Mahmoud Dicko au lancement de la CMAS : « Rien ne sera plus comme avant »

Le président de  la « Coordination des mouvements et associations et sympathisants  de Mahmoud Dicko » (CMAS), Mahmoud Dicko, au cours du lancement de son mouvement, a promis que le peuple veillera désormais aux actes posés par les dirigeants afin que plus rien ne soit plus comme avant.

Le système de gouvernance du Mali est plus que jamais responsable de toutes les dérives actuelles. Tels sont les propos lancés par Mahmoud Dicko.

Connu pour ses sorties contre le pouvoir, l’imam Mahmoud Dicko comme à son habitude, n’a pas dérogé à la tradition. A l’occasion du lancement de son mouvement politico-religieux, dénommé« Coordination des mouvements et associations et sympathisants »  de Mahmoud Dicko (CMAS), l’homme est monté une fois de plus sur ses grands chevaux et a dépeint en noire la gouvernance du pays par IBK.

Dans une salle Bazoumana Sissoko du Palais de la Culture Amadou Hampathé Ba archicomble, l’ancien président du Haut conseil islamique, n’a pas fait dans la dentelle pour s’attaquer au système, pour démonter les autorités, en particulier le président de la République.

En presence du ministre des Réformes de l’Etat, Amadou Thiam, représentant le gouvernement, M. Dicko a sorti de nombreux dossiers qui prouve l’incapacité, voir l’insouciance des autorités à gérer le pays, à trouver des solutions aux moindres maux auquel le « peuple » est confronté.

Face aux problèmes et devant la gravité avec laquelle le Mali est en train de sombrer par la faute de ses dirigeants, pour l’imam le devoir de défendre la patrie s’impose à tout bon citoyen. Et de dire qu’en tant que citoyen autonome, il ne peut pas fermer les yeux et regarder le pays dans l’agonie sans rien faire.

M. Dicko sait là où il va, ce qu’il veut. Il a été très clair et ne se trompe point d’adversaires. « Mon problème ce n’est ni la France, ni les Etats-Unis, mon problème, c’est  ceux qui ont trahi le peuple, c’est à eux que je m’adresse », a-t-il averti.

Dans son One-man show, l’imam a estimé que tout le problème du Mali trouve son origine dans la confiscation de la Révolution du 26 mars 1991. « Des centaines de personnes ont donné leur vie pour l’avènement de la démocratie. Une fois cet objectif atteint, un autre contenu a été donné aux maliens. Cela a donné le résultat qu’on a aujourd’hui : la jeunesse est sans repère », a regretté l’imam de la mosquée wahabite de Badalabougou. A ses dires, « le Mali, depuis cette époque est tombé dans une situation de mauvaise gouvernance et progressivement, on va dans la non gouvernance ».

Dans la foulée, il a promis que rien ne sera plus comme avant « ceux-là qui ont la spécialité de pécher dans de l’eau trouble, qu’ils sachent qu’on les tient ».

Depuis la création de son mouvement, beaucoup d’observateurs et d’hommes politiques soupçonnent l’imam de chercher à être président de la République ou faiseur de roi.  Du haut de la tribune, il a tenu à rassurer  ceux-ci « Je ne veux être ni faiseur de roi, ni président, mais faiseur de la paix ».

 

Le peuple s’assumera 

 Sur le sujet de la corruption qui, à ses dires est devenue endémique, l’orateur du jour a pointé un doigt accusateur en direction du premier responsable du pays, qu’il accuse de laxisme et de faire semblant de lutter contre le mal rongeur. « Ils ont paralysé tout le pays avec un système de corruption endémique, à ciel ouvert pour pouvoir démotiver le peuple. Dès que quelqu’un parle, ils mettent quelque chose dans sa bouche afin qu’il se taise », a-t-il dénoncé. Et de s’interroger « devons-nous fermer les yeux sur ses pratiques. Le pays est en train de sombrer, vous pensez qu’on va se taire ? ».

Selon lui, le peuple ne va plus être un observateur, il va agir car, « la souveraineté appartient au peuple ».  

Abordant l’épineuse question de dialogue politique, qu’il a qualifié de « soi-disant dialogue », le président de la CMAS a été on ne peut plus clair. « Le dialogue politique peut être salutaire, si c’est la volonté du peuple qui sera exprimée et non celui du Prince ». Là également, Mahmoud Dicko a laissé entendre que la légitimité appartient au peuple, que c’est au seul peuple de décider de son sort. « Ce n’est pas aux étrangers de trouver des solutions à nos problèmes, la solution c’est d’abord nous. Si le dialogue peut faire en sorte que nos problèmes soient débattus en public et les recommandations issues appliquées, c’est une bonne chose, s’il est contre le pays, le peuple souverain du Mali prendra ses responsabilités ».

Et enfin, il a lancé un appel à la jeunesse de se battre comme cela se doit avec courage, intelligence et patriotisme. L’imam en a profité pour saluer la mobilisation des jeunes qui se sont mobilisés pour exiger la construction de la route Kati-Kayes.

En somme, c’est un nouveau départ pour le pays que le président de la CMAS veut insuffler « Le Mali a trop souffert », a-t-il dit.

Le représentant du Cherif de Nioro a transmis ses félicitations. « Le Cherif dit que vous avez tout son soutien », a-t-il dit.

Le ministre des Réformes de l’Etat, Amadou Thiam certainement très géné par les propos tenus par l’imam, ne pouvait que constater les dégâts. Très intelligemment, le ministre Thiam a prononcé des mots courtois à l’endroit de l’assistance. Il a commencé a loué les efforts inlassable consentis par le président de la CMAS et le Cherif de Nioro pour le retour de la paix. Il les a félicités de ce qu’ils sont en train de mener pour le retour de la paix au Mali. L’hôte du jour a aussi affirmé que le dialogue politique sera inclusif.

Le coordinateur de la CMAS, Issa Kaou Djim, la présidente des femmes ont exprimé leurs soutiens multiformes à leur président pour l’atteinte des objectifs assignés.

Amadou Sidibé

Source: Arc en Ciel

            

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