes présidentielles. Cette posture fallacieuse, outre son arrogance démesurée, lui vaut aujourd’hui tout le désaveu des Maliens.

Il est, en outre, nécessaire de signaler que le nombre intégral des volontaires de l’Apej ayant bénéficié d’un an de stage dans différents services publics ou privés depuis l’amorce du quinquennat présidentiel, a aussi été pris en compte dans les statistiques du ministère de l’Emploi toujours dans la même et seule optique de maquiller des chiffres.

Même le nombre de toutes les personnes enregistrées à l’Office national du transport (ONT) comme nouveaux acquéreurs de permis de conduire (toutes catégories confondues) depuis le début du mandat d’IBK, a été frauduleusement comptabilisé dans une statistique de propagande qui n’a jusqu’ici convaincu personne en termes d’emplois offerts aux Maliens comme ne cessent de le prétendre les thuriféraires du régime.

Comme on le voit sans équivoque, tout ce tas de mensonges racontés autour des 200 000 emplois par le régime et ses concussionnaires de premier ordre devrait encore une fois permettre aux Maliens de mieux connaître le genre d’homme qu’ils ont maladroitement élu à la tête du pays. Car, en définitive, l’on constate très clairement que le bien-être du peuple malien n’a figuré qu’en dernière ligne du projet de société du président Ibrahim Boubacar Kéita et, de surcroît, en caractères invisibles.

Dilika Touré

 

Source: La Sirène

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