Réduction du train de vie de l’état: austérité gouvernementale controversée

Le gouvernement sonne la fin de grande bouffe et gaspillage. Place à la vertu et à la parcimonie. Coté officiel, on appelle ça « rationaliser les dépenses publiques » avec dit-on comme objectif « de permettre au Gouvernement d’assumer pleinement les charges prioritaires de l’État ».

Pour les gestionnaires des maigres deniers publics et surtout pour les pauvres agents de l’État malien, cela va se traduire par la réduction drastique des dépenses en carburants, en produits alimentaires, en achats de véhicules et de billets d’avion pour les missions à l’étranger.

Volonté de « rationaliser les dépenses publiques » ou temps de vaches maigres ? Il faut bien croire que d’aveu à peine voilé, ce n’est pas de bon cœur, car il s’agit de « permettre au Gouvernement d’assumer pleinement les charges prioritaires de l’Etat ».

Rien que sur les dépenses en carburant et en produits alimentaires, SBM instruit à l’argentier de la République de retenir globalement 14 milliards de nos francs. Des milliards qu’on bouffait comme aux beaux vieux temps où l’on consommait 11 millions de thé par jour ? Que non.

Des milliards qui étaient gaspillés jusqu’ici dans les cabinets ministériels et ailleurs dans les rouages de l’État (Institutions, autorités administratives indépendantes, gouverneurs de régions et du District de Bamako) ? Que non.

L’impératif de rigueur par ces temps de disette plaide en faveur d’une opportune rationalisation des dépenses publiques. Sinon, depuis des lustres, depuis que le Mali est Mali, il y a eu toujours du carburant pour les agents publics et produits alimentaires dans les bureaux. Le gouvernement, qui ne stoppe pas la bombance, s’est toujours porté à merveille au Mali, il la rationalise simplement « dans la limite des crédits ouverts ». Toutes choses qui, au lieu de faire perdre, font économiser à l’État plus de 14 milliards de nos francs.

Réveil tardif dicté par les contraintes financières que l’opposition moque comme la faillite d’un État dont les caisses sont vides ? La réalité de la tension de trésorerie que le ministre des Finances se refuse d’assimiler à une faillite ne doit pas aussi occulter une autre réalité : la volonté du président IBK d’engager « une lutte plus farouche contre la corruption (pour) parachever la mise en place de nouveaux instruments élaborés pendant le mandat précédent » et sa détermination à « réformer l’Etat pour le rendre plus efficace au service de tous les citoyens ». L’opération vache maigre décrétée doit être comprise et mise dans ce cadre. N’est-ce pas pourquoi la présidence de la république a mis en œuvre l’opération de rationalisation, depuis le 8 octobre 2018, à travers un avis du secrétaire général de la présidence, sevrant tous ses services de carburant.

Pour rappel, l’avis disait ceci : « en raison des contraintes budgétaires liées à l’exécution du budget, au titre de l’année 2018, j’ai le regret de vous informer que la direction administrative et financière de la présidence de la république ne pourra plus assurer les dotations hebdomadaires en carburant.

Elles seront effectuées en fonction des disponibilités.

La situation redeviendra à la normale habituelle sitôt que les contingences financières seront améliorées ».

Par Sidi DAO

Source: info-matin

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