Sans Tabou: bataille de légitimité, un terrain fertile pour la COVID-19

Après deux grands rassemblements organisés par le M5-RFP, les 5 et 19 juin, pour demander la démission du président de la République ; la Convergence des forces républiques s’apprête elle aussi à mobiliser ses militants et sympathisants dans la rue, ce samedi pour exprimer son soutien aux institutions. Malgré la persistance de la pandémie du COVID-19, les partisans et détracteurs du pouvoir en place continuent de rivaliser dans la mobilisation pour la défense leurs intérêts égoïstes.

 

Au moment où le Comité scientifique et les médecins chargés de la prise en charge des malades du coronavirus se battent pour gagner le combat contre cette pandémie, certains Maliens s’illustrent dans l’organisation d’événements favorisant sa propagation. L’on se demande si les initiateurs de ces manifestations mesurent réellement la gravité de cette pandémie et ses effets néfastes sur l’économie du pays.
Après deux sorties gigantesques du M5-RFP au cours desquelles des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à la place de l’Indépendance sans aucun respect des mesures-barrières, les soutiens du régime s’apprêtent à en faire autant. Ceux-ci ont sursoit à leur manifestation qui était prévue pour le 12 juin dernier. Moins d’un mois après, ils reviennent à la charge alors que la Covid-19 guette toujours dans notre cité. En tout cas, ces démonstrations de forces sont contraires aux mesures édictées pour contrecarrer la propagation du Coronavirus.
Pour une capacité d’accueil de 5 000 personnes, les responsables de la Convergence des forces républicaines s’étaient donné comme objectif de mobiliser 15 000 personnes au Palais des sports, hier jeudi, pour une assemblée générale. Aussi, pour le rassemblement de demain samedi, la CFR table-t-elle sur quelques millions de personnes.
Pour leurs démonstrations de force, les pro et anti pouvoir foulent aux pieds la santé des Maliens. Les manifestants sortent sans masque et s’entassent sans aucun respect des mesures sanitaires. La seule chose qui compte pour les organisateurs est de gagner leur pari de la mobilisation. Les conséquences sur la propagation du coronavirus qui reste toujours une réalité au Mali sont leur dernier souci.
Pire, les autorités cautionnent l’organisation de ces grands rassemblements en donnant les autorisations, sans s’assurer que les mesures sanitaires seront respectées alors qu’il est établi que le risque de transmission du coronavirus devient grand lors des rassemblements massifs.
Certes, les manifestants sont dans leurs droits de manifester, mais avec la crise sanitaire actuelle, la logique voudrait qu’ils respectent les mesures édictées par les autorités.
Le mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse, le Coordinateur national de la réponse COVID-19, le Pr Akory Ag IKNAME, a déclaré ceci : « nous n’avons aucune prétention de dire que nous sommes en train d’éradiquer la pandémie ». Ce qui veut dire que la menace est toujours réelle et que les populations ne doivent pas baiser de garde.
Aussi, une lettre lette du Comité scientifique COVID-19 adressée à la Fédération malienne de football sur la reprise des compétitions atteste que la menace est d’actualité. Il s’agit entre autres : « renforcer des mesures de surveillance Covid-19 lors des regroupements ; faire le test de dépistage à tous les acteurs ; faire jouer les matchs à huis clos ; respecter les mesures-barrières ; mettre des dispositifs de lavage des mains à l’entrée de chaque stade ; faire respecter la distanciation physique et le port de masques… »

PAR MODIBO KONE

Source : INFO-MATIN

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