Polémique autour du fichier électoral: le camp Soumi dénonce plus d’un million d’électeurs «potentiellement» fictifs !

Le camp de Soumaïla CISSE dénonce 1.241.514 électeurs «potentiellement» fictifs !
«Electeurs et bureaux de vote fictifs», à quelques jours de l’élection présiden¬tielle, le directoire de campagne du Chef de file de l’opposition malienne, l’honorable, Soumaïla CISSE, principal challenger du président sortant, Ibra¬him Boubacar KEÏTA, dénonce une «vaste tentative de fraude». C’était vendredi dernier, au cours d’un point de presse animé par Tiébilé DRAME, directeur de campagne de Soumaïla CISSE à l’Hôtel de l’Amitié Bamako.

C’est le premier rebondissement de la campagne présidentielle. En confé¬rence de presse ce vendredi 20 juillet, le directoire de campagne de Soumaï¬la CISSE a annoncé l’existence d’un fichier électoral parallèle. Un fichier qui serait, selon le staff du candidat de l’Union pour la République et la Démo¬cratie (URD), frauduleux et différent de celui audité par l’Organisation interna¬tionale de la Francophonie (OIF) en avril dernier. A cette date en effet, l’OIF l’avait certifié : « Le fichier électoral du Mali, contenant 8.000.462 électeurs, répartis dans 23.041 bureaux de vote, est suffisamment fiable pour permettre la tenue des élections générales de 2018.».
Tout est parti du fichier, mis en ligne ce 4 juillet 2018, par la Délégation Gé¬nérale aux Elections (DGE). Selon le conférencier, le fichier officiel publié sur le site de la DGE est différent du fichier audité par les experts de la Francopho¬nie. Dans le fichier publié, le directoire de campagne de Soumaïla CISSE dit avoir constaté plusieurs anomalies. Le conférencier évoque, entre autres, le retour des doublons, des centres et des bureaux de vote fictifs, des élec¬teurs sans photo. Ainsi sur 8 000 462 électeurs déclarés, le fichier publié fait état de 8 105 654 électeurs, soit une différence déjà de 105.192 électeurs.
Toutefois, si on y ajoute toutes les irrégularités constatées concernant le fichier, les centres et bureaux de vote, au total, estime Tiébilé Dramé, ce sont quelques 1.241.574 électeurs « potentiellement fictifs» qui sont à signaler. Ce chiffre est reparti, par le conférencier, comme suit : électeurs supplémentaires 488. 813; bureaux de vote additionnels 477.000; doublons 275.761.
Autres constats, dans un centre de vote à Ansongo, indique Tiébilé DRAME, 1.803 électeurs sont indiqués dans le fichier électoral, alors que le nombre d’électeurs réels, après comptage, est de 1.499. Pis, ajoute le conférencier, il existe un millier de cas similaires. «Pour nous, il est impossible d’aller au scrutin avec un fichier pareil», attaque Tiébilé DRAME. «Pour nous, la respon¬sabilité du gouvernement est entachée dans ce qui s’apparente à une vaste tentative de fraude tendant à prendre en otage le vote du peuple malien.», a ajouté le directeur de campagne de Soumaïla Cissé. Où est passé le fichier audité par les experts de la Francopho-nie ? Le fichier vérifié par l’OIF est-il bien celui qui a été envoyé à l’Imprime¬rie de France, chargée de l’impression des 8 millions de cartes d’électeurs qui seront utilisées par les Maliens pour al¬ler voter le 29 juillet ? Ou au contraire, est-ce le présumé fichier parallèle et frauduleux qui a été envoyé ? Autant de question pour Tiébilé DRAME qui engage la responsabilité du gouverne¬ment. «Tous les faits cités ici ont été portés à la connaissance du Chef du gouvernement», a fait savoir le direc¬teur de campagne de Soumaïla CISSE. Cependant, fait constater M. DRMAE, depuis la dénonciation des anomalies au Premier ministre, des tableaux ont été enlevés du fichier publié. «Une cor¬rection du fichier publié s’impose avant toute élection», tranche l’opposant.
Toujours selon Tiébilé DRAME, des observateurs internationaux se se¬raient vu refuser l’accès aux centres de compilation des résultats par le gouvernement. A la question de savoir si les mesures attendues n’étaient pas prises avant le jour du vote, « Soumi » envisagerait-il de boycotter le scrutin ? « Je n’ai pas dit que Soumaïla CISSE allait boycotter le scrutin », a tranché Tiébilé. « L’étendue des constatations, leur gravité, fait que des solutions techniques ne suffisent pas. Il faut des mesures politiques, avec l’implication des représentants de la communauté internationale », a-t-il poursuivi. Avant d’ajouter : «Nous essayons d’obtenir des engagements fermes sur la pré¬sence des observateurs internationaux dans les commissions de compilation».
En somme, l’opposition craint que ce fichier, accessible par des lignes de code sur le site Internet de la Direction générale des élections (DGE), ne serve de base à la compilation des résultats de l’élection présidentielle. Et que le jeu démocratique soit ainsi faussé.
En réaction aux déclarations du direc¬toire de campagne de l’URD, la Prima¬ture a publié un communiqué. Dans le document, le Premier ministre indique avoir instruit les mesures suivantes: la transmission à tous les candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018 des documents relatifs à la remise du fichier audité à l’imprimerie natio¬nale de France, au bon de commande et à la livraison des cartes d’électeurs biométriques ; la création dès ce jour d’un cadre de concertation autour de l’AGETIC et la DGE avec les experts nationaux ayant participé à l’audit du fichier électoral et les experts de tous les candidats à l’élection présidentielle qui le souhaitent ; la communication à tous les candidats à l’élection pré-sidentielle du point de situation sur la présence des Préfets et Sous-préfets dans l’ensemble des circonscriptions administratives du pays.
Ces mesures suffiront-elles à rétablir la confiance entre les protagonistes pour la bonne tenue du scrutin?

Par Abdoulaye OUATTARA

Info-matin

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