Sans Tabou: transition, nominations qui font polémique

Le mercredi dernier, les Maliens ont assisté hébétés à une avalanche de nominations de militaires aux postes de gouverneur de région. Au total, ce sont 11 officiers supérieurs qui troquent contre leur treillis l’uniforme de commandement. Sans prétention aucune de remettre en cause leurs compétences à relever avec panache les défis qu’impose leur nouvelle fonction de gouverneur, ce, au regard du parcours exceptionnel des uns et des autres, l’on ne peut néanmoins s’empêcher de remarquer tout le gâchis que représente ces nominations pour l’Armée en pleine campagne contre une nébuleuse terroriste qui endeuille quotidiennement le pays.

 

Si un général comme Kéba SANGARE, à force d’être utilisé pourrait être usé, peut être épargné et redéployé pour d’autres missions, est mis au vert, figurent par contre sur la longue liste de jeunes officiers qui ont eu à peine le temps de rendre à la nation tout l’investissement qui a été consenti à leur faveur, en termes de formation, lesquels abandonnent ainsi précocement le terrain. Ce, au moment où les forces de défense et de sécurité ont le plus besoin de leur expertise. Les exemples peuvent foisonner d’officiers valeureux qui ‘’désertent’’ le champ de bataille pour le confort d’un bureau de gouverneur à la faveur de ces promotions burlesques. Prenons le Colonel-major Abass DEMBELE qui n’est plus à présenter, pour ceux qui s’intéressent un peu à l’Armée. Il est formé en France et aux États-Unis, notamment en contre-terrorisme. Après la victoire de la rébellion touarègue qui chasse l’armée de Gao, en mars 2012, le Colonel-major Didier DACKO devenu général le met à la tête du groupement des commandos volontaires, une compagnie de ‘’forces spéciales’’ maliennes formées par rassemblement des soldats les plus motivés. Comme on peut le voir, le background est impressionnant.
Mais, il n’est pas le seul. On peut citer également le Colonel Amara DOUMBIA sorti de l’École de guerre de Moscou.
Le Colonel Amara Doumbia, Major de promo, a honoré le Mali, avec l’obtention de la Médaille d’or et le Diplôme Rouge russe. Distinction qui lui a été décernée par le Chef d’état-major Général des Forces Armées russes. Combien d’autres officiers qui font le break ou admis à la retraite anticipée pour le service militaire d’active sont-ils dans les rangs du contingent des néo-gouverneurs ?
Par ailleurs, l’on s’interroge sur le bénéfice de nommer des gouverneurs à la tête de régions qui n’existent que sur papier et dont ce n’est pas demain la veille de l’opérationnalisation. Gouverneur de la région de de Nara, gouverneur de la région de San, n’est-ce pas de la cocasserie ? Comment peut-on soustraire des missions de terrain des officiers à la compétence avérée, en temps de guerre ? Après tout, on peut faire l’économie de se faire des nœuds au cerveau au sujet de cette aberration en raison des nombreuses autres sollicitations de cogitation. Parce que les temps sont caillou.
Enfin, il est indéniable que la nomination d’une ribambelle de bidasses gouverneurs est une concurrence déloyale aux administrateurs de carrière qui ne prospéreront jamais, a contrario, dans un cadre militaire. Pour preuve : sur 11 nominations, au titre du ministère de la Défense et des anciens combattants, en Conseil des ministres, le mercredi dernier, 1 seul est civil et fait office de chargé de mission.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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