Sans Tabou: les agissements peu républicains de l’opposition

L’opposition, dans l’exercice de son droit démocratique, se radicalise et est en train de plomber le processus de paix et de réconciliation nationale dans lequel notre pays est engagé avec l’appui de la communauté internationale. De boycott en boycott, l’opposition torpille les actions du gouvernement. Des faits pourtant qui concordent moins avec son devoir dans notre contexte démocratique. Que dit le texte portant Statut de l’opposition vis-à-vis de ces comportements anti-démocratiques ?

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Dans sa mise en œuvre, l’Accord pour la paix et la réconciliation prévoit que chaque acteur malien et les parties prenantes jouent au franc jeu en vue de l’atteinte des objectifs fixés. Principalement, il s’agit de rassembler les Maliens autour de la République du Mali et des valeurs démocratiques.
Paradoxalement à ces exigences, l’Opposition malienne conduite par le chef de file, Soumaila CISSE, non moins président de l’Union pour la république et la démocratie (URD) ne semble pas prendre en compte toute la mesure des enjeux de la situation, surtout dans le domaine spécifique de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale si chèrement acquise, avec la mobilisation de toute une communauté internationale.
Alors que le gouvernement, du mieux qu’il peut, agit à respecter ses engagements dans l’accord, l’opposition s’engage dans une logique de sabotage et de boycott. Elle se radicalise et se met à torpiller des actions du gouvernement rentrant dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix. Deux faits récemment signés par le contre-pouvoir témoignent de ses agissements peu républicains et démocratiques qui jurent avec ses devoirs pour la stabilité dans le pays.
Primo, le 30 mars, à l’Assemblée nationale, lors du vote du projet de loi sur les autorités intérimaires, l’opposition a claqué la porte de l’hémicycle en refusant de prendre part au vote. Et pourtant, il s’agissait là d’un engagement pris par notre pays, à travers l’accord de paix accepté par tous. Elle arguait que ces autorités intérimaires consacrent la partition du pays en des entités différentes. Secundo, pas plus tard que le mardi dernier, les partis politiques de l’opposition ont également décidé de ne plus participer au cadre de concertation entre le ministère de l’Administration et la classe politique. Là aussi, l’opposition dans ses mesquineries politiques dit avoir compris que l’État ne veut pas prendre en compte les vrais problèmes politiques et institutionnels du pays, entre autres. Ainsi, l’opposition laisse entendre sa volonté de boycotter le reste du processus électoral qui doit être parachevé par les élections communales, régionales et du district.
À l’analyse de ces faits, l’opposition qui se dit républicaine et démocratique rend la tâche difficile au régime, en violant de façon systématique son statut, notamment dans son article 11 qui dispose : « Sans préjudice des dispositions de la loi portant charte des partis politiques, les partis politiques de l’Opposition agissent en tous lieux et en toutes circonstances dans le respect de la Constitution, des lois et règlements de la république ». À cet effet, dans l’alinéa suivant, les partis politiques de l’Opposition ‘’sont tenus de respecter des autorités légalement établies ; d’œuvrer à l’instauration d’une culture démocratique par l’information, la formation et l’éducation des citoyens ; de veiller au respect des principes de souveraineté nationale, de l’intégrité du territoire, de la forme républicaine de l’État, de l’unité nationale et de la laïcité de l’État ; de défendre l’intérêt supérieur de la nation’’.
Outre cette disposition, l’accord pour la paix et la réconciliation nationale fait obligation à la classe politique, dont l’opposition, à agir dans le sens de l’apaisement et du respect de l’esprit et la lettre dudit accord. Contrairement à tout cela, au lieu de tenir compte du contexte politique et sécuritaire du pays, d’aider le régime en place en vue d’une sortie heureuse de la crise, l’opposition, chaque jour qui passe, piétine les actions initiées par le gouvernement, dans le sens de la mise en œuvre de l’accord.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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