Réaménagement du Gouvernement : A quand alors le véritable Remaniement ?

Attendu pour être un chamboulement dans la prise de conscience de la mauvaise gouvernance actuelle de notre pays, le réaménagement plutôt que le remaniement aura déçu plus d’un malien.  Le 1er Gouvernement du PM Modibo Keita comprenait plus de 60% de Ministres qui devaient être débarqués, soit pour incompétence, soit pour s’être mouillés dans des rocambolesques affaires à scandales. Mais, c’est contre toute attente que le réaménagement du gouvernement est intervenu le jour même de l’Aïd El Kébir. Un  réaménagement qui ne résout aucun des problèmes. Ni les rebelles de la CMA, ni le GATIA, ni finalement l’Opposition n’auront accepté de répondre à l’Appel du Président de la République, ce qui veut tout dire.  Rares satisfactions de l’Opinion, c’est le départ de SadaSamaké de la Sécurité et de la Protection Civile et le relèvement du quota des femmes dans le Gouvernement. Mohamed Diarra de la Justice qui était pourtant en terrain connu, quitte probablement le navire en compensation de la nomination de son épouse dans le collège de l’Autorité de régulation des données à caractère personnel. Mais tout indique que ce Gouvernement n’est pas le dernier du mandant d’IBK. Alors à quand le véritable remaniement ?

conseil ministres gouvernement moussa mara premier ministre chef gouvernement ibrahim boubacar keita ibkDeux ans aprèsson électionà la magistrature suprême, le Mali cherche toujours sa voie, celle de la paix et de son développement promis par le candidat IBK.  Cette voie, il faut le reconnaitre est truffée d’embuches et d’obstacles, mais n’est pas au-dessus de l’intelligence et de la capacité collectives du vaillant peuple Malien. Elle est à notre portée parce que nous sommes un grand peuple : « Nous fûmes quand beaucoup de nations aujourd’hui dites modernes n’étaient pas » dixit IBK. Et pourtant nous n’arrivons pas jusqu’à présent à sortir le Mali de la léthargie dans laquelle il est plongé depuis plus de deux ans. A qui la faute ?  Au président de la République sans nul doute, car c’est lui qui a sollicité le suffrage du peuple et c’est à lui de donner le tempo. Mais malheureusement la sérénade se fait toujours attendre et le désordre continue au sommet de l’Etat. Pour rappel, après la première tentative avortée avec Oumar Tatam Ly, technocrate de son état et de Moussa Mara estampillé politique, le président a jeté son dévolu sur Modibo Keita,  le grand commis de l’Etat qui aura gravi tous les échelons. Mais le Mali ne décolle toujours pas. La mise en œuvre de l’Accord de paix tarde à convaincre les maliens, la lutte contre la corruption est devenue une chanson plutôt qu’un engagement. Le gouvernement de Modibo Keita fait l’objet de scandales les plus graves des deux dernières décennies. Le premier magistrat IBK, qui s’en était indigné avec véhémence ne prend toujours pas les actions qu’il faut pour circonscrire le mal. D’un scandale à un autre, la corruption  est devenue  le sport le plus populaire du Gouvernement. Les compétences sont censurées et le pays va mal. Nous croyions que  l’occasion était idoine avec ce remaniement, pour IBK de se débarrasser de ces ministres encombrants. A-t-il si vite oublié la énième promesse qu’il a faite devant les leaders religieux lors de la présentation des vœux à l’occasion de la fête de l’Aïd El Fîtr où il avait déclaré qu’il serait désormais implacable envers les « criminels de la République » ? C’est pourquoi, nous ne doutons pas un seul instant et affirmons sans risque de nous tromper, que le président de la  République  procédera très prochainement à un vrai  remaniement. Ce sera quand la CMA sera de retour au Mali et que la plateforme et « l’Opposition qui ne veut pas aller dans l’Opposition », tapie dans l’escarcelle de la majorité présidentielle trouvera son deal avec IBK pour participer au « partage du gâteau ».  Le plus tôt serait le mieux pour rectifier le tir et redorer son blason auprès de ses milliers de fans qui croient toujours qu’il se ressaisira après tant d’erreurs qu’il a lui-même reconnues. IBK ne doit pas décevoir de plus, pour ne pas tuer définitivement l’espoir. A lui de convaincre qu’il est la solution et non le problème.

Youssouf Sissoko     

source : [email protected]

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