Nomination des Gouverneurs de Ménaka et Taoudéni : Le Gouvernement Modibo KEITA III triche avec les populations du sud du Mali.

Rappelons que l’Assemblée Nationale du Mali a délibéré et adopté en sa séance plénière du 6 Janvier 2012 la loi portant création des circonscriptions administratives en République du Mali.

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Les raisons évoquées à l’époque étaient relatives au fait que l’organisation administrative du Mali nouvellement indépendant a été fortement marquée par la trop grande centralisation du pouvoir, avec comme objectif une meilleure surveillance et un encadrement bien ciblé des populations en vue de promouvoir leur développement sous régime socialiste.

 

A cet effet, on peut dégager trois périodes :

  • 1re période 1960-1977: La loi N° 60-3/AL-RS du 7 juin 1960 a consacré la rupture avec le découpage administratif hérité de la période coloniale. La reforme a abouti à un accroissement des échelons (région, cercle et arrondissement) et une augmentation du nombre des circonscriptions (6 régions : Kayes, Bamako, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao subdivisées en 42 cercles).
  • 2e période 1977-1991: L’Ordonnance N° 77-44/CMLN du 12 juillet 1977 a fixé la composition du territoire national en régions, cercles, arrondissements, communes, villages et fractions nomades et le district de Bamako tandis que l’Ordonnance N°77-45/CMLN du 12 juillet 1977 a déterminé les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales. Le nombre de régions est passé de six à sept : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao plus le district de Bamako , tandis que le nombre de cercles a évolué de 42 à 46, les arrondissements de 279 à 281 et les communes de 13 à 19 ;
  • 3ème période 1991: L’Ordonnance N°91-039/P-CTSP du 8 août 1991 a déterminé les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales. Elle a apporté le nombre de régions à huit par la création de la nouvelle région de Kidal, de cercles à 49 et des arrondissements à 285.

L’objectif principal était d’assurer le développement et la démocratisation du pays à la base, en associant les populations à la gestion de leurs propres affaires à travers les comités de développement, les conseils régionaux et locaux.

Ce découpage a permis, avec plus ou moins d’efficacité, le contrôle de la population et l’impulsion économique.

Dans le souci de corriger les insuffisances constatées depuis 1991, il s’est avéré nécessaire à partir de 2012 de procéder à un nouveau découpage territorial en vue de :

  1. mettre l’administration en adéquation avec les objectifs de sa modernisation assignés dans le cadre du programme de développement institutionnel ;
  2. prendre en compte les solidarités communautaires ;
  3. mettre en œuvre les objectifs fixés par l’état dans le cadre de la décentralisation.

Ce nouveau découpage a reposé sur quatre critères :

  1. le maintien et la dynamisation des solidarités sociales (données historiques, sociologiques, modes de vie, coutumes, etc.) ;
  2. l’homogénéité économique de chaque territoire érigé en entité administrative déconcentrée ;
  3. la logique géographique et spatiale (nécessité de tenir compte des distances et de la continuité géographique pour procéder à un découpage administratif) ;
  4. la prise en compte du découpage administratif existant.

 

Les innovations qui y sont introduites ont concerné :

  1. l’augmentation du nombre de régions administratives qui passe de huit à dix-neuf ;
  2. la mise en place progressive des régions avec leurs démembrements sur une période de trois à cinq ans pour tenir compte des contraintes financières, logistiques et de la rareté relative des ressources humaines.

Il est important de souligner que ce nouveau découpage n’a concerné que les structures déconcentrées de l’administration territoriale. Ainsi avec ce nouveau découpage,  le territoire de la république du Mali comprend désormais le district de Bamako et les dix-neuf (19) régions suivantes :  Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni, Ménaka, Nioro, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza, Bandiagara.

Il est dit que les cercles et les arrondissements composant chaque région seront déterminés par la loi et que le district de Bamako est doté d’un statut particulier défini par la loi.

 

A coup sûr, la nomination des Gouverneurs de ces deux régions constitue une des mesures d’accompagnement de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger.

Selon les parties signataires de l’Accord d’Alger, ces nominations vont permettre d’une part de décrisper l’atmosphère déjà tendue entre les différentes parties, et d’autre part d’instituer la confiance entre elles.

Mais, le hic dans cette décision du Gouvernement est que sur les 10 nouvelles régions créées en 2012, le régime d’I.B.K., pour une question d’équité de stratégie et d’équilibre, ne pouvait-il pas procéder à des nominations pour deux ou trois, voire même quatre régions (Douentza, Koutiala, Nara, Nioro) dans la zone sud du Mali ?

Décidément, nos dirigeants manquent-ils vraiment de stratégies ou alors I.B.K. a-t-il une peur bleue des rebelles et de la Communauté Internationale au point de ne plus savoir quoi faire ?

On va répliquer qu’il n’y a pas de financement pour ce faire. Cela est faux. Dès l’instant ou les infrastructures des deux nouvelles régions du nord seront financées par la Communauté Internationale, celles de la zone du sud pourront l’être sur le budget national. Pourront être amputés le budget de la présidence de 4 milliards sur un total de 19 milliards, celui de l’Assemblée Nationale de 2 milliards sur un total de 12 milliards, celui de la Primature d’un milliard sur un total de 10 milliards, soit au finish 7 milliards. Ce montant suffit pour faire démarrer les quatre régions. Egalement, les montants récupérés sur les surfacturations de l’Avion Présidentiel et de l’achat des équipements militaires, soit plus de 29 milliards pouvaient suffire pour le démarrage effectif de 5 à 6 nouvelles régions. Mais comme on le constate, I.B.K. veut sauver son régime sans sauver le Mali, un et indivisible.

Que Dieu sauve le Mali !

 

 

                                                                                              BADOU S. KOBA

Source: CARREFOUR

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