Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) : Quand le parti crée par IBK à 60 millions en 1995 s’insurge contre lui

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Le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) a vu le jour en septembre 1995 sous la bénédiction financière de certains barons de l’ADEMA (IBK) pour déstabiliser maitre Mountaga Tall et son CNID. Pour cela la somme de 60 millions de FCFA a été débloquée et remise au Pr Aly Nouhoum Diallo pour le Pr Yoro Diakité pour toute fin utile. Nous étions en début septembre 1995.

Le Mali a été humilié avant le 21 mai 2014.Novembre 1968, une junte renverse le président de la République du Mali et suspend toutes les institutions de la République. La suite est connue : la «mise en vacance de la légalité républicaine» pendant 23 ans. Pendant ce temps, constitution de la résistance intérieure et extérieure pour rétablir la justice et la démocratie au Mali. Parmi les résistants, se trouvaient les leaders estudiantins dont un certain M. Tiébilé Dramé, leader aujourd’hui du parti PARENA qui critique la gestion du pouvoir IBK.

 

 

Si nous avons bonne mémoire, le leader du PARENA a été l’un des grands combattants pour l’instauration de la liberté d’expression et surtout de la démocratie. Il a eu à payer physiquement dans sa chair et moralement. Par la fin, il avait fui le pays, pour se retrouver du côté de ses protégés qui l’ont donné une médaille en 2005. Il a été un pensionnaire du Camp para de Bamako, où se trouvait un de ses mentors et ami, le capitaine Amadou Toumani Touré devenu lieutenant-colonel et général de brigade en juin 1992.

 

 

Si nous avons bonne mémoire, le général ATT, dans une longue interview à la presse écrite malienne avait fait beaucoup de révélations : sa première rencontre avec le général Moussa Traoré (président du CMLN et chef de l’Etat) après les évènements du 28 février 1978, une déclaration de M. Tiébilé Dramé lors d’un de ses passages au Camp para : «Capitaine, il faut faire un coup d’Etat». Le général ATT, putschiste en mars 1991 ; nomme son premier gouvernement à la tête duquel se trouve le docteur Soumana Sako, Premier ministre et M. Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères. C’est M. Dramé, leader du PARENA qui déclare «Ecoutez, il y a eu un évènement majeur dans ce pays, un évènement grave qui est le coup d’Etat du 22 mars 2012. C’est une question essentielle, importante, une ligne de démarcation entre ceux qui ont soutenu le coup d’Etat, ceux qui se sont opposés au coup d’Etat et ceux qui ont montré beaucoup d’ambigüité vis-à-vis du coup d’Etat. Ceux qui se sont retrouvés au sein du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) ont opposé une résistance démocratique à l’interruption des institutions de la République. Il y en a d’autres qui ont eu une autre appréciation de la situation et ont montré des positions louvoyantes, ambigües. Je crois que cela a été la principale ligne de démarcation entre nous et d’autres. C’est pourquoi nous ne nous sommes pas retrouvés dans le même camp que celui qui est devenu le président de la République. Au Parena, nous avons, dès les débuts, condamné le putsch du 22 mars 2012, et nous l’avons combattu. Nous n’avons eu aucune forme de compromission avec la junte de Kati et nous en avons tiré les conséquences jusqu’au bout».

 

Mais nous disons quelle différence entre des militaires putschistes, qu’ils soient à Kati ou au Camp-para de Djicoroni? Le lieutenant-colonel ATT est un putschiste comme le capitaine Amadou Haya Sanogo.

 

 

En 1968, l’étudiant Alpha Oumar Konaré, à la tête des étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENSUP), avait dénoncé le coup d’Etat du lieutenant Moussa Traoré. Dix ans après (en 1978), le lieutenant Moussa Traoré devenu général, nomme le professeur Alpha Oumar Konaré dans son gouvernement, avec le portefeuille du ministre de la Jeunesse et des Sports. Un démocrate qui rentre dans le gouvernement d’un dictateur dont il avait dénoncé son avènement par tricherie. Nous ne pouvons pas concevoir qu’un homme qui a passé toute sa vie pour l’instauration de la démocratie et de la liberté s’associe à des putschistes en mars 1991 pour renverser un régime qui lui aussi se dit «démocratique».

Le général-président Moussa Traoré, dans son orgueil personnel, avait dit que c’est le congrès extraordinaire de son parti UDPM qui décidera de l’instauration du multipartisme au Mali. Tout le monde savait aussi qu’à partir de ce congrès, l’autorisation du multipartisme sera décidée. Mais les démocrates et leurs parrains du Parti socialiste français ont pris le devant.

 

La visite officielle en France du général- président Moussa Traoré a été annulée. M. Jacques Peltier, ministre français de la Coopération avait annoncé, vingt quatre heures avant que le lieutenant-colonel ATT (leader militaire du mouvement démocratique) n’entre en action, avait dit ceci : «La France a coupé toute coopération de pointe avec le Mali». Mais nous disons que le coup d’Etat du capitaine Sanogo est plus propre que celui du Mouvement démocratique, le 26 mars 1991. Le coup d’Etat de la junte, le 22 mars 2012 est venu de l’intérieur du Mali alors que celui des démocrates était téléguidé de l’extérieur par ceux-là même qui ont crée le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) en 2011, ceux qui entretenaient la rébellion des années1990 par le canal de leur compatriote et membre du même Parti socialiste français, M. Bernard Kouchner à travers son ONG, Médecins sans frontières.

 

 

Parmi les problèmes actuels du Mali, figurent les conséquences du coup d’Etat de 1968 dont la suite est celle de 1991. Moussa Traoré doit partir mais avec une manière civilisée.

Nous rappelons à M. Dramé que le drapeau du MNLA flottait sur Tinzaoutène, Tessalit, Aguelhok, Ménaka, Léré depuis la période janvier 2012 jusqu’au 21 mars 2012, quand son mentor Amadou Toumani Touré (ATT) était au pouvoir. Il faut avoir l’honnêteté et le courage de dire la vérité. On peut conquérir le pouvoir sans mensonge et hypocrisie.

 

 

Le président IBK n’a pas fait tomber Kidal. Quand le président IBK venait au pouvoir en septembre 2013, il n’avait pas trouvé Kidal dans la souveraineté de la République du Mali. Le colonel Adama Kamissoko, gouverneur nommé à Kidal sous la transition, est moins qu’une souris au milieu des rats. Dites-nous, quel est le préfet de la région de Kidal qui occupait son poste avant les évènements des 17 et 21 mai 2014? Tous les préfets étaient regroupés à Kidal dans une basse-cour. Combien de temps après l’accord de Ouagadougou, le colonel Kamissoko a passé sans qu’on lui lègue le gouvernorat?

 

La communauté internationale reconnait le Mali dans ses frontières du 22 septembre 1960, reconnait l’intégrité territoriale du Mali et ce sont des groupes armés qui occupent toute la région de Kidal. Cette même communauté internationale oblige le président IBK à négocier avec des groupes armés, en violant l’accord de Ouagadougou dont vous êtes concepteur. Quelle complicité et quelle hypocrisie!

 

 

La vérité crue a été dite par le président IBK lors de sa visite en Europe : «On me demande de discuter avec des rebelles, l’arme au point». Le Mali est devenu moins que l’Ethiopie, membre de la SDN (Société des nations), envahie et occupée par le dictateur Benito Mussolini sans déclaration de guerre. Il ne faut pas aussi oublier la face cachée de la débâcle de notre armée à Kidal le 21 mai 2014.

 

 

Kidal a été cédé aux groupes rebelles et à la France par le FDR

La libération du nord du Mali a commencé le 13 janvier 2013 par l’armée malienne et l’opération Serval. L’armée malienne a été accompagnée dans toutes les opérations par la France à travers Serval sauf la région de Kidal. Quand il fallait aller à Kidal, le général français, chef de l’opération Serval rencontre M. Diango Sissoko, Premier ministre du FDR et ses alliés de l’Europe dont la France en tête et de leur boîte postale la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

 

Qu’est-ce que M. Sissoko et le général français se sont dits? Ici, nous rappelons la citation célèbre de M. François Mitterrand : «Lorsqu’une zone d’ombre échappe au regard du peuple, il n’y a pas de République». Les Maliens ont vu la vérité le 17 mai 2014 comme ils l’avaient vue le 22 mars 2012.

 

On ne peut pas cacher le soleil avec sa main. On ne construit pas un pays dans le mensonge. Le mensonge, qui a attrapé Moussa Traoré et son CMLN-UDPM, va attraper tous les «démocrates sincères et patriotes convaincus», menteurs, qui l’ont renversé sur les cadavres de leurs compatriotes dont des voleurs et des fous, uniquement pour atteindre leurs objectifs dont le bradage des sociétés d’Etat du Mali et Incha Allah.

Le président Alpha Oumar Konaré avait dit que «si un militaire le remplace à la tête du Mali, c’est qu’il a échoué» (une déclaration du professeur Ali Nouhou Diallo, lors d’une conférence).

 

Le président Alpha est là vivant et c’est lui qui avait fait sa passation de pouvoir au général ATT, le 08 juin 2002. Parmi ceux qui ont fait la campagne présidentielle du général ATT, il y avait un grand démocrate, M. Tiébilé Dramé, leader du parti PARENA.

 

En 2007, le même Dramé devient opposant farouche à son ami et mentor le général-président ATT ; qui l’avait accusé de malversations dans l’organisation du sommet France-Afrique tenu à Bamako en 2005. Il avait même reçu une médaille des mains des autorités françaises pour services rendus. Nous connaissons les hommes à qui la France donne des médailles.

 

«Les groupes armés ont traversé le fleuve Niger. Ils se trouvent aujourd’hui dans le Gourma malien, c’est à dire au sud du fleuve Niger».

Les groupes armés ont traversé le fleuve Niger depuis la première rébellion des années 1990. Ils sont chez leur ami, le capitaine-président Blaise Compaoré du Burkina Faso. C’est lui qui avait exfiltré de Doro(localité entre Gossi et Gao) le criminel leader du MNLA, M. Bilal ag Chérif après leur déroute devant le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) dans la bataille de Gao en 2012. C’est le même Blaise Compaoré qui est médiateur, qui a rendu visite au président IBK le mois de juillet 2014 et après sa visite, ses amis rebelles envahissent Mondoro (sous-préfecture dans la préfecture de Douentza) dans le Gourma. Ces groupes armés n’ont pas traversé quand le président IBK est au pouvoir.

Le colonel Hassan ag Mehdi (Haut Fonctionnaire de défense au secrétariat d’Etat à l’Office du Niger) avait déserté et était parti de Bamako pour le Burkina Faso depuis janvier 2012, au moment où le général-président ATT, était à la tête du Mali. Le colonel Assalat (Haut Fonctionnaire de défense au ministère de l’Energie et de l’Eau) est parti de Bamako en janvier 2012 pour Kidal. C’est lui qui avait tendu la première embuscade aux éléments du lieutenant- colonel Amadagali Niangaly, entre le camp d’Amachach et la ville de Tessalit, en mission commandée (paix à son âme et à celles de ses compagnons d’armes morts pour la République du Mali). Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître la valeur des autres.

Le parti PARENA, était le premier parti à travers son leader à reconnaître l’accord d’Alger qui est le tsunami de tous les problèmes actuels du Mali actuel. C’est le plus grave problème que le Mali démocratique ait connu : des militaires sous le drapeau malien attaquent à mains armées, trois camps militaires (deux à Kidal et un à Ménaka), emportent toutes les armes et s’en vont dans la nature. Après, le pouvoir organise leur retour avec grande pompe dans l’impunité totale. Les auteurs militaires sont réintégrés avec rappel de soldes et les civils ont eu des récompenses avec des nominations dans les postes diplomatiques.

 

Nous rappelons au président IBK de ne pas répéter la même erreur de 2006.Il ne doit pas réintégrer ceux qui ont pris les armes contre la République du Mali et son peuple. Même pour la paix! Il y a d’autres voix qui peuvent conduire à la réconciliation nationale sans la réintégration des déserteurs rebelles.

 

Nous rappelons au président du PARENA que le Mali n’est pas bloqué malgré qu’il traverse des moments difficiles. En mars 1991, le tissu économique du Mali était totalement pillé et détruit par les militants des «démocrates sincères et patriotes convaincus» qu’ils ont déversés dans la rue pour déloger le dictateur Moussa Traoré. Il n’y avait rien au Trésor de Bamako sauf quelques billets de banques que les travailleurs du Trésor ont pu sauver en les cachant sur la terrasse.

 

Quand le leader du PARENA disait que «C’est pourquoi nous avons dit que jamais le Mali n’a été dans une situation aussi difficile et nous avons ajouté ce jour-là que jamais le leadership malien n’a été autant faible, que jamais la crédibilité intérieure et extérieure d’un gouvernement n’a été autant entamée depuis l’indépendance de notre pays. C’est dans ce même contexte que nous nous sommes rendus aux négociations préliminaires d’Alger et c’est dans ce même contexte que nous allons nous rendre aux négociations sur le fond le 17 août prochain».

 

Le Mali a vu des situations plus difficiles que celles que nous traversons aujourd’hui. Les fonctionnaires maliens avaient fait plus de sept ans (1983-1991) de retard de salaires sous l’ère UDPM. Rappelez-vous de l’année 1973 où le colonel-président Moussa Traoré avait rendu visite au président américain Nixon et en retour le cadeau au peuple malien du sorgho rouge américain qui nourrissait les porcs américains. Dans le journal Afrique-Asie, on nous racontait au lycée qu’une caricature est sortie dedans : les porcs américains réclamaient leur nourriture au président Nixon qui leur disait qu’il l’a donnée à cet homme qui est Moussa Traoré. Quelle humiliation! Le Mali a été humilié depuis le coup d’Etat militaire du 19 novembre 1968 où un petit groupe d’officiers subalternes s’empare du pouvoir et ils ne trouvent rien au lendemain de leur forfait, que de piller la banque de leur peuple. Ils gardent en prison dans des situations inhumaines les responsables du Mali dont le président de la République sans jamais les présenter à un juge.

 

Certains meurent en prison. On promet au président sa libération et le lendemain, on l’assassine. Quelle humiliation, quand on torture des étudiants et des intellectuels dans des camps militaires, sans jugement. Le Mali a été humilié quand on tue un étudiant par torture et par arrogance on refuse de donner son corps à ses parents. Quelle humiliation! Le Mali a été humilié depuis 1969 quand on prend un homme, suspect et on le photographie pour corruption avec une ardoise accrochée à son coup : «CORRUPTION».

 

En 1978, tous les militaires, gendarmes et policiers mis aux arrêts dans l’affaire «la bande des trois», ont été photographiés avec une ardoise au coup. Les commanditaires sont physiquement présents actuellement au Mali. Le Mali a été humilié quand l’armée française s’est opposée à l’entrée de l’armée malienne à Kidal. Quelle humiliation pour tout un peuple! C’est vous le concepteur de l’accord de Ouagadougou. C’est cet accord qui avait fixé les modalités d’entrée de nos troupes armées à Kidal. Ces modalités n’ont-elles pas été fixées par la volonté des amis du FDR dont M. Diango Sissoko, le professeur Dioncounda Traoré et leur ami, le gouvernement français et ses lobbies de la CEDEAO?

 

C’est sous ATT, votre mentor, que les prisonniers militaires du Mali ont été libérés jusqu’en Libye chez le défunt président Kadhafi, pendant les attaques de Ibrahim ag Bahanga. Quelle humiliation! C’est une humiliation quand le président ATT reconnaît que les militaires maliens sont mal équipés que les groupes armés ! Qu’ils sont moins combattifs que les groupes armés! C’est une humiliation que tous les militaires maliens ne possèdent chacun, une arme individuelle! Quelle humiliation pour tout le peuple, quand il apprend que l’armée de l’air n’a pas de radar, n’a pas d’avions de combats! (Rappelons que c’est sous la transition que l’Assemblée nationale a voté un budget dans lequel, l’armée de l’air doit être dotée de radar). C’est une humiliation pour un peuple quand on brade des sociétés d’Etat et on jette les travailleurs dans la rue. C’est une humiliation pour un peuple quand on attribue le baccalauréat à des élèves avec 7,25 de moyenne.

 

Depuis la chute de Moussa Traoré en mars 1991, il n’y a pas d’école véritable au Mali. Le Mali a été humilié en 2009 avec l’histoire «d’Air cocaïne». Un avion rempli de drogue atterrit à Tarkint dans le cercle de Bourem et ce sont des hommes qui aménagent son terrain d’atterrissage. Le Mali a été humilié quand c’est l’armée mauritanienne qui venait bombarder ses populations civiles dans la région de Tombouctou soit disant qu’elle venait bombarder les éléments d’Al-Quaïda au Maghreb Ismique (AQMI).

La France a intervenu sur le sol malien pour libérer son otage Michel Germano aux mains d’AQMI. A-t-elle demandé un accord d’intervention comme elle eu à le faire en janvier 2013, avec l’opération Serval?

 

Le Mali a été humilié lorsque les rebelles ivoiriens braquent la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de Man (Côte d’Ivoire) et ce sont des milliards qui ont été blanchis à Bamako. Le Mali a été humilié lorsque ce sont des escrocs qui deviennent députés à l’Assemblée nationale et votent les lois au Mali. Le Mali a été humilié lorsque des cadres détournent les ressources publiques et vont se cacher à l’Assemblée nationale du Mali.

 

L’enseignement supérieur a été totalement ignoré depuis la période du pouvoir «kaki» jusqu’à celui des «démocrates sincères et patriotes convaincus». Aucune infrastructure véritable. Les seules structures véritables sont celles construites sous la première République et ce sont elles qui ont été le soubassement de l’université de Bamako créée en 1996. Mais, Moussa Traoré est parti depuis mars 1991. Si les démocrates avaient sérieusement souci de l’école malienne, ils allaient renverser la tendance de manière positive. Mais actuellement, nous voyons à l’horizon un avenir radieux pour l’enseignement supérieur avec son actuel locateur.

 

«Et sur le plan économique, tout le monde sait les difficultés que le pays traverse. Le Mali est bloqué, les affaires ne marchent pas, l’économie est grippée et nous avons les relations extrêmement difficiles avec la communauté financière internationale, avec ceux qui en mai 2013, à Bruxelles, ont décidé, généreusement, de venir en aide au Mali. Et ces amis du Mali, pays et organisations, ont été obligés de suspendre leurs contributions financières sous la forme d’aide budgétaire à notre pays en attendant la clarification d’un certain nombre de questions liées à des décisions malheureuses prises par les autorités qui dirigent notre pays: à des marchés douteux et opaques, achat d’un second avion présidentiel. Toutes choses qui montrent aujourd’hui que les pouvoirs publics actuels n’ont pas le sens des priorités dans un pays qui sort à peine du gouffre. N’est-ce pas ? C’est pourquoi nous avons dit que jamais le Mali n’a été dans une situation aussi difficile et nous avons ajouté ce jour-là que jamais le leadership malien n’a été autant faible, que jamais la crédibilité intérieure et extérieure d’un gouvernement n’a été autant entamée depuis l’indépendance de notre pays. C’est dans ce même contexte que nous nous sommes rendus aux négociations préliminaires d’Alger et c’est dans ce même contexte que nous allons nous rendre aux négociations sur le fond le 17 août prochain».

 

Le Mali doit compter sur ses propres forces en premier lieu au lieu de compter sur une communauté financière internationale. Cette communauté financière a plus besoin de nous qu’on ait besoin d’elle. Gérez bien vos maigres ressources, arrêtez la corruption et la délinquance financière. C’est ça notre porte de sortie pour que le Mali soit grand et respecté. «Quand un pays est endetté, il est moins écouté sur l’arène politique internationale» (Michel Debré, ancien Premier ministre du général De Gaule, une éminence de la politique française). Quand un pays ne peut pas payer ses fonctionnaires à la fin du mois, ce pays ne doit pas exister car il n’a pas de souveraineté.

 

Le roi Hassan II du Maroc avait dit après la reconnaissance de la République arabe sahraoui populaire et démocratique par le Mali : «des pays comme le Mali, qui ne peuvent pas payer leurs fonctionnaires, des Etats non solvables, est- ce que ce sont des Etats? Des Etats qui sont terrorisés par la Libye qui a des visées jusqu’à l’Atlantique».

 

Combien de visites le président Konaré a effectué en Libye pendant ses deux mandats? Et le président ATT? Dieu a donné raison au roi Hassan II.

 

Avant l’arrivée du président IBK à Koulouba, il y a eu des marchés douteux et opaques au Mali. Il y a eu aussi la mal gouvernance. Ton beau-frère était seul qui a eu le privilège de sortir seul dans une promotion de l’EMIA. Son seul palmarès académique est que son père est président de la République et chef de l’Etat du Mali.

 

En 1997, le président Alpha a été réélu avec un taux de participation de 28,28%.

«Monsieur le Président avant d’envoyer vos plénipotentiaires à Alger pour négocier, réunissez les forces vives du pays, discuter de ce qui va être débattu à Alger, dégager une position malienne, ayez une proposition malienne résultant de concertations. C’est l’intérêt de notre pays».

Quand vous partiez à Ouagadougou en juin 2013, quelles concertations avaient eu lieu pour dégager la position malienne? Vos déclarations me rappellent une citation célèbre du général-président Moussa Traoré dans les années 1980 : «Les inassouvis du pouvoir qui sont assis à l’ombre et qui tirent le bout du fil». Ou bien : «Quand on construisait le hangar, vous avez refusé d’y participer. Maintenant, qu’il est construit, vous voulez rentrer sous l’ombre. Vous allez rester sous le soleil». Même si vous appelez à voter IBK, il n’est pas dit qu’il va vous donner un poste dans la mesure où le président IBK avait dit qu’il n’est pas dans l’optique d’«un partage de gâteau». Même si on voit quelle que part ce partage de gâteau avec certains hommes politiques dans le gouvernement de M. Moussa Mara.

 

Faute de vision, faut de stratégie, notre gouvernement s’est remis totalement à l’Algérie »

Le Mali est devenu myope depuis l’avènement de votre mentor, le général-président ATT au pouvoir en 2002 par votre soutien et la complicité de votre beau-père, le président Konaré, avec son pronunciamiento électoral de 2002. «Quand le tête est pourrie, le corps s’étiole».

 

En janvier 1991, l’accord de Tamanrasset, en 1992, le Pacte national, en 2007, l’accord d’Alger. L’Algérie est signataire de tous ces accords. Et pourtant, le président IBK n’était pas président de la République.

 

Sous l’accord d’Alger en 2007, il était président de l’Assemblée nationale et il avait apporté sa position. Pour lui, c’est «la loi militaire qui doit être appliquée dans sa rigueur». Il avait dit aussi une phrase célèbre : «Si les Touaregs ne cessent pas dans leur attitude, ils auront les regards de tous les maliens sur eux». Il vaut mieux que le Mali traite sa sécurité avec l’Algérie et tous les pays voisins du Mali dont la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal que de traiter avec la France.

 

Le Mali a plus de fraternité avec ses voisins que la France. Tous les problèmes sécuritaires du Mali de 1963-64 sont nés en France avec son projet de l’OCRS de 1957. La France a toujours divisé ses colonies en mettant les communautés les unes contre les autres. Vous n’avez pas le courage de le dire comme vous n’avez pas le courage de critiquer la politique française. Quand vous êtes endetté d’un homme, il est difficile de dire sa vérité.

L’Algérie n’est pas le problème du Mali, ce sont les Maliens qui sont à la base des problèmes de leur pays. Personne ne viendra travailler à la place des Maliens pour eux-mêmes. On ne développe pas un pays dans le mensonge, la corruption, le vol, le passe droit, l’injustice, l’ignorance. Le premier facteur de développement d’un pays, c’est l’instruction.

«Ce qui est regrettable, ce qui me peine, c’est que le président de la République a couvert de son autorité l’aventurisme et les déclarations guerrières du Premier ministre qui nous ont conduits au 21 mai : jour noir, jour douloureux, jour triste pour le peuple malien».

Lors de la première visite du président Alpha Oumar Konaré en République de Côte d’Ivoire, il avait déclaré que «les rebelles d’aujourd’hui sont les orphelins de la rébellion de 1963-64». Voici une déclaration incendiaire qui ne doit pas sortir de la bouche d’une personnalité comme le président de la République. Tout ce que nous regrettons, c’est le volte-face du Premier ministre Mara par rapport à ses déclarations après son retour de Kidal. Il devait insister là-dessus. Il n’est pas le président IBK. Le PM Moussa Mara a manqué de courage ici.

 

Du CNID-Faso Yiriwaton au PARENA, nous connaissons votre parcours. Vous pouvez nous dire comment votre parti le PARENA a été crée? Pouvez-vous nous dire pourquoi votre beau-père le président Alpha Oumar Konaré et le président IBK ne se parlaient pas jusqu’en 2007? Et votre passage au ministère des Zones arides ? Nous avons en mémoire les critiques de la presse écrite du Mali concernant cette période. Diriger un pays, c’est différent de la manière dont on exécute un cours de français, ou un cours de philosophie.

De 1968 à nos jours, le parcours et l’avènement de certains hommes politiques maliens ne sont pas de l’histoire pour nous.

 

Nous voyons en vous non pas un opposant politique mais un opportuniste, qui s’agite seulement quand il n’est pas aux affaires. Personne n’est indispensable pour le Mali. Ceux qui ont donné leur vie pour le Mali, ont été mis à la touche par les partisans du «festival des brigands» et le Mali continue.

 

Que Dieu sauve notre pays des politiciens charognards aux ventres en tonneaux troués. Amine.

 

Yacouba ALIOU

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