Pour favoritisme de sa « Famille d’abord » et du « Mali après » : la démission du Premier Ministre s’impose

En jetant, en pâture la Primature à ses potes et en profitant de son poste pour attribuer des logements sociaux à toute sa famille ou presque, le Premier ministre malien, Modibo Keita a, au fil des jours, nourrit l’hostilité des maliens à son endroit. Mais surtout, celle de ses collègues, qui n’hésitent plus à réclamer sa démission, jugée salutaire pour la gouvernance du régime IBK, désormais, en voie de déperdition.

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« Après toutes ces imprudences, commises à tort ou à raison dans ce dossier, le PM doit avoir le courage de rendre le tablier. Ne serait-ce que pour le salut de son âme ».

En colère, un responsable de la Primature –qui a requis l’anonymat –passe, outre la solidarité départementale, pour fustiger ce qu’il appelle, volontiers, les « erreurs de casting du PM Modibo Keita dans le processus d’attribution des logements sociaux ». Et d’ajouter, avec un sourire crispé : « Nous espérons qu’il le fera, avant que d’autres scandales ne pètent à sa figure ».

Bref, en quelques jours, le « PM chouchou » de l’ère IBK est passé de la grâce à la disgrâce. Du statut de « sauveur » du gouvernement à celui de « saigneur » de la Primature. Et sans transition, aucune.

Même au sein de l’attelage gouvernemental, certains ministres n’hésitent plus à prendre leur distance, vis-à-vis d’un homme, devenu, subitement, encombrant. Le CDLS-Mali (Collectif de demandeurs de logements sociaux du Mali (CDLS-Mali) a mis sa tête à prix. C’était, à la faveur d’une conférence de presse que le collectif a animé à son siège à Bacodjicoroni. La Primature aussi. Plus grave encore, des organisations de la société civile menacent même d’organiser des « journées mortes » pour le contraindre à démissionner. Et ce n’est qu’un début.

À l’origine de la descente aux enfers du « locataire » de la Primature, le trafic d’influence du PM pour octroyer aux membres de sa famille, des logements sociaux. Le CDLS, l’accuse d’avoir profité de sa position pour faire acquérir 6 logements sociaux à des membres de sa famille, en particulier à sa femme et à ses 5 enfants. Pour cette découverte à l’encontre du Premier ministre, Modibo Kéita, il s’agit, selon le CDLS-Mali, de son épouse, Adam Diakité (F3 A, lot n°3136), ses filles Néné Kéita (F3 A, lot n°3399), Fatoumata Bintou Kéita qui est au Canada (F5, lot n°3043), Aïssata Kéita (F5, lot n°3075), Gaoussou Kéita (F3 A, lot n°3395) et de Djiby Coulibaly qui a postulé au nom de Tassiré Kéita (F5, lot n°3050).

Pour le CDLS-Mali, cette découverte n’honore pas notre pays et va à l’encontre de l’objectif visé par la politique des logements sociaux. « En effet, les logements sociaux sont une politique pensée et mise en œuvre pour soulager les familles à faible revenu. Mais aujourd’hui, force est de constater que c’est devenu une affaire des ministres et des hauts cadres », déplorent les responsables de l’association. Pour cette raison, le CDLS-Mali, compte tenu de la gravité de l’acte, demande la démission du Premier ministre pour favoritisme flagrant : « nous demandons la démission pure et simple du Premier ministre », exige l’association.

En usant de son statut de PM du Mali pour attribuer aux membres de sa famille,  des logements sociaux, Modibo Keita semble avoir commis un acte de favoritisme pour le moins criard.

Par ce favoritisme flagrant et périlleux, le prétendant « homme intègre » à la tête de la Primature vient de créer l’effet inverse.

PM-Commission d’attribution des logements sociaux : même odeur

En effet, comme le trafic d’influence du PM  qui n’a ni l’expertise ni le pouvoir requis dans l’attribution des logements sociaux vient d’être confirmé par le CDLS, la commission d’attribution des logements sociaux, à travers la magouille à ciel ouvert, se verra, de facto, obligée d’attribuer des logements sociaux aux membres de la famille du PM. Un retour des vieux démons, qui n’augure rien de bon pour la gouvernance du régime du « Mali d’abord » désormais devenu celui de la « Famille d’abord ».

« C’est inacceptable pour un pays comme le nôtre, dont le pauvre ne fini pas d’être pauvre », rétorque un autre cadre de la primature.

Pour lui, seule la destitution ou la démission de Modibo Keita pourra mettre fin à cette tendance suicidaire. Non seulement pour la relance de la gouvernance du régime ; mais aussi, pour la lutte contre le népotisme.

Par ailleurs le Collectif des demandeurs de logements sociaux du Mali est sur les dents, face à l’attitude du Premier ministre qui n’honore guère un dirigeant. Leur message est clair : « le PM a profité de son poste de chef du gouvernement pour attribuer des logements sociaux aux membres de sa famille. Contre cette pratique illicite, qui va à l’encontre de l’objectif visé par la politique des logements sociaux, il doit avoir le courage de démissionner ».

La disgrâce…

En confiant le poste de Premier ministre à Modibo Keita, le Président de la République était loin d’imaginer le pire. La preuve : de sa nomination à la tête de la Primature à aujourd’hui, les irrégularités se succèdent. Alternant, parfois avec les youyous des casseroles. Une addition trop salée pour celui en charge de la Primature.

Pour certains proches du PM Modibo Keita, il est victime d’une campagne, lancée par les Rpmistes, décidés à s’adjuger la primature. Ceux-ci, indiquent nos interlocuteurs, auraient débloqué plusieurs dizaines de millions de nos francs pour lancer ce qu’ils appellent une « campagne anti-Modibo ».

En attendant la preuve de cette affirmation, la démission du Premier ministre de la primature revient au devant de l’actualité. Sans tambour, ni trompette. Déjà, à la veille de son discours à la nation, le Chef de l’État aurait eu un « dialogue très corsé » avec son premier ministre.

« Pour la première fois, je l’ai vu très remonté contre le PM qu’il considère, du reste, comme son grand frère et son homme de confiance au sein du gouvernement », rassure notre source, qui précise, au passage, que c’est le signe d’un désaveu cinglant.

Bref, tout se passe, aujourd’hui, comme si le PM est devenu persona non gratta.

De l’avis de nos interlocuteurs, il n’est ni en odeur de sainteté avec ses collègues, ni avec le président IBK, son employeur.

Pour les uns comme les autres, Modibo Keita n’a plus le choix : ou il rend son tablier, ou il sera démis de ses fonctions. Car, disent-ils, trop c’est trop !

En politique comme à la guerre, l’erreur ne se pardonne guère. Elle se paie chère. Très chère.

 

Cyrille Coulibaly

Source: Nouveau Réveil

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