Quatrième hivernage d’IBK à la tête du Mali : Les grandes questions demeurent toujours sans réponses

C’est le lundi 04 septembre 2017 que le Président de la République a allumé sa quatrième bougie à la tête du Mali. Beaucoup de Maliens se souviennent encore, comme si c’était hier, de ce mercredi 4 septembre 2013, la prestation de serment du troisième Président de la troisième Républiquelors d’une audience solennelle de la Cour Suprême. Le discours d’investiture prononcé ce jour sonnait comme une lueur d’espoir. Mais quatre ans après, que peut-on retenir des promesses présidentielles. Les quatre grandes problématiques que sont la résolution de la crise du nord, la lutte contre la corruption, la relance économique et la création d’emplois pour les jeunes ne sont pas encore résolues.  

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Nul besoin d’interroger les citoyens, pour savoir si la situation socio-sécuritaire s’est  améliorée ou non. Il suffit d’observer autour de soit pour se rendre à l’évidence qu’au Mali ces problèmes demeurent irrésolus. Les conditions de vie sont toujours précaires, la pauvreté reste le lot quotidien de la majorité des Maliens et la corruption se pratique à ciel ouvert. Quatre ans après l’accession d’IBK à la magistrature suprême, bon nombre  de Maliens s’interrogent encore sur l’avenir ; et pourtant dans son discours d’investiture, il a rappelé à juste raison : « la con0fiance, la grande, la très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens. La vie du malien vaudra désormais son prix inestimable ». Quel Malien pouvait bien être indifférent à cette affirmation ? C’est tout le contraire qui a été fait les jours, les semaines, les mois et les  quatre ans qui ont suivi ce beau discours.

  • La résolution de la crise au nord du Mali: alors que la Transition avait balisé le terrain avec la signature, à Ouagadougou, d’un accord préliminaire qui définissait les contours d’un dialogue inclusif entre toutes les forces vives de la nation afin d’aboutir à un Accord pour la paix et la réconciliation, IBK, une fois au pouvoir, a mis cet accord dans le tiroir. Créant ainsi les conditions d’une reprise des hostilités et favorisant le retour des terroristes au nord et au centre. A la lenteur, il faudrait ajouter la tentative de reprendre par la force la ville de Kidal, pour, dit-on, être en position de force pour négocier. Cette tentative ayant échoué, l’Etat malien a fini par perdre Kidal et par la même occasion toute marge de négociation. Trois ans après, le pays se trouve dans une situation d’insécurité qui s’est étendue jusqu’au sud, en passant par le centre. Même si certains ont eu le toupet de qualifier l’insécurité au Mali de «résiduelle», ses conséquences en victimes et dégâts matériels sont innombrables et incontestables.
  • La Lutte contre la corruption : la promesse d’un combat sans merci, d’une tolérance zéro contre la corruption a aussi  galvanisé d’autres électeurs à porter leur choix sur IBK en 2013, surtout qu’il aurait juré de n’avoir jamais touché à un kopeck de l’Etat en dehors de ce à quoi il aurait droit. Malgré la proclamation de 2014 comme année de lutte contre la corruption au Mali, cette promesse s’est volatilisée quelques mois seulement avec le premier gros scandale lié à l’achat du Boeing présidentiel et des équipements militaires pour les FAMAs. Jamais un régime n’a été autant éclaboussé en si peu de temps que celui d’IBK. Son entourage immédiat avait été épinglé et le Mali a payé un prix fort avec à  la clef une  suspension de la Banque Mondiale et du FMI. Pour les derniers partisans d’IBK,  cette supercherie est le fait de  mauvais collaborateurs qui, selon eux, seront sanctionnés. Mais, contre toute attente, tous ceux qui ont été mêlés à cette rocambolesque affaire ont juste changé de postes en guise de sanction. Comme si cela ne suffisait pas, l’année d’après le peuple malien a vécu comme dans un film Hollywoodien, deux scandales. Le premier était relatif à l’engrais frelaté et le second aux tracteurs surfacturés. Toutes ces deux affaires se sont avérées et jusque-là aucune sanction n’a été prise contre les auteurs au point que le Malien lambda se demande si la corruption n’a pas intégré les bonnes règles de gestion.
  • La politique de la relance économique : malgré le taux de croissance qui avoisine les 7% et dont le régime se vante, malgré le rang de la troisième économie de l’UEMOA, le  Mali n’attire pas beaucoup d’investisseurs à cause de l’insécurité, de la corruption et de l’impunité. Et tous les économistes s’accordent à dire que tant qu’il n’y a pas de relance économique, il n’y aura jamais de création de richesse et d’emplois. Le Mali semble plus dépendre de l’aide extérieure que des ressources internes, car celles-ci sont gérées par un cercle restreint d’amis et des parents proches du Président. La corruption a tellement gangréné tous les secteurs de l’économie qu’une partie des jeunes préfèrent s’expatrier ou sont tentés par d’autres aventures.
  • La création d’emplois pour les jeunes : si une bombe attend IBK en 2018, ce serait sans nul doute la grogne sociale, la colère de ces centaines de milliers de jeunes qui broient du noir et auxquels on a promis l’Eldorado après son élection. Ni une habile politique de communication se substituant aux 200 000 emplois, ni la rivalité entretenue entre les associations de jeunes ne sauraient désamorcer cette bombe. Pour rappel, un collectif de jeunes chômeurs a même été mis en place pour réclamer des emplois. Le hic est que le régime n’a non seulement pas créé suffisamment d’emplois, mais il en a détruit des milliers avec l’opération de libération des voies publiques appelée opération Ami Kane, Gouverneur de Bamako.

En somme, les points positifs s’il y’en a, seraient la signature en 2015 de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’augmentation de 20 %  des salaires des fonctionnaires, la pose de la première pierre de certaines routes, et la visite du Gouverneur à Kidal après plus de deux ans d’absence.

 Youssouf Sissoko

youssouf@journalinfosept.com

Par Inf@sept

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