QUAND LE RPM DONNE LE MAUVAIS EXEMPLE A DIOÏLA

Un adjoint du maire refuse que son village paie la taxe communale

Cela se passe dans le fief du député et questeur de l’Assemblée nationale qui est du Rassemblement pour le Mali (RPM). Ainsi Bakary Fomba, 2e adjoint au maire de Dioïla, a interdit à son village de s’acquitter de la TDRL, donc des taxes communales. Il justifie son refus par l’absence de développement de Dien, son village natal.

Après la chute de la dictature du Général Moussa Traoré en mars 1991, ayant abouti à l’éclosion de la démocratie, l’un des candidats à la présidentielle de 1992 a fait des promesses populistes aux citoyens pour se faire élire. Entre autres mirages électoraux, celle là : «vous ne paierez plus d’impôts». Une fois élu, le candidat du mirage a institué la TDRL ou Taxes de développement régional et local. L’astuce : supprimer le «Ning Sogo», un héritage du colonisateur, donc un mauvais souvenir au niveau des collectivités territoriales. Le leurre n’a pas pris.

En effet, à la base, les populations ne font aucune subtilité entre les structures étatiques, administratives et électives. Pour elles, ce sont les mêmes «Fama» (hommes de pouvoir) qui sont tout le temps ensemble, parlant le même français et s’habillant pareillement. Pour elles, ce sont «les poissons du même marigot» qui ont des voitures, qui vont et viennent à Bamako et à qui les gendarmes et les gardes (leur cauchemar) obéissent. Donc, les nuances Etat/ Collectivités Territoriales, elles s’en foutent (si l’on nous permet ce langage).

Les villageois ont donc eu un sentiment d’être floués : «Nous n’avons pas voté pour ça (la continuation des impôts)», ont-ils dénoncé criant à l’arnaque politique.

En effet, une fois élu, le candidat mirage a institué la fameuse TDRL. Elle n’est pas payée à l’Etat, mais aux collectivités locales. Les populations des villes et des villages n’ont pas longtemps cru à la véracité de l’existence de l’impôt nouveau. Elles ont cru à un mensonge de leurs gouvernants locaux.

Ceci explique la faiblesse, aujourd’hui encore, de l’acquittement de la TDRL. Si bien que les maires tordent la main aux citoyens pour leur extorquer cette taxe quand ils se présentent à la mairie pour leurs besoins. Par exemple, le taux de TDRL est incorporé dans les frais de mariages civils célébrés à la mairie. D’autres services sont taxés avec ces impôts de la nouvelle génération.

Un refus «Niet» de payer

Ceci dit, il faut croire qu’il y a de véritables rebellions contre la TDRL. Que le taux de recouvrement soit faible, voir très faible cela se comprend. Mais que cette faiblesse atteigne le chiffre de zéro, alors, il y a problème.  Et c’est ce qui s’est passé dans les villages de Dien et de Warsala (commune du Guègnèka, cercle/région de Dioïla : on ne sait pas comment dire), dont les conseillers sont du parti au pouvoir, le RPM. Nous l’avons appris le 4 juillet 2019 au niveau de la mairie de Fana, le chef lieu de la commune du Guègnèka.

Ce jour là, avait eu lieu la restitution publique (devant les autorités et les citoyens) de la gestion communale pour l’exercice 2018. Un tableau récapitulatif a été présenté à l’assistance qui faisait le point sur les taux de recouvrement au niveau des 8 localités (la ville de Fana et les 7 villages). Si Yolla et Guana (le village de Moussa Sinko Coulibaly) ont brillé avec le taux de 100 %, ce de Dien et Warsala ont pris la queue avec 0 %. Ils n’ont pas été classés. A noter que Fana elle-même a pris la 6e place. Est-ce un hasard que ces deux villages soient à 0 % de collecte de la TDRL ?

Le 2e adjoint du maire, Bacary Fomba qui est élu du RPM, a pris la parole pour affirmer que Dien (le village où il est élu conseiller) ne paiera pas la TDRL. Que Dien ne déboursera pas un rond pour cette taxe. Il justifie le refus du village de payer des taxes au motif que, selon lui, que  la mairie (où il est 2e adjoint) n’a ait aucun aménagement pour le développement de Dien depuis plus de 20 ans. Et, selon lui, le sous-préfet en est témoin. Le maire aussi. Le conseiller a-t-il parlé ainsi au nom du village, du chef de village et des populations ?

Pour Warsala, ce n’est un secret pour personne que le conseiller RPM de ce village est son «Dakawili», son ami intime. On peut donc en conclure que Bakary Fomba a aussi parlé aussi pour Warsala.

Que faire lorsque c’est la règle qui trace une ligne courbée ou brisée ? Le BPN du RPM est interpelé pour réagir à cette situation d’encouragement de l’incivisme fiscal. A commencer par le questeur, l’honorable Diarrassouba. Le président IBK est lui-même interpelé car il dispose de solides relations au sein du RPM à Fana. Il y a ici quelque chose à redresser. Et dans les meilleurs délais !

Amadou Tall

Source : Le Matin

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