Présidentielle-2018 : Et si IBK ne se représentait pas…

Ce serait comme la foudre sur la tête de certains si jamais le président IBK décidait de ne pas chercher un deuxième mandat. Pour d’autres, ce serait un acte de prouesse car à les en croire, le président IBK est loin d’être ce commandant qui conduira à bon port le bateau Mali dans les années à venir.

C’est dur, voire très dur aujourd’hui d’être membre de la majorité présidentielle. Si certains continuent à animer la galerie, d’autres ont compris que la page est tournée et du coup, ils se sont dirigés vers d’autres cieux. Le doute a commencé à s’installer dans le cœur de certains esprits malins d’où la ruée vers d’autres formations politiques.

Si IBK ne se représentait plus ? Ce serait un véritable gâchis pour des milliers d’associations qui n’ont vu le jour que pour s’enrichir ; plusieurs ministres seraient déboussolés et diraient que le monde entier est contre eux ; certains députés ne sauraient pas à quel saint se vouer, certains leaders se tairaient, des associations de femmes disparaitraient et ce serait l’apocalypse pour beaucoup.

Lors de récents meetings de soutien au chef de l’Etat, on a même vu des députés, assister personnellement aux rassemblements ayant en toile de fond ces appels du peuple, et recevoir face à la caméra la correspondance des appelants pour sa transmission au chef de l’Etat. Face à tout ce remue-ménage orchestré par le parti au pouvoir et ses adeptes, la confiance ne semble pas convaincre le président à chercher un deuxième mandat.

C’est pourquoi d’aucuns disent que le scénario contraire risque de se passer, à cause du silence que garde IBK sur sa candidature. Malgré les nombreuses sorties de ses proches, il est resté égal à lui-même et n’a daigné se prononcer pour des raisons que lui seul sait. Du point de vue de cet avisé de la scène politique malienne, les appels à candidature au rythme desquels la sphère politique malienne vit à l’heure actuelle, ne sont que la face visible des manœuvres qui maintiennent le président IBK au pouvoir.

Pour lui ceux-là qui aujourd’hui disent à IBK de se maintenir coûte que coûte avec leur habituelle rhétorique “Boua Ta Bla” (Boua ne lâchera)  savent que le temps joue contre Boua. “Le monde a changé, les temps ont évolué. Le monde est dirigé par une nouvelle génération de technocrates avides de démocratie et d’alternance dans les pays sous-développés, l’accès à l’information est devenu un droit pour tous, la révolution Internet est en marche”… En plus l’ORTM seule ne suffit plus à embobiner le peuple dans des propagandes gouvernementales bien huilées.

Pour ceux qui veulent qu’IBK continue, les arguments fusent de partout. “Nous voulons qu’il termine l’œuvre qu’il a commencée”, soutient un membre d’un mouvement favorable à la candidature d’IBK. Un autre de signaler que le président IBK a hérité d’un pays en difficulté.

“Si IBK n’existait pas, il fallait le créer”, ajoute cet autre politique de la CMP, se basant sur l’accord de paix et de la réconciliation signé avec les groupes armés et l’Etat du Mali. Quant à son implication, notre interlocuteur pointe un doigt accusateur sur les Nations unies qui, selon ses dires, ne veulent pas une sortie de crise.

Plusieurs tractations sont aujourd’hui en cours par les proches d’IBK pour qu’il se représente. Pour ce faire, ils usent de toutes leurs forces et astuces pour arriver à leur fin. Mais, pour l’heure, le véritable acteur ne pipe mot, un silence qui vaut son pesant d’or et qui fait ronger pas mal de militants qui sont voués à sa cause. Si tel n’est pas le cas de l’intéressé, le déluge total est assuré.

Abdourahmane Doucouré

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