Lutte contre la corruption: IBK peut et doit faire mentir ses détracteurs

En prêtant serment le 4 septembre 2013, l’actuel président de la République s’est fait une dédicace de « sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens », et de faire de la réconciliation nationale sa priorité la plus pressante « pour forger des solutions robustes en vue d’une paix durable afin que nous sortions définitivement de la répétition cyclique des crises dans le nord du pays ».

 

Fortement attaché à « la Justice et l’Équité sans lesquelles, il n’est pas d’avenir viable pour une Nation », le président IBK avait juré de faire appliquer la justice de manière égale pour tous et de mettre fin « à l’impunité, aux passe-droits qui sont à l’origine du dévoiement des institutions judiciaires et étatiques ».

Conscient que « la restauration de l’autorité de l’État se conjuguera avec une lutte sans répit contre la corruption qui inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social », le président IBK a promis de veiller à la bonne gestion des deniers publics en mettant « en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité de la dépense publique. Nul ne pourra s’enrichir de manière illicite sur le dos du Peuple malien », avait-il martelé.

Sachant dès l’abord que seul, il ne peut y parvenir, il avait appelé tous les Maliens au sursaut national pour bâtir « un État fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-Etre moral et matériel de la Nation malienne ».

Cinq ans après, le Mali est à la croisée des chemins. C’est peu dire que la situation actuelle de notre pays interpelle. La république et l’État sont quasiment, chaque jour, défiés, voire bafoués, en leurs souveraineté et autorité par des groupes armés, au nord et au centre et par des oukases qui écornent la fierté nationale. Assisté par la solidarité internationale, le Mali est asphyxié par des scandales et l’impunité. Le terrorisme et l’économie criminelle sont en plein essor, depuis 2012, impactent gravement l’effort national. Peu de nations, dans la situation du Mali auraient pu tenir et faire de résilience comme la nôtre.

Foin de fatalisme. Nulle procuration pour défendre IBK, mais la Maison-Mali si. Sommes-nous en train de faire l’avocat du Diable ? Le quotidien des sans voix laisse désormais cet office aux nouveaux thuriféraires de son régime pour lesquels il n’y a, dans la République d’IBK, point de place pour le patriotisme et la vérité… que toute opinion contraire est désormais une trahison et un crime de lèse-monarque.

Mais osons quand même cette vérité-là. En dépit des difficultés réelles, des erreurs de casting et de coaching, le Mali est toujours là. Surement pas dans un état enviable pour l’ambition commune, mais l’avenir radieux est à forger ensemble, à bout d’efforts communs certes, mais surtout d’écoute, d’ouverture, de tolérance et de convergence autour des défis et des enjeux partagés.

Et celle-là aussi. Ramener tout (insécurité, corruption, tensions sociales…) à la seule personne d’IBK ne serait ni juste ni objectif. Parce que seul, il n’est pas le Mali et seul, il ne peut faire le Mali. Le dialogue politique inclusif ou dialogue national inclusif devrait à cet égard fortement interpeler la responsabilité morale de chacun et de tous dans la situation dramatique que vit le pays. Où étions-nous quand celui en qui nous avons investi notre confiance et nos espoirs avait besoin de voir chacun dresser derrière, quand dès l’entame, la communauté internationale l’obligeait à « négocier sur notre sol avec des gens qui ont pris des armes contre l’État » ? Quelle a été l’attitude de la plupart d’entre nous lorsque le même IBK prônait à propos de ce dialogue-négociation forcé avec les séparatistes qu’il n’y aurait ni autonomie ni indépendance et qu’aucun centimètre carré du territoire ne sera cédé ?

Beaucoup d’eaux ont coulé sous les ponts. Nul ne veut et n’accepte aujourd’hui que notre Mali soit un pays sous tutelle, comme le président IBK qui ne s’est jamais conçu comme « un président fantoche » ne puisse se réjouir que la présence des forces internationales qui avaient vocation à aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté se solde par « une situation où la présence de ces troupes a empêché le Mali de rétablir l’autorité de l’État à Kidal » notamment. Mais quelles ont été ses marges de manœuvre, depuis 2013 ?

L’obligation de résultat qu’il s’était imposée, face au non-accompagnement, des uns et des autres ne devient-elle pas dès lors une obligation de moyen ?

L’accord pour la paix et la réconciliation est scellé. On fera tous avec, car à ce jour aucun leader politique d’envergure ne le remet publiquement en cause.

Sur le rétablissement de la souveraineté et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, tout comme sur les questions de gouvernance, capitaine du Bateau-Mali et commandant en chef d’une Nation en guerre, la responsabilité du président IBK ne peut être occultée ni mégotée, comme le dirait lui-même. Mais au-delà des dénonciations vertueuses pour certains, mais des plus hypocrites pour d’autres, qui aujourd’hui encore ont mis publiquement en cause le patriotisme et la loyauté, la probité et l’intégrité du locataire du président IBK ; c’est aussi et surtout pourquoi, sachant le respect des uns et des autres, l’estime profonde que le peuple du Mali porte à sa personne, le président IBK se doit faire mentir ses détracteurs.

Point ne s’agit de réformes. De réformes en matière de gouvernance, il y en a eu. Dont la déclaration de biens qui n’a pas eu tout le soutien qu’elle méritait. Tous les dossiers ont été transmis à la justice et personne n’a contredit le président IBK quand il a dit qu’il n’a jamais donné d’instruction à la justice. Sinon, comment son fils allait perdre un procès face à un journaliste !

Le sésame pourrait donc provenir d’un changement de management, pas de politique, mais d’hommes et de femmes loyaux pour lesquels la chose publique est sacrée donc, intouchable. C’est à ce prix-là que le président IBK pourrait non seulement remobiliser son camp et obtenir l’adhésion populaire pour rabattre le caquet à ses détracteurs.

Le président IBK peut et doit réussir ce cap pour le Mali auquel il a l’habitude de dire qu’il pense à chaque seconde de sa vie.

Par Bertin DAKOUO

 Info-Matin

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