Mandat des députés : EPM réfléchit à un plan B

L’Alliance électorale ‘’Ensemble pour le Mali’’ (EPM) a tenu, le samedi dernier, sa 2e assise à l’ex-CRES de Bamako. A cette occasion, le président de l’alliance, Bocary Tréta, s’est montré dubitatif quant au renouvèlement du mandat des députés qui arrive à terme en juin prochain. A cet effet, il a invité l’assise à réfléchir à un plan B au cas où la date de juin, fixée pour le tenue des législatives, ne serait pas tenable.  

« Je vous propose de penser à un plan B au cas où il ne sera pas possible de renouveler le mandat des députés », a déclaré, Bocary Tréta.

Sur le sujet, des partis politiques de l’EPM sont partagés. Il y a ceux qui pensent qu’il faut impérativement aller aux élections législatives en juin. Selon eux, une nouvelle prorogation du mandat des députés serait très mal perçue par la population. A ce stade des débats, cette déclaration prépare l’opinion publique à une autre prorogation. « L’Etat doit créer toutes les conditions pour respecter son calendrier en juin », suggère un responsable politique de l’EPM.

D’autres, au contraire, pensent que le renouvèlement de l’Assemblée nationale est lié aux réformes constitutionnelles en cours. Déjà, ce processus a pris du retard et pourrait bouleverser l’échéance. Alors, pour cette raison, il faut penser à un autre plan, comme l’a suggéré Tréta.

En phase de devenir une tradition, la majorité présidentielle ne rate plus l’occasion de se concerter. Ce samedi, les responsables de l’alliance se sont donné rendez-vous pour échanger sur des questions d’intérêt national. De façon particulière, les débats ont porté sur la réforme en vue de la loi électorale. Ils ont concerné de façon spécifique les thèmes suivants : «Présentation de la loi électorale (force et faiblesse)»; «Modes de scrutin et proposition: option pour les élections des députés à l’Assemblée nationale»; «le choix de la circonscription électorale des députés à l’Assemblée nationale: option et justification».

Cette 2e assise était présidée par le président de l’EPM, Bocary Tréta. Avec lui au présidium, le ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag Erlaf ; le responsable chargé des questions électorales et réformes de l’EPM, Younous Hamèye Dicko ; le Délégué général aux élections, Général Siaka Sangaré. Des ministres, des députés, des experts, des représentants des organisations sous-régionales y ont également pris part.

A cette occasion, le président Bocary Tréta a salué l’ensemble des responsables politiques membres de l’Ensemble pour le Mali. Aussi, a-t-il félicité le gouvernement pour avoir pris la décision de relire le décret de création et de participation au cadre de concertation national suite à des observations des partis politiques. Selon M. Tréta, cette décision montre la volonté du gouvernement d’aller à un processus inclusif en prenant en compte les attentes des uns et des autres. « Le comité d’experts, à partir du 4 mars (Ndrl ce lundi), va entamer une série de rencontres à l’intérieur pour être à l’écoute de la population », a ajouté le responsable politique de l’EPM.

En organisant cette 2e assise, a indiqué Bocary Tréta, l’EPM entend apporter sa contribution aux débats sur les réformes envisagées par le gouvernement. En dessous, il s’agit pour la majorité présidentielle de renforcer ses rangs, de dégager une position commune en vue d’éviter des dissidences comme lors de la tentative de la révision constitutionnelle de 2017.

«Nous devons échanger sur les modifications de la loi électorale pour une meilleure représentativité des députés. C’est aussi une occasion d’appropriation du contenu de la loi électorale», a expliqué M. Tréta, avant d’aborder le sujet actuellement en débat entre les acteurs politiques : quel mode de scrutin pour le Mali ? Déjà, une frange importante de partis politiques est favorable au scrutin à la proportionnelle.

Dans son speech, M. Tréta a exprimé son inquiétude quant au respect du calendrier du référendum. Selon lui, ils jouent contre la montre. Initialement prévu en avril, le processus a pris du retard à cause des positions très opposées des acteurs politiques. «En ce moment, je pense qu’il faut aller au couplage du référendum et du 1er tour des élections législatives au 9 juin prochain», a indiqué le président de l’EMP.  Pour rappel, cette possibilité a été proposée par le cadre de concertation national.

Outre ce point, le président Bocary Tréta est aussi dubitatif sur le respect du délai de renouvellement du mandat des députés, lequel mandat a été prorogé de six mois. Celui-ci arrive à terme en juin. Alors, un plan B est-il envisageable?

Harber MAIGA

Source: Azalaï Express

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