Nominations aux postes administratifs et politiques : La “colonelisation” en marche

Jamais notre pays  n’a connu une transition à l’issue aussi incertaine. Arrivés aux affaires le 18 août suite à un coup d’État après une série de contestations engagées par une frange de la population, les jeunes officiers conduits par l’actuel vice-président de la Transition semblent de plus en plus prendre goût au pouvoir.

 

Après avoir trahi le contenu de leur première déclaration,” Nous sommes venus parachever la lutte du mouvement contestataire”, les jeunes officiers sont montés sur une autre planète.

D’abord, ils ont militarisé le secteur des représentants de l’Etat (Gouverneur, préfet et sous-préfet), à la place des administrateurs civils formés pour la cause.

Ensuite ils ont occupé tous les postes stratégiques de la République. Ils ont le contingent le plus important dans le Conseil National de transition qui fait office d’organe législatif. Du jamais vu au monde. Qu’est ce qu’un militaire a à faire dans l’hémicycle ?

Ces jeunes officiers semblent avoir renversé le régime d’IBK pour satisfaire leur cupidité pour le luxe.

Aujourd’hui, on assiste à des nominations des militaires dans tous les secteurs de l’administration publique. Il faut être un colonel ou colonel major pour rentrer dans cette sphère.

Après, l’expression ” Capitaine” et ” lieutenant” en 2012, lors du coup d’Etat de Amadou Haya Sanogo, voilà venu celui de “Colonelisation” en  2020.  En effet il faut être un colonel ou son parent pour avoir droit à un poste stratégique dans l’administration publique.

Pendant ce temps, le citoyen lambda continue à crier à cause de la cherté de la vie. Les ménagères ne savent plus où donner de la tête. Les prix de tous les produits de consommation courante ont pris l’ascenseur, cela à quelques encablures du mois béni de Ramadan. Ces militaires n’ont aucune notion dans la gestion administrative. Ils ne font que tâtonner. Dans ce tâtonnement, ils vont même jusqu’à nommer un jeune commissaire qui n’a aucune notion d’administration de société comme gouverneur. Seulement, parce qu’il a été leur acolyte. A ce rythme, le Mali ne semble pas encore avoir fini avec les coups de force, car c’est le temps du miel pour certains.

Le Mali revient de loin et sur cette lancée, il ne semble pas proche d’atteindre le bout du tunnel maintenant. C’est la “colonelisation” qui est en marche. Certains militaires auraient même tenté d’usurper le titre de colonel. Pourquoi pas, c’est l’air du temps.

Après avoir occupé tous les postes stratégiques de la République, les militaires seraient dans la logique de proroger la durée de la transition à 3 ans. Que le Bon Dieu sauve le Mali.

Seydou Diamoutené

Source : 22 Septembre

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