Mali : La grande influence des religieux sur les politiques

De nos jours, les religieux ont une grande influence sur les politiques. Toutes les grandes questions d’intérêts nationales sont dictées par les religieux qui s’intéressent de plus en plus dangereusement à la politique.

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L’arrivée de l’Islam influe sur tous les secteurs de la vie, y compris le secteur politique. Les populations se sont appropriées l’islam de rite malékite qui leur permettait de recourir largement à leurs traditions.

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En plus, il s’est propagé plutôt pacifiquement (à l’exception de quelques épisodes guerriers, comme la conquête almoravide de l’empire du Ghana au XIe siècle, qui ne s’est pas accompagnée d’occupation ou d’invasion massive, ou la fondation de la Dina qui répondait davantage à des impératifs économiques que religieux) chez les commerçants d’abord, dans la classe dirigeante ensuite, et progressivement au niveau de la population, ce qui explique qu’il ne soit ni perçu, ni vécu comme étranger, encore moins comme une agression, contrairement à la colonisation.

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Le pouvoir ne se transmet plus exclusivement par voie collatérale, mais de père en fils. Ce changement de légitimité et de légalité a été à l’origine de crises de succession dans les États qui ont adopté la nouvelle religion, avant que la transmission du pouvoir de père en fils ne s’impose à tous, avec son enracinement. Dans les empires du Mali et du Songhaï, l’islam a marqué, de façon indélébile le fonctionnement politique, social, économique et culturel de l’État.

La Dina (1818-1862) était un État théocratique fondé au nom de l’islam et régi selon ses prescriptions. Le nouveau pouvoir, pour se légitimer demande et obtient la caution des autorités religieuses de référence de la région, les Kounta, propagateurs de l’islam Qadirriya dans tout le delta du Niger et les Dan Fodio, califes de Sokoto. Elle était dirigée par le Cheikh fondateur, vainqueur de la bataille de Nukuma, assisté par une grande assemblée, le Batu Mawdo, composé de 100 oulémas. L’islam ici est la seule source de légitimité et de légalité. Le renouvellement du Batu Mawdo se faisait sur la base exclusive de la culture et de l’instruction islamiques. Pour prétendre siéger à l’auguste assemblée, il fallait être âgé au moins de 40 ans, être marié, avoir un bon niveau d’instruction, c’est-à-dire comprendre et écrire l’arabe, connaître le coran, retenir par coeur au moins deux « hizb », et avoir étudié au moins huit ouvrages de droit malékite.

À la mort de Sékou Amadou, le fondateur de l’État, son fils Amadou Sékou lui succède. Mais à la mort de ce dernier, les oulémas du Batu Mawdo sont divisés à propos de sa succession. Certains, dont des compagnons du fondateur de l’État, jugent son fils Amadou Amadou trop jeune (il avait 20 ans) et trop peu instruit pour être « Amir el Mumini », titre des souverains de la Dina. Ils proposent de préférer au fils immature, un frère, (en réalité un cousin) du défunt qui remplisse les conditions islamiques établies par le Batu Mawdo. D’autres pensent qu’il faut s’en tenir au respect formel de la tradition islamique qui veut que le fils du souverain succède au père. Une crise grave de succession éclate. Il a fallu faire appel aux traditions peules préislamiques pour éviter l’éclatement de l’État. Finalement, Amadou Amadou succède à son père. La crise est surmontée même si elle laisse des traces.

Pendant toute la période précoloniale, les problèmes liés à l’exercice, à la gestion, et à la transmission du pouvoir ont été régi par des mécanismes internes.

Sambou Sissoko

Par Le Démocrate

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