Projet de nouvelle constitution au Mali : La CNAS-Faso Hèrè demande « aux autorités de renoncer définitivement à leur projet afin de ne pas engager le Mali dans une aventure sans issue… »

Assimi Goïta, le président de la transition au Mali a annoncé, le 10 juin dernier, la création d’une commission chargée d’élaborer une nouvelle constitution pendant une durée maximale de deux mois. L’annonce est diversement appréciée au sein de la classe politique malienne. Dans un communiqué rendu public, le 30 juin 2022, la CNAS-Faso Hèrè s’insurge contre cette décision des autorités de faire rédiger une nouvelle constitution. Selon le parti dirigé par l’ancien Premier ministre, Dr. Soumana Sako, les autorités doivent « renoncer définitivement à leur projet d’élaboration d’une “nouvelle Constitution” afin de ne pas engager notre Peuple et son cadre républicain et démocratique dans une aventure sans issue et des convulsions sociopolitiques dont le Mali n’a pas besoin »

Selon le document, c’est après une analyse approfondie de la situation politique, sécuritaire, économique et sociale du Mali que le bureau politique de la CNAS-Faso Hèrè a noté que, après l’adoption d’une loi électorale cachant mal des velléités de confiscation du pouvoir, les autorités actuelles issues du double coup de force militaire du 18 août 2020 et du 25 mai 2021 ont engagé un processus visant à doter notre pays d’une « nouvelle Constitution ». « Buttées à l’impossibilité juridique de procéder à une révision de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992, elles pensent pouvoir contourner cet obstacle insurmontable en tentant d’élaborer une “nouvelle Constitution », lit-on dans le document. Pour le bureau politique de la CNAS-Faso Hèrè, le parti « réitère son opposition ferme et inébranlable à toute manœuvre visant à jeter la Révolution démocratique et populaire du 26 mars 1991 dans les oubliettes de l’histoire au profit de forces nostalgiques de l’ordre sociopolitique colonial, pro-bonapartistes et hostiles à la laïcité de l’État, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Mali. »

Tout en notant que la Constitution démocratique du 12 janvier 1992 a résisté et survécu aux coups de baïonnette de 3 coups d’État militaires successifs en l’espace de 10 ans, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè demande instamment aux autorités de renoncer définitivement à leur projet d’élaboration d’une “nouvelle Constitution” afin de ne pas engager notre Peuple et son cadre républicain et démocratique dans une aventure sans issue et des convulsions sociopolitiques dont le Mali n’a pas besoin. « Le Peuple militant du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961, du 25 mai 1963 et du 26 mars 1991 est déterminé à faire échec à ce nouveau plan des forces de la Restauration», indique le document.

Tout en notant que la Constitution du 12 janvier 1992 n’est pas un Livre Saint, le parti de Dr. Soumana Sako, indique « qu’à ce jour, au-delà de clichés désuets ou de critiques à l’emporte-pièces par des adeptes d’une fantasmagorique 4ème République présentée abusivement comme une panacée, personne n’a pu avancer un seul argument valable pour justifier quelque changement que ce soit dans la Loi Fondamentale du Mali. » Selon la Cnas Faso Hèrè, ce n’est ni la constitution, ni la démocratie qui ont échoué, mais des hommes et des femmes bien connus précisément pour avoir violé et laissé violer la constitution.

A noter que les autorités maliennes ont annoncé, le vendredi 10 juin 2022, la création d’une commission chargée d’élaborer une nouvelle constitution. Selon le décret présidentiel, signé par le président de la transition Assimi Goïta, la durée d’élaboration du document est fixée au maximum à deux mois.

« Il est créé auprès du président de la Transition, une commission de rédaction chargée d’élaborer un avant-projet de loi portant constitution de la République du Mali, dans le cadre de la refondation de l’État », lit-on dans le décret présidentiel.

Madiassa Kaba Diakité

Source: Le Républicain

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