Majorité et opposition attendues sous l’arbre à palabres : Le Peuple a plus besoin de débats contradictoires que de rencontres de salon

24 ans après l’avènement de la démocratie au Mali le bilan reste toujours mitigé. Si  on peut reconnaitre volontiers qu’un long chemin a été parcouru dans la construction de la démocratie et dans la réalisation des grands projets, force  est de constater que beaucoup restent encore à faire. Parmi les grands chantiers qui restent à consolider, il  y a la nécessité de consolider cette culture de débats démocratiques et républicains sur les grandes questions d’intérêt nationale entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés. Il n’y a pas de démocratie quand le Peuple est privé de cet exercice élémentaire qui est au fondement de tout bon système démocratique. C’est pourquoi, Le Peuple malien a plus besoin aujourd’hui de débats contradictoires directs et francs que de rencontres de salon. Majorité et Opposition sont donc attendues sous l’arbre à palabres.   Nos autorités en ont-elles conscience ? L’avenir de la Démocratie malienne est à ce prix.

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Plus d’un an après l’adoption par l’Assemblée Nationale du statut de chef de file de l’Opposition, les lignes semblent enfin bouger. Il y a juste quelques semaines, contre toute attente, la majorité a surpris plus d’un en demandant pour une rare fois à rencontrer l’Opposition pour échanger sur les grandes questions de la Nation. Cette initiative, saluée par l’ensemble des forces vives de la Nation, semble préfigurer une décrispation de l’atmosphère longtemps alourdie entre les deux principaux piliers de notre démocratie. Mais aussi et surtout, elle dénote certainement d’une réelle prise de conscience de la Majorité de son devoir de redevabilité citoyenne et du rôle de l’Opposition dans la consolidation de la Démocratie. Après cette rencontre, qualifiée d’avancée significative dans l’instauration d’un dialogue fécond entre la Majorité et l’Opposition, les adeptes du débat démocratique sont toujours restés  sur leur faim. Le Peuple a plus besoin de débats contradictoires que de rencontres de salon.

Finalement, la Majorité serait à saluer si après l’adoption du statut de l’Opposition ainsi que de la reconnaissance officielle de son Chef de file, elle arrivait à ajouter à son arc cette seconde corde du débat démocratique tant attendu. Le pouvoir aura joué son rôle après le vote de près d’un demi milliard de nos francs au Chef de file de l’Opposition au compte de l’année 2016, il permettait un égal accès aux médias d’Etat à l’Opposition afin qu’elle joue pleinement son rôle régalien. Si ces deux gestes sont considérés comme des prouesses politiques du gouvernement, ils n’en demeurent pas moins qu’ils restent insuffisants pour animer véritablement la scène politique. A défaut de ce débat républicain, la scène politique est aujourd’hui envahie par de nouveaux acteurs, principalement par des religieux qui n’ont ni la légitimité encore moins la compétence pour parler d’autres choses que de Dieu et de Morale. Le respect de ces lignes de démarcation est le seul gage pour une paix sociale apaisée. Il est aussi le rempart contre tous ces extrémistes d’un nouvel ordre. Ainsi pour exclure ces nouveaux acteurs, il est nécessaire, voire impérieux, de pérenniser ce genre de rencontre, de consolider ces acquis et de promouvoir de nouvelles perspectives permettant à la classe politique d’avoir une diversité de lecture des événements. Pour ce faire, nous proposons, aujourd’hui comme hier, des débats républicains sur les médias d’Etat, à la télé, la radio et à l’Essor, le quotidien national autour des grandes questions nationales. C’est toujours mieux que de réserver la primeur de nos informations nationales aux médias étrangers.  Vivement le premier débat télévisé entre la Majorité et l’Opposition.

En définitive, si le Mali, engagé dans la voie de la démocratisation depuis mars 1991 réussissait cet exploit il conquerrait sa place d’antan de vitrine démocratique de la sous-région. Le Peuple du 26 Mars attend donc impatiemment que nos acteurs politiques toutes tendances confondues jouent pleinement leurs partitions dans la symphonie du Mali démocratique et pluriel au grand bonheur du Mali.

Youssouf Sissoko           

 

 

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