#MaTransition : de l’inscription d’office à l’inscription volontaire sur les listes électorales

Le faible taux de participation aux différents scrutins constitue une préoccupation majeure pour notre jeune démocratie. Les conséquences doivent conduire à penser à de meilleures stratégies. C’est tout l’intérêt de la proposition de l’inscription volontaire.

 

Il n’y a pas véritablement de démocratie si les citoyens n’expriment pas d’intérêt à participer au choix de leurs dirigeants. Au regard des taux peu élevés de participation des citoyens aux échéances électorales dans notre pays, depuis l’avènement de la démocratie, la question de la légitimité des élus suscite de nombreux débats.

En analysant par comparaison les suffrages obtenus par nos élus à l’issue des différentes concertations électorales et le total d’électeurs inscrits effectivement invités à voter, les résultats apparaissent peu honorables.

Prenons, par exemple, le cas des dernières élections présidentielles de 2018. Sur un total de 8 000 642 électeurs inscrits, seuls 3 416 218 ont voté au premier tour, soit un taux de participation de 42,70%. Au second tour, sur le total d’électeurs inscrits suscité, seulement 2 753 698 ont voté, soit un taux de participation de 34,42%.

Ces résultats peuvent être considérés nettement satisfaisants comparés à d’autres antérieurs. La réalité est qu’au Mali, le taux de participation à une élection frôle difficilement les 50%.

La loi électorale en cause

Nous estimons que ce large écart entre le nombre d’électeurs inscrits et ceux qui ont effectivement voté est dû, en grande partie, au fait que notre loi électorale permet d’office à ceux qui figurent dans la base de données biométriques de l’état civil, avec leurs photos et empreintes digitales, d’être considérés comme électeurs s’ils répondent aux exigences légales pour ce faire.

Cette mesure, certainement de bonne foi, est malheureusement de nature à prendre automatiquement en compte des citoyens qui n’expriment pas une volonté affirmée de voter. Résultat : l’écart est grand entre ceux qui sont inscrits et ceux qui désirent voter. De cette manière, on peut considérer que nos élus ne disposent pas d’un réel confort de soutien populaire issu des urnes.

Changer cette disposition

Du statut « d’office », ne serait-il pas mieux que l’inscription sur les listes électorales soit volontaire ? Ce faisant, il sera plus facile d’estimer réellement le poids électoral d’un candidat. Le total d’électeurs inscrits sera celui effectivement dévoué à voter. Sur la base de ce nombre, le taux de participation électorale dans notre pays connaîtra une augmentation. Car, entre les citoyens qui ont manifesté leur désir de voter et ceux qui votent, les chiffres ne sauraient tromper.

A défaut de rendre le vote obligatoire, cette stratégie mérite parmi tant d’autres d’être explorée afin de donner un réel sens à notre démocratie, basée sur le principe d’un choix populaire des dirigeants par les citoyens.

Il faudrait, pour notre part, attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’alléger les tracasseries administratives pour faciliter l’inscription sur les listes électorales.

Source : Benbere

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