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Rétrospective de l’année 2016 : Les faits marquants de la vie nationale

La page de 2016 est tournée depuis une semaine. Pour le Mali, l’année fut, naturellement, éprouvante à l’instar des quatre précédentes du  fait des effets de la crise multidimensionnelle qui frappe le pays depuis 2012.

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Elle laisse derrière elle son lot d’acquis et d’épreuves, mais aussi d’actes politiques échelonnés tout au long des douze mois. Ainsi, du 1er janvier au 31 décembre, plusieurs faits ont marqué la vie de la nation aux plans politique, social, sécuritaire, économique et diplomatique. La fin d’année a été fondamentalement mouvementée pour le régime, notamment pour l’Assemblée nationale, le gouvernement et le président de la République.  Chronologie !

1er janvier : le discours de tous les motifs d’espoir

 

A l’occasion du nouvel an 2016, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta a livré un message d’espoir et d’avenir. IBK a montré sa volonté d’aller de l’avant et d’écrire les plus belles pages de l’histoire du Mali. Cette volonté de transcender des difficultés structurelles et conjoncturelles a été, de tout temps, le trait de caractère des grandes nations et des grands peuples, selon le chef de l’Etat. “Personne, ni rien ne réussira à nous faire dévier de cette trajectoire historique”, promet-il. Pour Ibrahim Boubacar Kéïta,  le meilleur est à venir. Et il a appelé le peuple malien à y travailler avec lui, avec méthode, constance, abnégation et avec foi.

Plus concrètement, IBK entendait remettre le Mali sur le chemin de la renaissance. “Grâce au sacrifice de ses filles et de ses fils, le Mali est de nouveau débout; il reprend, avec détermination, sa marche historique pour une quête de prospérité partagée qui profitera à chaque membre de la communauté nationale”, a-t-il rappelé. Il en veut pour repère, la robustesse des investissements structurants consentis ainsi que la belle tendance régulière à la croissance de l’économie malienne qui sont de réels motifs d’espoir pour les laborieuses populations de notre pays qui ont payé un lourd tribut à la crise. Pour IBK, l’économie malienne a été structurée autour du secteur agricole pour en constituer le moteur. Des progrès importants y ont été réalisés. Toutefois, les performances de ce secteur restent nettement en deçà de notre espoir collectif, tant les potentialités dont il regorge restent insuffisamment exploitées. C’est pourquoi, le chef de d’Etat dit avoir à cœur de transformer qualitativement l’Agriculture à l’effet de hisser le Mali au rang, toujours envié mais jamais atteint, de “Grenier de l’Afrique de l’Ouest“.

Dans cette perspective, d’ambitieuses réformes sont en cours qui devraient, à terme, transformer  l’agriculture malienne et en faire un secteur pourvoyeur intensif d’emplois et de revenus conséquents, par l’exportation de produits du cru et de produits transformés. Le taux de croissance a été d’au moins 5% en 2015, et, selon lui, tout amenait à penser que cette tendance se consolidera en 2016.

En matière de finances publiques, les Partenaires techniques et financiers ont consenti, en octobre 2015, à Paris, pour la relance économique et le développement du Mali, un engagement financier de l’ordre de 2 120 milliards de Fcfa pour la période 2015-2017, dont 397 milliards de Fcfa seront alloués exclusivement au développement des Régions du Nord. Cet argent contribuera fortement à l’amélioration des conditions de vie des Maliens dès cette année.

Au chapitre de l’industrie et du commerce, le Gouvernement a signé des contrats de performance avec des unités industrielles du secteur textile et conclu des protocoles d’accord avec la Société chinoise pour l’industrie légère (Cletc) en vue de la réalisation de quatre unités industrielles pour un investissement de 100 milliards de Fcfa. Il faut s’attendre alors à la création de milliers d’emplois surtout si ces usines peuvent transformer nos produits sur place.

Par ailleurs, afin d’améliorer l’accès au financement des Pme-Pmi, le Gouvernement a-t-il entrepris de donner un nouveau souffle au secteur de la microfinance. A cet effet, un projet de Politique nationale de développement de la microfinance et son Plan d’actions 2016-2020 ont été élaborés.

Aussi en 2016, le secteur minier devrait connaitre une aube nouvelle supportée par : d’une part, les multiples initiatives de réformes institutionnelles, et d’autre part, le renforcement des capacités, grâce à la construction de l’Ecole africaine des mines.

Pour ce qui est de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, IBK dit constater que le Comité de suivi de l’Accord, le Csa et le Comité transitoire de sécurité, le Cts, principales structures préconisées par l’Accord, ont été effectivement mis en place. Le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion, Ddr a également démarré. L’œuvre de réconciliation nationale a pris son envol décisif, avec la mise en place consensuelle et inclusive de la nouvelle Commission vérité, justice et réconciliation (Cvjr).

Donc, l’espoir d’une paix définitive est né. Pour le bonheur des Maliens, pour qui IBK formule des vœux ardents pour la paix, la réconciliation et la stabilité.

1er janvier : Aéroport international Modibo Keïta de Bamako

Depuis le 1er janvier 2016, l’aéroport international de Bamako porte désormais le nom du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keïta. Le Mali a voulu ainsi honorer la mémoire d’une des grandes figures de son histoire. Le Président malien Ibrahim Boubacar Keïta a assisté à la cérémonie officielle au cours de laquelle l’aéroport international de la capitale a changé de nom. IBK a déclaré : “C’est une reconnaissance de la Nation à l’homme qui fut un grand panafricaniste.” Pour les héritiers politiques de Modibo Keïta, si aujourd’hui l’aéroport de Bamako (qui reçoit plus d’un demi-million de passagers par an) porte son nom, c’est également une forme de réhabilitation de son œuvre.

15 janvier : nouveau gouvernement pour restaurer la discipline

Par ce remaniement, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a fait montre de rigueur, de respect de la discipline institutionnelle et de restauration de l’autorité de l’Etat en enlevant les chevaux boiteux de l’attelage, à savoir les ministres du développement rural, Bokary Treta (deuxième personnalité du gouvernement sortant et tout puissant secrétaire général du RPM, parti présidentiel); et de l’économie et des finances, Mamadou Igor Diarra (qui avait commencé à s’imposer, de force, comme un homme incontournable du régime).

18 janvier : le Mali perd son droit de vote à l’Onu

Le Mali humilié ! Le 22 janvier dernier, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, informait l’Assemblée générale sur la privation de douze pays membres du droit de vote pour non-paiement de leurs cotisations. La décision date du 18 janvier. Coup de théâtre : parmi ces mauvais payeurs figure le Mali. Une première depuis que le pays de Soundiata Kéïta et de Modibo Daba Kéïta est membre du Conseil de sécurité de l’Onu. Les couleuvres sont d’autant plus difficiles à avaler que la manœuvre de retard de paiement dure depuis deux ans, pour un (modique) montant de  400 000 dollars US, soit environ 200 millions de Fcfa. Honte nationale ! Affront de dernier degré ! Humiliation suprême ! Les exclamations ont fusé de toutes parts et l’indignation était à son comble au Mali à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Jamais, dans l’histoire, la nation malienne n’a autant été rabaissée et le peuple malien mis au ban de la société. Ayant pris la mesure de la situation, le Premier ministre Modibo Kéïta a été inspiré de s’adresser à la Nation, non pas pour justifier la lourde faute, mais pour expliquer, mais surtout présenter les excuses du gouvernement au peuple malien, et annoncer des sanctions. Effectivement, l’Ambassadeur Sékou Kassé en a récolté les frais.

27-28-29 janvier : l’Ortm

ferme les ondes

Après une première grève de 48 heures, les 22 et 23 décembre 2015 et une deuxième de 72 heures, les 27, 28 et 29 janvier 2016, l’Ortm a observé deux mouvements de grève suite à la non satisfaction de ses revendications. Quelles sont ces revendications ? L’abrogation des lois portant sur la restructuration de l’Ortm, l’adoption d’une loi portant sur la redevance audiovisuelle, le retour de la régie publicitaire à l’Ortm, l’harmonisation du statut des entités à créer dans le cadre de la restructuration, la relecture de la loi 87-102 et son adoption, le démarrage des travaux des grands projets tel que la construction de la tour de l’Ortm, et l’indemnisation des agents de l’Office pour les préjudices subis lors du coup d’État de mars 2012. Le secrétaire général du comité syndical, Abderrahmane Hinfa Touré, a assuré que si des réponses idoines n’étaient pas trouvées aux revendications, le syndicat allait observer une grève illimitée avec “écrans noirs”, donc sans service minimum.

21-22 mars : Grève de la Cstm

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (Cstm) a, elle aussi, débrayé les 21 et 22 mars 2016. La Cstm exigeait, entre autres, le respect des conventions n°87 et 98 de l’Organisation internationale des travailleurs ratifiés par le Mali; la finalisation immédiate de la relecture du statut des fonctionnaires de la police nationale; la réintégration par le gouvernement des 27 syndicalistes et 30 militants de la société minière L.T.A licenciés pour fait de grève en 2012; l’intégration de tous les enseignants dans la Fonction publique ; l’uniformisation du taux d’augmentation de 20% à tous les pensionnaires des deux caisses de sécurité sociale (Cmss et Inps) et son extension aux travailleurs salariés des secteurs privé et parapublic ; l’amélioration du plateau technique des structures sanitaires comme les CHU Gabriel Touré et du Point G et des centres de santé de référence et communautaire; le respect des textes réglementaires des aéroports  du Mali; l’application des accords signés avec la Fédération nationale des transports ; la finalisation et la relecture de la convention collective des chauffeur; la signature de l’accord d’établissement de la BOA ainsi l’application de l’article 31 de la convention collective des banques et établissements financiers ; et la baisse des prix des carburants, de l’eau et de l’électricité. La Cstm a remis le couvert les 3 et 4 mai.

29 avril: L’affaire des 27 milliards de Soumaïla Cissé

Vérité ou cabale contre le chef de file de l’opposition malienne ? Le vendredi 29 avril, le quotidien sénégalais, “L’Observateur” a fait la révélation de l’affaire dite des forages fictifs et qui porte sur un détournement de 2,5 milliards de Fcfa par le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé (à l’époque président de la Commission de l’Uemoa). Le sujet a occupé les discussions de grins et fait l’objet d’analyses diverses et variées entre ceux y voient une part de réalité et ceux qui pensent que c’est une cabale contre le président de l’Urd qui prenait de plus en plus du galon. L’affaire a pris les allures de règlements de compte politiques avec le parti majoritaire, le Rpm, qui a demandé à Soumaïla Cissé de s’expliquer devant le peuple malien et l’opinion publique internationale. L’intéressé est resté imperturbable depuis Johannesburg où il participait à une session du Parlement panafricain. De quoi s’agit-il ? D’une enquête sur le financement de 300 forages de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) par l’Agence française de développement (Afd) d’un coût de 2,5 milliards de Fcfa pour le compte du Sénégal. Selon le confrère, l’enquête conduite par la Cour des comptes de l’Union révèle que plusieurs puits n’ont pas vu le jour et d’autres ont été jugés fictifs.  Par conséquent, l’Afd bloque un transfert, de la Bceao vers Ecobank, de 27 milliards de Fcfa de Soumaïla Cissé. Ça, ce sont les faits tels que relatés par le journal.

Pour mettre fin aux supputations qui enflaient, Soumaïla Cissé s’est vu obligé de se livrer à une véritable opération de communication, notamment en essayant de convaincre les Maliens de son innocence, lors d’une grande conférence de presse tenue à la Maison de la presse de Bamako. Et d’ailleurs, quelques semaines après, le journal sénégalais s’est fendu en excuses, reconnaissant son tort. Sur te tard quand même !

31 mars : Adoption de la loi sur les autorités intérimaires

Le jeudi 31 mars 2016, l’Assemblée nationale du Mali a adopté le Projet de loi N°16-06/5L portant modification de la loi N°2012-007 du 07 février 2012, modifiée, portant Code des collectivités territoriales. Le texte a été approuvé par 103 voix pour, zéro contre et zéro abstention, à l’absence de l’opposition. Les divergences d’interprétation des textes ont toujours constitué une source de paralysie des travaux de l’Assemblée nationale. Surtout si celles-ci présentent un enjeu majeur. C’était le cas, à l’occasion de  l’adoption du  projet de loi portant modification de la loi n° 2012-007 du 07 février 2012 modifiée portant Code des collectivités territoriales. La plénière qui s’annonçait houleuse, aura tenu toutes ses promesses. D’ailleurs, les députés de l’opposition ont quitté la salle lorsque le président de l’Assemblée nationale Issaka Sidibé a décidé de procéder directement au vote, après avoir échoué à ramener le calme. Les opposants ont accusé la majorité d’avoir entravé leur droit à la parole.

Ce projet de loi qui vise à généraliser la mise en place des autorités intérimaires chaque fois que les circonstances l’exigent, permet en fait au Gouvernement de mettre en place des autorités intérimaires au niveau des collectivités territoriales dont les organes ne sont plus fonctionnels du fait de la crise, en lieu et place de délégations spéciales désormais indésirables.

L’opposition parlementaire a attaqué la loi devant la Cour suprême qui l’a déboutée.

29 juin : Renouvellement du mandat de la Minusma

Cette date marque l’adoption, à l’unanimité, de la résolution 2295 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui renouvelle pour un an le mandat de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, la Minusma.

Dans cette résolution, présentée par la France, le conseil de sécurité souligne les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’accord de paix, tout en appelant les parties à intensifier leurs efforts dans ce sens, sur les pans politique, sécuritaire et de développement. Afin de soutenir cette dynamique positive, le Conseil de sécurité a accepté de renforcer la Minusma, avec les autorités maliennes et les partenaires africains: son rôle d’appui au processus de paix est conforté, ses effectifs armés seront augmentés d’environ 2 500 personnes, pour atteindre 15 200 soldats et policiers déployés, ses règles d’engagement sont renforcées. Elle dispose ainsi de moyens accrus pour pleinement remplir son mandat.

7 juillet : Remaniement ministériel

Le gouvernement malien est passé, le 7 juillet, de 33 à 34 membres à la suite d’un remaniement marqué par l’entrée de représentants des ex-mouvements armés du Nord.Parmi les neufs nouveaux ministres, Nina Wallet Intalou, figure du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla). Elle est la principale attraction du nouveau gouvernement. À ses côtés, huit autres nouveaux ministres, qui remplacent notamment quelques têtes d’affiche de la précédente équipe gouvernementale, tels Zahabi Ould Sidi Mohamed (Réconciliation nationale), Choguel Maïga (Communication), ou encore Dramane Dembélé (Urbanisme).

L’autre attraction, c’est l’entrée dans le gouvernement du très bouillant opposant, Amadou Koïta, qui avait rejoint la Majorité un mois plus tôt.

21 juillet : Coup d’envoi de l’opération Ami Kane

C’est le 21 juillet 2016 que l’opération de déguerpissement a été lancée par Ami Kane, elle-même en personne. Comme un commandant de troupes au front, elle donne ordres et consignes à l’équipe d’engins lourds mobilisés pour détruire les équipements encombrants. Beaucoup de Bamakois ne croyaient pas à l’aboutissement de cette énième opération en raison de l’échec cuisant de précédentes opérations similaires qui ne sont pas allées à leur terme. Mais avec Ami Kane, partout où ont pu passer les bulldozers, la casse a été totale.Après une diligente campagne d’information et de sensibilisation menée auprès des notabilités coutumières et religieuses, des associations de jeunesse et de femmes, des opérateurs économiques concernés, la Gouverneur est vite passée aux actes.

17 août : Affaire Ras Bath

Youssouf Mohamed Bathily alias “Ras Bath”, a été inculpé pour attentat à la pudeur, outrage à l’autorité et pour tentative de démoraliser l’armée. Le 17 août, des centaines de manifestants s’étaient retrouvés devant le tribunal de la commune IV de Bamako pour protester contre la comparution du chroniqueur. Une manifestation violemment réprimée par les forces de l’ordre. Le bilan fait état d’un mort et d’une dizaine de blessées. Ras Bath a été libéré le 18 août à l’issue de sa garde à vue avec des mesures extrêmement contraignantes, notamment l’interdiction de reprendre son activité de chroniqueur radio. Il ne peut pas non plus quitter la commune IV où il réside. En septembre, ce contrôle judiciaire, auquel il était astreint, a été partiellement  levé.

9 septembre : Adoption de la nouvelle loi électorale

Le vendredi 9 septembre, tard dans la nuit, les députés ont adopté le projet de loi portant loi électorale. Le texte a été approuvé par 78 voix pour, 28 contre, et 0 abstention. La séance plénière de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale était présidée par le 1er vice-président de l’institution, Mamadou Tounkara. Le projet de loi était défendu par le ministre de l’Administration territoriale sortant, Abdoulaye Idrissa Maïga qui avait à ses côtés le ministre du Travail, de la Fonction publique, chargé  des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Racky Talla.

22 septembre : fête de l’indépendance

A l’occasion du 56ème anniversaire de la fête d’indépendance du Mali, le président de la République, chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, s’est adressé à ses compatriotes dans un discours radiotélévisé. Cet anniversaire arrive au moment où le Mali fait face à trois défis majeurs: à savoir le rétablissement de la paix et de la sécurité, la préservation de la cohésion nationale et enfin la prise en charge de la demande sociale. Pour le Chef de l’Etat, cette commémoration arrive au moment où le Mali continuait à affronter les conséquences de la terrible crise de 2012 qui avait amené le Mali au bord de l’abîme. Il le célèbre aussi et surtout avec la ferme volonté de conserver l’entière maîtrise de son destin en s’appuyant, pour cela, sur les valeurs qui depuis toujours font sa force et constituent son orgueil. Ces valeurs de solidarité dont notre pays, le Mali, a su faire preuve dans l’adversité, le souci du pays qui fait transcender nos différences et même nos divergences, la détermination à préserver notre vivre ensemble, socle de notre unité nationale. Ces valeurs sont inévitablement mises à l’épreuve dans la conjoncture actuelle et demeurent intangibles.

Aux dires du Président Ibrahim Boubacar Kéïta, la commémoration du 22 Septembre constitue un moment privilégié de réflexion sur les défis qui se présentent au Mali. Cette année, trois d’entre eux revêtent une importance particulière. Le défi du rétablissement de la paix et de la sécurité. Le défi de la préservation de la cohésion nationale et enfin le défi de la prise en charge de la demande sociale. Devant l’impatience des Maliens de voir l’Accord produire ses effets plus rapidement et de manière plus évidente, le Président IBK leur rappellent ce dicton qui dit que : “le chemin vers la paix et la sécurité est sinueux. L’emprunter exige de la persévérance, de la constance et l’absolue conviction qu’il n’existe pas d’autre alternative à la sortie de crise”.

1er octobre : La “Marche pour le Mali”

Le samedi 1er octobre 2016,  l’opposition politique malienne, se réclamant démocratique et républicaine, était dans la rue pour dénoncer les dérives du régime IBK.  Entre autres: la nouvelle Loi électorale, la tenue des concertations nationales, le retour d’ATT et la censure de la chaîne de télévision nationale, l’Ortm. Etaient présents à cette marche qui a mobilisé des milliers de personnes, plusieurs leaders de l’opposition, dont le chef de File de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé, président de l’Urd, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, président des Fare, Djibril Tangara, président du parti Fcd, Alassane Dembélé, président  national du parti Ancd-Mali, Djiguiba Keïta, secrétaire général du Parena, ainsi que  des responsables d’associations de la société civile ne partageant pas les mêmes idées du pouvoir. Les marcheurs sont partis de la place de la liberté à la place de l’indépendance en passant par l’avenue Mamadou Konaté et la place Omvs.

13 octobre : Dramane Niaré intronisé nouveau chef des Familles Fondatrices de Bamako

Le 13 octobre, Dramane Niare s’installe comme nouveau chef des Familles Fondatrices de Bamako, 128 ans après Titi Niaré, Dionké Niaré, Maridjé Niaré, Amadou Coumba Niaré, Bomboli Niaré, Fabilé Niaré, Badugune Niaré, Baba Titi Niaré et Modibo Niaré. C’est depuis l’époque de Titi Niaré (1882 à 1888) que l’évènement se célèbre. C’est Titi Niaré qui avait reçu les colons français.

La cérémonie s’est déroulée en présence du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, du Premier ministre chef du Gouvernement, en plus des présidents des Institutions de la République et des membres du gouvernement ainsi que du corps diplomatique en poste à Bamako, les membres du Cabinet présidentiel, Mme le Gouverneur du district de Bamako, le Maire du district de Bamako, les anciens Premiers ministres, les délégations des pays invités (Burkina Faso, Niger, Bénin, Nigeria, Côte d’ivoire), les Représentants des grandes notabilités du Mali de Kayes à Taoudénit. Les membres des familles notables fondatrices de Bamako, fils, petits-fils arrières-petits-fils, les chefs religieux, traditionnels et coutumiers, de nombreuses grandes personnalités, étaient également présents à cette cérémonie.

17 Octobre : Inauguration de la Station compacte de Kalaban Coro

Ce jour-là, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a inauguré la Station compacte de production d’eau potable de Kalabancoro, qui permettra de desservir en eau potable 3 500 familles de Kalabancoro, Tièbani et Kalabancoura, soit 18 millions de litres d’eau potable fournis par jour.

22-23 octobre: Congrès du Rpm

Les 22 et 23 octobre, le Rpm était face à son destin à l’occasion du 4è congrès ordinaire du parti du tisserand. Et pour cause, le parti présidentiel arrivait à cette importante instance statutaire sans avoir dégagé un candidat consensuel après moult reports. La faute à un problème de leadership, le parti ayant du mal à trouver le tisserand capable de filer du bon coton pour mériter d’être un digne successeur d’IBK. Sans oublier qu’il était miné par un clanisme faisant craindre un congrès sous haute tension qui pouvait évoluer de l’implosion à l’explosion.

Dans ce brouillard, trois noms revenaient dans les couloirs du parti, les coulisses et les médias. Il s’agit du secrétaire général Bocary Tréta et des ministres Abdoulaye Idrissa Maïga et Mahamane Baby. Au vu de sa sagesse, le vice-président et porte-parole du Parti, Dr Boulkassoum Haïdara, n’était également pas hors course

Au finish, c’est Bokary Tréta qui a été élu président du Rpm, le deuxième de l’histoire après IBK qui a été consacré Président-Fondateur du Rpm.

13 novembre : IBK a lancé à

Kolondiéba les travaux de construction et de bitumage de la route Zantieboubou-Frontière Côté d’ivoire

Le président de la République a lancé officiellement le 13 novembre les travaux de construction et de bitumage de la route Zantiébougou-Kolondieba- Frontière de Côte d’Ivoire à Kolondieba (plus de 250 km de Bamako) dans la région de Sikasso. Cette nouvelle route bitumée comportant des remblais, des déblais, des caniveaux en béton, entres autres, est longue de 140 km. La nouvelle route bitumée est le maillon manquant du corridor Bamako- Bougouni-Zantiébougou-Kolondiéba–Boundiali-Kani- San Pedro long de 1046 km. Ce nouveau eau corridor dont la fin des travaux est prévu dans 24 mois facilitera le développement socio-économique, les échanges commerciaux, l’accès facile aux centres de soins, centres médicaux, pour les populations bénéficiaires. Le coût total du Projet est estimé à 70 milliards de Fcfa.

20 novembre : Elections communales

Après moult reports depuis 2014, l’élection des conseillers communaux a finalement eu lieu le 20 novembre sur toute l’étendue du territoire national, de Kayes à Kidal, avec des fortunes diverses. Cependant, le scrutin n’a pas pu se tenir dans plusieurs circonscriptions du pays pour des raisons de sécurité. Même si tout le contentieux électoral n’est pas encore vidé, les conseils municipaux ont été installés partout ou presque.Les élections du 20 novembre ont consacré le départ de maires de grande renommée comme Abdel Kader Sidibé de la commune III, Mme Konté Fatoumata Doumbia de la commune I, Mamadou Tangara “le cobra noir” de Sikasso, Youssouf Coulibaly de la commune II, Boubacar Bah dit Bill de la commune V, Souleymane Dagnon de la commune VI, Papa Oumar Bathily de Mopti et Ousmane Karamoko Simaga de Ségou. Par contre, certaines figures ont été reconduites, comme Oumou Sall Seck à Goundam.

30 novembre : Ouverture du procès Amadou Haya Sanogo

Le 30 novembre 2016 restera comme une date historique au Mali. Elle marque l’ouverture du procès d’Amadou Haya Sanogo à Sikasso où s’est transportée la Cour d’assises de Bamako pour l’une des plus grandes messes judiciaires de l’histoire du Mali. Le chef de l’ex junte militaire de 2012 a comparu avec 16 de ses anciens camarades dans l’affaire dite des Bérets rouges. Amadou Haya Sanogo ; l’ancien ministre de la Défense, Général Yamoussa Camara ; l’ancien chef d’état-major général des armées, Général Dahirou Dembélé ; le porte-parole de l’ex junte, lieutenant Amadou Konaré et autres, notamment Blonkoro Samaké, Siméon Kéïta, Christophe Dembélé, Fousseyni Diarra, Mamadou Koné, Tiémoko Adama Diarra, Lassana Singaré, Cheicknè Siby, Issa Tangara, Oumar Sanafo, Mohamed Issa Ouédraogo, Ibrahim Boua Koné répondaient des accusations d’enlèvement et assassinat, complicité d’enlèvement et d’assassinat. Tous encourent la peine de mort. Au bout d’une semaine de tiraillements, de guerre de procédure émaillée de renvois, la Cour a renvoyé, le jeudi 8 décembre, le procès à la première session 2017.

De ce premier round, deux certitudes se dégagent. La première : les accusés, tous des militaires, sont bel et bien des justiciables d’un tribunal de droit commun, contrairement à la thèse défendue par les avocats de la défense. Et la seconde : les accusés ne peuvent bénéficier de liberté provisoire. Seule exception soulevée de la défense qui vaille, c’est la reprise de l’expertise des 21 corps retrouvés dans la fosse commune à Diago. A cet effet, la Cour a ordonnée une nouvelle expertise au niveau du laboratoire Charles Mérieux de Bamako. Le conseiller Taïcha Maïga est chargé de suivre cette expertise qui doit être effectuée dans un délai de 45 jours à compter de la date de saisine dudit laboratoire.

10 décembre : Espace d’interpellation démocratique (EID)

Depuis 1994, le Mali organise le 10 décembre de chaque année, un forum dénommé Espace d’interpellation démocratique (Eid). L’Eid offre un cadre d’échange dynamique, au cours duquel les ministres sont interpellés par des citoyens sur des questions qui relèvent de la bonne gouvernance en matière de droits et libertés publiques. Des associations de défense et de protection des droits de l’homme, d’autres organisations de la société civile et les médias privés et publics participent à l’exercice…

Le Palais des sports Salamata Maïga dite Bébé a abrité la 21ème édition de l’Espace d’interpellation démocratique (Eid),  le 10 décembre dernier. Un événement solennel placé sous la présidence du Premier ministre, Modibo Kéita, en présence du Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara, et le président du jury d’honneur, le ministre guinéen des droits de l’Homme, Kalifa Diaby Gassama. Au terme des interpellations, le jury a vivement interpellé les autorités sur la lenteur des dossiers, le retour de certains dossiers sur la table de l’Eid depuis des années, l’inexécution des décisions de justice, les recommandations restées sans suite…Le jury a constaté les défaillances de l’administration avec les usagers et invité à la culture du professionnalisme et de recevabilité. Il a conseillé la poursuite de la lutte contre l’impunité. Des autorités, il a sollicité l’adoption de la loi de la commission nationale de droit de l’homme conformément aux exigences internationales; de la loi concernant l’accès des femmes aux postes électifs.  Sur le foncier, il a réclamé l’application stricte  des dispositions domaniales, la mise en œuvre du Cadastre, l’exécution des décisions de justice. Concernant la justice, le jury d’honneur  a déploré les difficultés pour les justiciables à obtenir des décisions de justice; recommande que tous les agents de l’administration soient formés aux principes de droits de l’Homme et de la démocratie.  Dans le domaine du travail et de l’emploi, il a appuyé le paiement des d’arriérés ou de litiges financiers en souffrance. Sur l’environnement, le jury a supplié d’accorder une importance particulière  aux questions environnementales. Sur les droits des enfants, il a requis de porter assistance aux familles victimes de la crise du Nord notamment les veuves et les orphelins.

11 décembre : Accord de réadmission : signé ou non ?

À l’invitation de Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Bert Koenders, ministre des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas, a visité le Mali au nom de Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, dans le cadre du dialogue de Haut niveau sur les questions migratoires. Cette visite s’inscrit dans le cadre du dialogue de Haut Niveau sur les questions migratoires initié entre le Mali et l’Union européenne depuis le Sommet de La Valette (11 et 12 novembre 2015) sur la migration. Cette visite intervient deux mois après celle du Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, Neven Mimica au Mali. Le Ministre Koenders a été reçu par les ministres Diop et Mamadou Konaté (de la Justice et des droits de l’Homme et Garde des Sceaux), ainsi que par des représentants des ministres des Maliens de l’Extérieur et de la Sécurité et de la Protection Civile. La teneur du texte signé par les deux parties a ébranlé la République pendant près d’un mois. Le document est assimilé, à tort ou à raison, à un accord de réadmission signé, par les Maliens de l’intérieur et ceux de la Diaspora. Toutes les procédures d’explications (démentis officiels, interpellation à l’Assemblée nationale, missions ministérielles à l’extérieur…) ont échoué. Le Consulat du Mali à Paris a été occupé par le collectif “Mains propres”. Finalement, les bons offices du Ministre Mohamed Ali Bathily ont porté fruit. Et l’adresse à la Nation du nouvel An du Président IBK semble avoir définitivement éteint le feu.

16 décembre : Abandon des poursuites ATT

L’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis 2012, n’a plus l’épée de Damoclès par-dessus la tête car les députés maliens ont adopté, le vendredi 16 décembre, par 104 voix pour, 5 contre et 6 abstentions, une résolution qui met fin aux charges retenues contre lui. Selon la Commission ad hoc en charge du dossier, les faits reprochés à l’ex chef de l’Etat sont infondés et elle a requis l’abandon des poursuites contre lui. Les députés ont entériné la proposition par un vote massif “Pour”.

16 décembre : Vote des poursuites contre Moussa Mara

Contrairement au cas d’ATT, les députés ont voté à l’écrasante majorité pour l’engagement des poursuites judiciaires contre l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, pour sa visite controversée en mai 2014 à Kidal. Il s’agit de déterminer les responsabilités dans les évènements survenus à Kidal entre le 17 et le 21 mai 2014.

Le vote a donné le résultat suivant: 90 voix pour, 3 contre, et 9 abstentions. Pour rappel, cette visite avait été suivie d’affrontements meurtriers entre l’armée malienne et les groupes armés, soldés par la perte de la ville de Kidal par le gouvernement central et la mort de dizaines de soldats, d’administrateurs civils et de personnel du gouvernorat.  Depuis, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place. Ce sont les résultats de cette enquête qui ont déterminé le vote susmentionné.

21 décembre : Motion de censure contre le gouvernement Modibo Kéïta

L’Assemblée nationale a renouvelé ce jour-là sa confiance au Gouvernement de Modibo Kéita. Seulement 33 voix  sur les 96 requises se sont prononcées en faveur de la démission du  gouvernement lors du vote de la motion de censure introduite par les députés de l’opposition. Avant le vote proprement dit, le Premier ministre et les députés ont eu des échanges engagés, quelques fois piquants, autour des trois points sur lesquels portait cette motion de censure.

L’opposition accusait le gouvernement d’avoir eu un accord avec l’Union européenne pour expulser les Maliens en situation irrégulière dans les pays de l’Union européenne. Elle le taxe aussi d’incapacité à assurer la sécurité des Maliens et à organiser des élections communales crédibles sur toute l’étendue du territoire national. Dans les détails, c’est encore le fameux communiqué conjoint signé entre le Mali et l’UE qui est mis en cause. En ce qui concerne l’insécurité, l’opposition accuse le gouvernement de ne pas être à mesure d’adopter la Loi de programmation sécuritaire pourtant annoncé dans la Déclaration de politique générale du gouvernement. L’absence de l’Etat sur certaines parties du territoire, l’assassinat d’élus locaux et de chefs coutumiers, et la montée du communautarisme ont été également soulevés par l’opposition.  Celle-ci justifie le point sur les élections par les nombreuses irrégularités qui ont émaillé, selon elle, le scrutin communal, ” avec, à la clé, des fraudes massives ” et sa non tenue sur certaines parties du territoire. Sur toutes ces questions, elle dénonce ce qu’elle appelle, “le silence coupable du gouvernement, l’humiliation du Mali et l’incurie  du Gouvernement”. Dans ses réponses, le Premier ministre Modibo Kéita a, avec beaucoup de pédagogie, recadré les propos de l’opposition qui accuse le gouvernement d’humilier notre pays et de s’envelopper dans l’incurie.

En dépit de toutes ces explications du Premier ministre, les députés de l’opposition disent ne pas croire en la capacité du gouvernement à rectifier le tir. D’où  cette motion de censure.

Source : Aujourd’hui-Mali

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