L’ex-ministre Ousmane Sy à propos de la dégradation de la situation sécuritaire … « Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais de subversion et de déstabilisation… »

Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé hier jeudi 13 août, dans ses bureaux de Consultant sur les questions de gouvernance, l’ex-ministre de la Décentralisation et de la ville, Ousmane Sy, jette un véritable pavé dans la mare en épinglant l’islamisme religieux comme un élément menaçant pour la sécurité commune.  » Les mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion et même de déstabilisation du pays ». Il n’a pas occulté les récentes attaques qui  » étaient  prévisibles, après la signature de l’Accord isolant les vrais ennemis de la paix ». Avant de plaider pour un renforcement des services de renseignements. « Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile « , a-t-il souligné.

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our cet expert en analyse stratégique des questions de gouvernance en Afrique, la dégradation générale du climat sécuritaire dans le pays, ces derniers jours, avec notamment la tentative de prise d’otages de Sévaré, les attaques terroristes de Baguinéda et d’ailleurs, il y a lieu de se poser des questions.

Il a indiqué que «les forces de défense et de sécurité du Mali ont été sorties de leur rôle depuis le coup d’Etat de 1968. Elles se sont politisées, clanisées et devenues partisanes». Du coup, dira-t-il, ces forces, qui devraient être républicaines, ont été plus ou moins détournées de leurs missions exclusives…

Ousmane Sy a touché du doigt le cas des services de renseignements. «Quand un Etat n’est pas renseigné, il est fragile», a-t-il souligné. Et d’ajouter que la détérioration actuelle de la situation sécuritaire était pourtant prévisible. Il fallait donc un renforcement des capacités des renseignements notamment vers les milieux religieux, puisque l’on parle de plus en plus de cellules dormantes du terrorisme islamiste ou jihadiste. «Pour le moment, j’ai l’impression que nos renseignement ne fonctionnenet pas à hauteur de souhait». Et de s’interroger à titre d’exemple : «Combien de mosquées existent-elles aujourd’hui à Bamako? J’ai l’impression que l’Etat ne le sait pas. Certaines mosquées ne sont plus de simples lieux de culte mais des lieux de subversion ou même de déstabilisation du pays. Nous devons nous ressaisir. Personne ne peut venir nous apprendre l’islam…», a-t-il dénoncé.


Nous y reviendrons. 
Et l’ancien mùinistre de mettre l’accent sur la nécessité des réformes en profondeur au sein de la gouvernance. Des réformes du secteur de sécurité, comme prévu dans l’Accord, des réformes constitutionnelles et institutionnelles, des réformes économiques et sociales. «La soif de changement est très grande chez nos compatriotes surtout chez les jeunes. Nous devons y aller rapidement, de notre propre vouloir. Si non, ces réformes s’imposeront à nous. Le monde ne nous attendra pas!», a-t-il conclu.

             Bruno SEGBEDJI

 Source: L’Indépendant
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