PORTRAIT Portrait. Zou : le juriste, l’inspecteur des douanes et la « bête politique »

Il est l’un des rares cadres de la Douane à avoir dirigé à deux reprises le prestigieux Bureau des Produits Pétroliers (BPP), plus connu sous le nom de « Bureau du Pétrole ». Le Premier à y avoir porté ses recettes à 9 milliards CFA par mois, contre 4 milliards CFA sous son prédécesseur.

Soumana Mory Coulibaly, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est plus un inconnu. Tant dans l’administration des Douanes où, il a gravi tous les échelons ou presque, que sur le terrain politique où, ses adversaires l’appellent avec admiration « la bête politique ». Une fois convaincu de la cause à défendre, il s’en donne les moyens. Afin de parvenir à ses fins.
Pourtant, rien ne prédestinait ce « pauvre orphelin » à une carrière aussi prestigieuse. Ayant perdu son père très jeune, sa mère, femme au foyer, a dû vendre du « dolo » (la bière de mil) pour l’élever, lui et ses frères.
« Mais, de toute ma vie, je n’ai porté sur ma langue le dolo, ni d’ailleurs toute autre boisson alcoolisée », me confiait-il, un jour, en écrasant une larme, perlant sur sa joue.


En réussissant son baccalauréat, avec la mention Bien, il obtient une bourse pour l’Algérie. Mais il ne quittera jamais Bamako. Sa famille était incapable de s’acquitter des 60.000 Francs Maliens nécessaires au voyage.
Le jeune Soumana Mory Coulibaly sera donc orienté à l’ENA (Ecole Nationale d’Administration). Option : Sciences juridiques.
C’est là, qu’il fait ses premiers pas en politique, en se faisant élire secrétaire général de l’UNJM (Union Nationale des Jeunes du Mali) de l’ENA. C’était dans les années 80. Il avait comme adjoint un certain Hameye  Founé Mahalmadane, magistrat.
Sa maîtrise en Sciences juridiques en poche, il intègre l’administration des Douanes. Puis s’envole en Allemagne où, il entre à l’Ecole des Inspecteurs de Douane. C’était en compagnie, entre autres, d’une certaine Mme Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre de l’Economie et des Finances et actuel Commissaire du Mali à l’UEMOA.
Membre fondateur de l’Adema-PASJ, il en devient un des vice-présidents ; mais surtout, son secrétaire aux élections.
Tout le monde vous le dira, y compris ses adversaires politiques : c’est grâce à Zou que l’Adema a gagné à toutes les élections.
Suite au séisme qui a secoué la « Ruche », il quitte le « parti de l’abeille solitaire » pour rejoindre le parti FARE AN KA WULI, lancé par l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé. Il en devient, de facto, le vice-président.
Mais la veille du second tour de l’élection présidentielle de 2013, il rejoint IBK. Et avec lui, plusieurs cadres de ce parti politique.
« C’est un frère, originaire de Yangasso comme moi. Et j’ai décidé, en dépit des critiques et des insultes que j’essuie tous les jours, de le soutenir. Advienne que pourra ! », me répondait-il, un jour, en lisant dans mes yeux mon incompréhension.
Une taille moyenne, un physique de boxeur, l’air jovial, plus à l’aise en boubou qu’en costume, Soumana Mory Coulibaly est resté égal à lui-même : fidèle en amitié.
D’abord, ministre du Développement Local, puis nommé ministre des Transports dans le nouveau gouvernement, Zou reste un modèle de réussite pour de nombreux jeunes Maliens.
C’est grâce à son « génie politique » que le candidat IBK, –  dont il était le directeur de campagne dans la « Cité des Balanzans » -, a remporté la victoire à la présidentielle du 29 juillet dernier.
Zou est marié. Musulman pratiquant, il est père et, plusieurs fois, grand-père.
Oumar Babi

Source: Canard Déchainé

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